La fille du n°10 berckois Jean Caulier publie un ouvrage début novembre sur l'épopée du double champion de France de basket et demi finaliste de Coupe d'Europe. De sa création en 1929 à son apogée en 1980, elle rend hommage à la "bande" à Jean Galle.
Les souvenirs habitent encore les Berckois. Ceux des titres de champion de France de 1973 et 1974. Des demi-finales dantesques face au Real de Madrid et à Varese, en 1974 et 1975, quand aucun club français n'avait encore atteint ce stade en Coupe d'Europe. Des années folles conduites sous la houlette de l'emblématique Jean Galle.
Des souvenirs que Corine Caulier a voulu inscrire dans le marbre. "Un jour, je me balade dans une librairie, et je tombe sur un livre sur le basket français, raconte la fille de Jean Caulier, n°10 berckois. En couverture, je vois une photo de Tony Parker, de Yannick Souvré, et une photo de Berck que je possédais dans mes archives familiales. Je l'achète et en rentrant, je vois qu'il y a deux pages sur le club, alors une idée me trotte dans la tête."
Archives familiales, souvenirs du père...
Elle se rend compte que la littérature sur l'histoire du petit club de la Côte d'Opale n'est pas prolifique, en dehors de l'ouvrage Plein feux sur Berck, d'Henri Chapuis et Richard l'Hote. "Alors je me suis lancé un challenge." Elle se plonge dans les archives familiales, couche sur papier les récits de son père et recueille les mémoires d'anciens joueurs.
Après trois ans de travail, elle accouche d'un livre autoédité, déjà disponible en prévente sur le site legende73.com. Une séance de dédicace sera organisée à l'occasion du match de Berck contre Tarbes, vendredi 10 novembre. Avec, peut-être, la présence de l'une des ex-vedettes américaines, Ken Gardner. "Avec ce livre, je veux transmettre le patrimoine sportif de la ville", explique Corine Caulier.
Ce patrimoine, celle qui est aujourd'hui professeur d'EPS au collège Rimbaud de Villeneuve d'Ascq l'a déjà fait briller. C'était le 7 juin 2003. Pour l'anniversaire de leur père, les trois filles Caulier font revenir ses anciens coéquipiers au Palais des Sports. La salle fait le plein : plus de 3.000 spectateurs viennent humer l'odeur nostalgique d'un temps révolu. "Des gens pleuraient, on sentait vraiment l’émotion, se rappelle l'auteure. Mon père m'a dit : 'vous m'avez comblé à vie'."
Les secrets de la réussite de Berck
Dans son ouvrage, elle retrace l'histoire du club de sa naissance, en 1929, à son apogée, dans les années 1980. Celle d'une ascension fulgurante vers l'élite, faite de rencontres et de chance. D'abord "la rencontre de deux hommes : Jean Galle et René Fiolet, qui feront de leur club une étoile montante du basket français." Le premier, joueur puis entraîneur, capé en Equipe de France, prônera le sens du travail et de l'effort.
"Puis il y a eu un peu de chance", note Corine Caulier. En effet, à deux reprises en grimpant les échelons du championnat de France, des clubs déclinent leur montée, Berck prend leur place. C'est notamment le cas en 1969, quand Berck prend la place de Toulouse, qui refuse la montée en National 1 (l'équivalent de la Pro A).
"Jean Galle, les Américains l'appelaient Old professor"
Ils resteront dix ans au plus haut niveau français et rivaliseront avec les ogres d'Europe. "Leur force, c'est qu'ils ne formaient qu’un seul homme, il n'y avait pas de vedette. Même quand les américains Ken Gardner et Bob Cheeks sont arrivés, ils se sont mis au diapason des méthodes de Jean Galle, qu'ils appelaient Old professor."
Jean Galle... Le "chef d'orchestre" berckois est décédé le 29 septembre dernier, des suites d'une longue maladie, à l'âge de 87 ans. "Une grande tristesse", confie Corine Caulier, qui lui avait demandé d'écrire la préface de son livre. Une préface posthume, donc, pour graver dans le marbre l'épopée berckoise, à l'heure où l'équipe sénior masculine évolue en Nationale 1 du championnat.