L'artiste plasticienne de Senlis, Catherine Lupis Thomas, réalise un collage monumental pour l'ouverture de la Biennale d'art contemporain à Berlin

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Écrit par Lena Malval

Catherine Lupis Thomas, artiste plasticienne de Senlis, a été sélectionnée par le musée du street art de Berlin pour réaliser un collage XXL. L'œuvre, baptisée Just Be Your Self mesure 5 mètres de long sur 2,5 mètres de large.

"Il faisait 29 degrés quand nous avons commencé à coller et cela a duré sept heures. On a eu très chaud !", s'exclame Catherine Lupis Thomas, le sourire dans la voix. L'artiste plasticienne, connue pour ses collages réalisés à partir de ses propres photographies, s'est vue confiée un pan entier de mur.

Pas n'importe lequel, celui d'Urban Nation, le musée du street art de Berlin. Un espace de 5 mètres de long sur 2 mètres 50 de large que l'artiste a pu customiser à sa guise dans le cadre de la 12ème Biennale d'art contemporain de la capitale du 11 juin au 18 septembre 2022.

"Just Be Your Self

Tout commence par un appel au téléphone des responsables du musée du street art. Pour l'ouverture de la Biennale d'art contemporain, l'établissement veut marquer un grand coup et sélectionne 17 street artistes parmi les plus en vogue du moment. Catherine Lupis Thomas, dont le travail est réputé outre-Rhin, fait partie des élus. "Je ne m'y attendais pas. Je me suis sentie privilégiée, heureuse. C'est une super reconnaissance pour moi, pour mon travail." 

La commande était la suivante : concevoir une œuvre autour des conversations. Les idées fusent dans la tête de l'artiste, inspirée par les réseaux sociaux et l'impact de ces derniers sur nos vies. "Il y a un diktat de l'être parfait sur les réseaux sociaux. Il faut mettre des filtres partout alors que moi, j'apprécie les différences. Je veux dire aux gens de s'aimer tels qu'ils sont." Le titre de son œuvre coule de source : "Just Be Your Self", soi toi-même en anglais.

 Une deuxième commande 

Catherine Lupis Thomas avait déjà répondu à l'invitation du musée berlinois en 2017. À l'époque, il s'agissait de son premier collage dans la rue. "J'étais terrorisée, j'ai passé des nuits blanches à chercher mon sujet."

Cinq ans après, l'artiste est plus assurée, quasiment rodée à l'exercice. "J'ai rapidement visualiser mon collage. On trouve une vitrine vide, dans une rue de Paris abandonnée en raison du Covid. Mais aussi des yeux et une bouche incrustés dans un téléphone. J'avais l'idée, mais la composition s'est faite au moment du collage sur place." 

Une œuvre éphémère 

L'œuvre se trouve sur la façade du musée du street art, au numéro 7 de la rue Büllostrass à Berlin. Réalisée le 15 juin, elle sera enlevée le dimanche 19 juin. Le mur sera ensuite laissé à la disposition d'associations de la ville. Un collage éphémère donc. Mais l'artiste ne compte pas s'arrêter là : "j'ai des projets plein la tête, que ce soit à Berlin ou dans l'Oise." Prochaine envie : après avoir collé une rue de Paris à Berlin, Catherine Lupis Thomas rêve d'afficher Berlin dans la capitale française. "À bon entendeur",  conclue-t-elle avec malice.