#OnVousRépond : comment la limite des 10 kilomètres pèse sur la pratique sportive dans les Hauts-de-France

Vous nous avez posé de nombreuses questions via le hashtag #OnVousRépond sur vos déplacements et notamment ceux concernant la pratique sportive. Si malheureusement, il n’y pas de dérogation à la règle des 10 kilomètres, cela n'est pas sans conséquence pour les clubs.

Avec la crise sanitaire, les clubs de football amateur sont en souffrance
Avec la crise sanitaire, les clubs de football amateur sont en souffrance © Frédérik Giltay / FTV

C’est l’exemple typique, votre enfant est inscrit dans un club de sport de plein air, c’est parfait les cours peuvent continuer. Mais problème, vous habitez à plus de 10 kilomètres du lieu d’entraînement.

Dans ce cas-là, le gouvernement est clair, impossible d’y aller. Le ministère chargé des sports précise bien vouloir favoriser l’activité physique et sportive des plus jeunes, toutefois selon lui, "le couvre-feu (dans toute la France) et la limitation à 10 km autour du domicile devront être respectés.

Bien que plus large qu’aux deux premiers confinements où la pratique sportive était limitée à un périmètre d’un kilomètre de chez soi, cette nouvelle règle pose parfois problème.

"C’est toujours à peu près les mêmes circuits"

Au club de cyclisme de Ham dans la Somme, quelques licenciés habitent les environs de Noyon dans l’Oise, 20 kilomètres plus loin. "Ces personnes là se retrouvent à rouler toutes seules dans leur secteur, explique Mathieu Claeys, président de l’US Ham, de toute façon nous n’avons pas le droit de rouler à plus de six."

Pas plus de six, et pas non plus au-delà de ces fameux 10 kilomètres. À Doullens, dans la Somme, aucun des licenciés ne réside hors de ce secteur, mais les sorties désormais sont très limitées. "Sincèrement c’est lassant, c’est toujours à peu près les mêmes circuits, au fil du temps on a tendance à élargir un peu le périmètre, avoue Philippe Travaglini président du club, nous les cyclistes on a souvent des petits rituels, partir face au vent pour revenir vent de dos, là on ne peut plus… Faudrait pas que ça dure trop longtemps."

Certains entraînements de foot suspendus

Cette nouvelle limitation, c’est un caillou en plus dans la chaussure de certains clubs. En football notamment, les entraînements doivent déjà se pratiquer dans des conditions strictes, c'est-à-dire sans contact. C’est pour cela qu’à Marly-Gomont, club féminin de l’Aisne, on a décidé de ne pas reprendre. Les championnats ont définitivement été arrêtés et en plus : "9 filles sur 11 viennent de villages à plus de 10 kilomètres, les contraintes sont très pénibles, on va attendre le retour des beaux jours et la fin du confinement", explique Alain Braghieri, le président.

Dans les petites communes, en ce moment, la pratique de ce sport collectif s’avère très compliquée. À Englebelmer dans la Somme, 90% des 140 licenciés habitent à plus de 10 kilomètres. Emilien Desmothes, salarié du club et entraîneur de l’équipe sénior a décidé d’arrêter les séances pour 15 jours. Il n’avait pas plus de cinq ou six joueurs qui avaient le droit de se déplacer pour venir à l’entraînement. Les autres, il leur avait donné un plan à suivre chez eux, tout seul. Un nouveau confinement qui vient casser une dynamique à peine retrouvée, "quand les championnats ont été arrêtés, il y a eu une période difficile pour les joueurs, mais là, ils commençaient à retrouver du plaisir, à faire leur sport simplement, à se retrouver ensemble", confie-t-il.

La crainte est également pour les jeunes générations, parmi les 14 -18 ans, seuls trois résidents dans le périmètre de 10 kilomètres. Parmi les autres, certains ne répondent plus au téléphone "Quand on a l’habitude d’aller au foot tous les mardis et les dimanches, on ne se pose plus la question, mais quand on perd cette habitude c’est difficile de relancer la machine, il faut se faire mal."

"J’indique sur mon attestation : achats de première nécessité"

Certains trouvent des parades, dans son club d’athlétisme à Tergnier dans l’Aisne, Valérie Pasquier la présidente a la chance de n’avoir que peu de licenciés au-delà des 10 kilomètres, mais elle-même dépasse ce périmètre. Alors pour pouvoir venir encadrer les groupes d’entraînement : "j’indique sur mon attestation : faire des achats de première nécessité", confie-t-elle. Elle a ainsi le droit de s’éloigner à 30 kilomètres de son domicile.

Autre astuce, trouver un autre lieu de pratique. C’est le cas pour les golfeurs. À Salouël près d’Amiens, Daniel Lefèvre, le président, constate qu’environ 20% de ses adhérents résident à plus de 10 kilomètres. "Il y a certains habitués qu’on ne voit plus en ce moment", admet-il. Mais à l’inverse, de nouvelles têtes apparaissent : "on a effectivement quelques personnes de passages qui viennent du golf de Querrieu (à 10 kilomètres d’Amiens), mais ils ne sont pas en très grand nombre". Le golf qui lui, profite un peu de la crise : "on a une recrudescence de gens de passage, plutôt jeunes."

Pendant cette période de confinement et de fermeture des salles de sports, les activités de plein air, ont le vent en poupe.

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