Oise : une association de Montataire dénonce un "massacre à la tronçonneuse" des arbres de sa ville

L'association locale est vent debout contre l'arrachage des arbres de sa commune, qu'elle estime sans raison. La polémique est née l'an dernier après des travaux de refection de la place de l'hôtel de ville où des tilleuls de près d'un siècle ont disparu.
Les arbres centenaires ont disparu de la place de l'hôtel de ville de Montataire (Oise).
Les arbres centenaires ont disparu de la place de l'hôtel de ville de Montataire (Oise). © Jérôme Arrignon
Plus de traces de tilleuls centenaires, seuls demeurent les pavés et le goudron sur la nouvelle place de l'hôtel de ville de Montataire. Les arbres devenaient gênants, la mairie a préféré les faire abattre.

"Ces arbres vétustes posaient problème avec les racines en surface qui esquintaient à la fois le revêtement. Les gens ne pouvaient donc plus vraiment se garer. Il y avait aussi un risque de chute en marchant sur ses racines", justifie Pascal D'Inca, adjoint à l'urbanisme (PCF) à la mairie de Montataire. 

De son côté Stéphane Godard, président de l'association "Montataire autrement" également conseiller municipal d'opposition de la commune (Sans étiquette) regrette amèrement ces arbres. "On n'a plus que du goudron. Les arbres de la place centrale apportaient un petit îlot de fraîcheur en plein centre-ville, où les habitants passent au moins une fois par semaine. Maintenant, on n'a plus rien".En lieu et place des 26 tilleuls : 14 magnolias et 200 arbustes ont été plantés dans ce projet qui veut avant tout redynamiser le centre-ville. "Ca a été végétalisé d'une autre façon, avec des magnolias qui ont la particularité d'aller chercher l'eau en profondeur et pas en surface. Du coup, ça a amélioré un petit peu le stationnement. Effectivement, c'est actuellement insuffisant en terme d'ombre, mais ça va venir", justifie en demandant aux habitants de faire preuve de patience.

La ville de 12 500 habitants dispose d'ailleurs du label national de qualité de vie "Villes et villages fleuries" (avec 3 fleurs sur 4). Un label qu'elle doit notamment à son parc du Prieuré, ses berges du Thérain ou encore son bois communal et le bois Godart.
 

"Mieux vaut avoir des arbres que des climatiseurs"

Mais en période de fortes chaleurs, chacun cherche de l'ombre. Stéphane Godard estime que la ville commet une grave erreur en abattant des arbres, à plusieurs endroits dans Montataire. 

"Nous avons un gros souci en ville : quand il y a des périodes de canicule, la chaleur s'emmagasine. Un arbre équivaut à cinq climatiseurs... Donc, je pense qu'au lieu d'avoir des climatiseurs chez nous, il vaut mieux que nous gardions nos arbres." De plus, les appareils sont très polluants et contribuent au réchauffement climatique.
D'après les services de la mairie, plus de 1000 arbres et 8000 végétaux ont été plantés dans Montataire ces cinq dernières années. "On a un très bel étang aménagé avec des arbres en quantité pour se mettre à l'abri. Sur le haut de la ville, il y a des plantations qui font partie des espaces de tranquillité et de repos de la ville", se défend Pascal D'Inca.

Sur l'avenue qui mène à la gare, un alignement de tilleuls centenaires, eux aussi pourraient disparaitre dans le cadre de l'aménagement d'un nouveau quartier. L'association "Montataire autrement" a lancé une pétition en ligne sur le site change.org pour leur sauvegarde, le 8 juin dernier. A l'heure actuelle, le document compte seulement 29 signatures.

Dans cette requête intitulée "Non à un nouveau 'massacre à la tronçonneuse' à Montataire !", les signataires "demandent à Monsieur le Maire de Montataire d'abandonner son projet d'abattage de l'ensemble des arbres de l'avenue Ambroise Croizat", qui viendrait s'ajouter à "l’abattage de nombreux arbres avenue François Mitterrand, avenue de la Libération, rue Lénine, rue Ginisti, rue Jacques Decour, au parc du Prieuré, dans nos deux cimetières, de tous les arbres de l’allée des Marronniers et des Tilleuls centenaires de la place de la Mairie en 2018".

Les arbres feront certainement reparler d'eux dans la campagne pour les élections municipales de 2020.
Découvrez ou redécouvrez notre reportage sur le sujet signé Colombine Denis et Jérôme Arrignon :  
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