VIDÉO. Municipales 2020 à Noyon : ce qu’il faut retenir du débat du second tour

Mardi 23 juin, dans le cadre du second tour des élections municipales 2020, France 3 Picardie vous proposait un débat entre les prétendants à la mairie de Noyon diffusé à 18h. Voici ce qu'il faut en retenir.

Les quatre candidats présents au premier tour des élections municipales à Noyon sont toujours en lice au second tour.
Les quatre candidats présents au premier tour des élections municipales à Noyon sont toujours en lice au second tour. © Franck Blancquart / FTV

Comme dans de nombreuses villes de l'Oise, premier département touché par l'épidémie de coronavirus, le taux d'abstention au premier tour a été très élevé à Noyon : 58,5%, un peu plus de trois points au-dessus de la moyenne nationale. 

Le taux d'abstention a atteint 58,5% à Noyon lors du premier tour des élections municipales.
Le taux d'abstention a atteint 58,5% à Noyon lors du premier tour des élections municipales. © Franck Blancquart / FTV

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le suffrage n'aura pas été très concluant. Les quatre listes présentes au premier tour se retrouveront au second. Le maire sortant Patrick Deguise (soutenu par LREM), qui brigue son troisième mandat, est en tête avec 33,1%. Arrivent ensuite Sandrine Dauchelle, conseillère municipale d'opposition sortante (LR) avec 25,3%, Olivier Garde (étiqueté DVG par la préfecture mais qui insiste sur le fait d’être "sans étiquette"), conseiller municipal de la majorité jusqu’à sa démission il y a un an, avec 23,7 %, et Nathalie Jorand (RN), conseillère départementale, avec 17,8%. À noter que si sa liste remporte le second tour, cette dernière n’occuperait pas la place de maire, mais la laisserait à Michel Guiniot, douzième sur sa liste, qui ne s’est pas présenté en tête de liste pour éviter une situation de cumul des mandats.

Avec une telle abstention au premier tour et une telle dispersion des voix, l’issue du scrutin est difficile à imaginer. La situation est d’ailleurs complètement inédite pour la commune de 13 600 habitants : il n’y avait jusqu’alors jamais eu de quadrangulaire.

À Noyon, les quatre candidats présents au premier tour se retrouvent au second tour.
À Noyon, les quatre candidats présents au premier tour se retrouvent au second tour. © Franck Blancquart / FTV

Un entre-deux-tours tumultueux

Sur le plateau de France 3 Picardie, les candidats ont donc déployé leurs efforts pour convaincre les Noyonnais de leur accorder leur confiance. Difficile néanmoins d’ignorer les vifs reproches des uns aux autres tout au long du débat. D’un côté, Nathalie Jorand et Sandrine Dauchelle n’ont pas raté une occasion de critiquer le bilan de Patrick Deguise, ni d’y inclure Olivier Garde, qui a été conseiller municipal dans sa majorité pendant cinq ans. De l’autre, Patrick Deguise n’hésite pas à qualifier Olivier Garde d’"expert de la manipulation" ou à reprocher à Nathalie Jorand de "ne pas connaître ses dossiers".

Chacun a néanmoins essayé de tirer son épingle du jeu. Patrick Deguise mise sur son expérience et sa connaissance des gros dossiers du secteur, comme le Canal Seine Nord Europe. Olivier Garde attire l’attention sur son équipe "originale, avec de gens de divers horizons et avec des opinions diverses" et assure se distinguer de ses candidats en s’éloignant de la "politique partisane". Visiblement las d’essuyer les reproches faits à l’actuelle majorité municipale, il rappelle d’ailleurs en toute fin de débat, sans doute pour se démarquer de son adversaire, qu’il a démissionné de l’équipe de Patrick Deguise un an plus tôt.

En face, Sandrine Dauchelle entend faire mouche en rappelant qu’elle est "la seule candidate qui habite à Noyon", qu’elle est une femme, mère de famille, ayant eu des responsabilités dans le monde professionnel. Elle assure être la seule à "incarner le changement". C’est sur ce même tableau que semble jouer la candidate RN, qui estime que ni Olivier Garde ni Sandrine Dauchelle ne se sont réellement opposés à la politique menée par le maire sortant, en leur qualité de conseillers municipaux.

Relance économique

Il y a tout de même un point de consensus entre les quatre candidats : l’emploi est tout en haut de la liste de leurs priorités. Rappelons le contexte noyonnais : la commune a été touchée de plein fouet par le chômage pendant des années avec la disparition de nombreux emplois dans le secteur industriel, et accuse encore aujourd’hui un taux de chômage, certes en baisse, mais toujours plus élevé que la moyenne nationale. Sans compter le transfert du RMT (régiment de marche du Tchad) vers l’Alsace, qui a provoqué le départ de 1 200 militaires de la commune en 2010.

Depuis, le quartier Berniquet (le site de plus de 47 hectares que les militaires occupaient) a été transformé en "campus économique", accueillant des petites et moyennes entreprises. C’est d’ailleurs sur ce projet que s’appuie le maire sortant pour montrer sa bonne volonté en termes d’emploi, estimant que 500 emplois ont été créé pendant son dernier mandat et que le revenu moyen par habitant est en augmentation.

Pas de quoi convaincre Nathalie Jorand, selon laquelle ces postes n’ont pas tous été pourvus par des Noyonnais. "Il faut baisser la fiscalité pour faire revenir l’emploi sur Noyon, car il n’y a pas d’entreprises" - une remarque qui fera réagir le maire sortant, rappelant que le campus en compte soixante. La candidate RN assure avoir "un fichier" et que sa liste "saura faire revenir les entreprises". D’après elle, ce sont les postes de cadres et du secteur tertiaire qui manquent.

Là où Sandrine Dauchelle laisse entendre qu’elle sera en mesure d’attirer une grande entreprise pouvant créer 300 emplois, Olivier Garde réplique qu’il préfère les petites entreprises : "Je préfère trente entreprises avec dix salariés, qu’une éventuelle avec 300 salariés, c’est plus sûr."

Pour attirer les entreprises, différentes solutions sont abordées. Pour Olivier Garde, Nathalie Jorand et Patrick Deguise, cela peut passer par la baisse des impôts, mais ce dernier ajoute que cela doit se faire "sans mettre en faillite les collectivités", sous-entendant que quelle que soit la majorité élue, les budgets ne permettront peut-être pas de tenir cette promesse.

Il insiste plutôt sur la formation de professionnels à Noyon. "Aujourd’hui il est très difficile pour les employeurs de trouver les compétences, c’est un gros problème picard, on a ce travail à faire pour l’avenir", explique-t-il, détaillant son projet de "campus connecté" qui permettrait de suivre depuis Noyon des formations en partenariat avec l’UPJV.

L’idée de la formation sur place revient également parmi les propositions de la candidate soutenue par les Républicains : "Il faut penser à des métiers pour les gens qui n’ont pas forcément de diplômes et qui peuvent être formés sur le tas", précise-t-elle, prenant en exemple le centre de formation aux métiers de la couture ou de la maroquinerie.

L’emploi pourrait également être en parti relancé par l’arrivée du Canal Seine-Nord-Europe, axe de 107 kilomètres qui doit relier l’Oise à la Belgique, en projet depuis plus de 20 ans, qui pourrait susciter 25 000 emplois en phase d’exploitation. Le canal traversera la ville et un port fluvial doit y être construit. Mais si les candidats saluent tous l’arrivée de cette manne d’emploi, ils n’ont pas souhaité s’éterniser sur le sujet lors de ce débat d’entre-deux-tours.

Environnement et cadre de vie

Enfin, sur la question de la qualité de vie à Noyon et des engagements en faveur de l’environnement, chaque candidat à son idée sur les actions à mener. Olivier Garde promet d’allier écologie et économies, en baissant les coûts de fonctionnement grâce à une meilleure isolation des bâtiments municipaux, il promet également la création d’une halle aux produits frais en centre ville, ainsi qu’une ferme pédagogique.

Nathalie Jorand partage l’avis que l’écologie doit passer par la pédagogie, estimant qu'il faut que les enfants soient sensibilisés, dés l'école "pour les inciter à protéger leur environnement". Mais elle regrette que Noyon soit, de son avis, "triste" et "sale", estimant que cela participe au manque d’attractivité de la ville.

Sandrine Dauchelle veut quant à elle lancer un "plan nature" pour "faire du cœur de ville un poumon vert", par le biais du réaménagement des parcs et de la plantation d’arbres. Enfin le maire sortant affirme que son équipe "n’a pas attendu les élections" pour agir en faveur de l’environnement et propose de développer la mobilité douce.

Revoir le débat

Jusqu'au 26 juin, retrouvez chaque soir à 18h les débats d'entre-deux-tours sur l'antenne de France 3 Picardie.

Le 28 juin, les soirées électorales organisées par France 3 débuteront dès 19h55 pour une première tranche régionale jusqu'à 21h, puis de 21h15 à 22h et enfin de 22h15 à 23h pour les tout derniers résultats. Et sur le site internet de France 3 Hauts-de-France, vous pourrez retrouver les résultats des communes qui vous intéressent, ainsi que les réactions des candidats et les analyses du vote.

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