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Boulogne-sur-Mer : trois passeurs condamnés pour avoir organisé des traversées de migrants

© PHILIPPE HUGUEN / SOCIETE NATIONAL DE SAUVETAGE EN MER / AFP
© PHILIPPE HUGUEN / SOCIETE NATIONAL DE SAUVETAGE EN MER / AFP

Les peines s'étalent d'un an à 18 mois de prison ferme.

Par Q.V avec AFP

Trois hommes ont été condamnés vendredi à des peines d'un an à 18 mois de prison ferme par le tribunal de Boulogne-sur-Mer, pour avoir organisé des départs de migrants vers la Grande-Bretagne au moyen d'embarcations de fortune.

L'un des prévenus, un Irakien de 32 ans, considéré par le parquet comme le chef de ces passeurs, a écopé de 18 mois de prison ferme. Les deux autres, un Iranien de 30 ans et un Irakien de 39 ans, ont tous deux été condamnés à un an de prison. Le tribunal a également prononcé une interdiction du territoire français pour les trois hommes.
 

L'enquête, menée par la police aux frontières de Coquelles, avait débuté grâce à un signalement. Fin décembre, le gérant d'un magasin spécialisé dans la vente de matériel nautique renseigne les policiers sur des achats suspects de bateaux pneumatiques, fournissant la plaque d'immatriculation et les numéros de téléphone des deux Irakiens.

Après une filature, les deux hommes sont interpellés le 15 janvier à Blériot-Plage. Identifié grâce à des écoutes téléphoniques, le troisième individu est également arrêté. Placés en garde à vue, ils adoptent des versions différentes, l'un d'eux reconnaissant une implication dans l'activité d'un réseau de passeurs, les deux autres indiquant "vouloir simplement rejoindre l'Angleterre".
 

Mais l'enquête permet d'évaluer l'implication des trois hommes dans l'organisation de sept traversées de la Manche, au départ des plages de Calais, Sangatte, Wissant et Audinghen. 

 

"Il s'agit d'une bande organisée"

"Les prévenus ne sont pas des passeurs d'un jour. Il s'agit d'une bande organisée", a estimé vendredi la procureure de la République Camille Gourlin. Alors que le trentenaire iranien possédait plusieurs photos de moteurs de bateaux dans son portable, le téléphone de l'un des deux irakiens bornait régulièrement près du magasin d'articles nautiques.
 

Quant à l'Irakien de 32 ans, "son téléphone déclenche un certain nombre de relais dans des zones où sont tentés des passages vers l'Angleterre. Et lorsqu'il n'est pas présent, les écoutes téléphoniques démontrent qu'il supervise les traversées", a-t-elle dit, le considérant "à la tête de l'organisation".

A la barre, l'homme a lui indiqué avoir voulu "aider des amis à acheter des bateaux", parce qu'il était le seul à parler anglais. Au terme de deux heures de débats, le tribunal a finalement décidé d'écarter la notion de bande organisée.
 
Depuis quelques mois, les tentatives de traversée de la Manche à l'aide de petites embarcations se sont multipliées entre la France et l'Angleterre. La préfecture maritime a dénombré 78 tentatives de traversées en 2018, et une cinquantaine depuis le 1er janvier.
 

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