Coronavirus : à Nausicaá et à Maréis, les animaux vivent un paisible confinement

Les deux établissements de la Côte d'Opale qui hébergent des animaux marins ont fermé l'accès au public depuis le 15 mars dernier. A Nausicaá à Boulogne-sur-Mer ou au sein de Maréis à Etaples, les animaux sont soignés et surveillés chaque par du personnel qui ne connaît pas le télétravail ! 

A Nausicaa, les animaux sont nourris tranquillement pendant le confinement. Sans public mais avec des salariés mobilisés
A Nausicaa, les animaux sont nourris tranquillement pendant le confinement. Sans public mais avec des salariés mobilisés © NAUSICAA
"Forcément, avec les animaux il n'y a pas télétravail ! ", plaisante Dominique Mallevoy, responsable aquarilogie Nausicaá. Depuis la fermeture de l'établissement au public, le 15 mars dernier, il a fallu s'organiser. Ainsi la moitié des soigneurs travaille et opère sur les trois grands secteurs du Centre de la Mer: le secteur tempéré, le secteur tropical et le secteur océanique. Pour les otaries, par exemple, il y a un roulement des équipes de soigneurs. Le service aquariologie fonctionne actuellement avec une petite vingtaine de personnes contre 35 personnes habituellement.
 
Rien de changé pour le nourrissage des Manchots du Cap malgré le confinement
Rien de changé pour le nourrissage des Manchots du Cap malgré le confinement © Corinne Sala

 

180 personnes sur 250 salariés au chômage partiel 


Dans ce contexte un peu particulier et inédit, il a fallu ajuster les plannings mais les nourrissages des animaux se font à la même fréquence qu'en temps normal : " On a moins de contraintes que lorsqu'il y a le public, on est pas obligé de courir ", constate Dominique Mallevoy. Et le vide dans le centre, ne semble pas perturber les animaux :" Je n'ai pas l'impression que les poissons et les manchots voient un changement. Les otaries sont coachées comme avant. Pour nous par contre, c'est curieux ce calme ", ajoute le reponsable aquariologie.
 


Impossible de quantifier les pertes financières selon la direction


Des mesures qui se sont mises en place un peu dans la précipitation comme partout mais chacun semble s'être adapté rapidement : "Même si on ne se croise pas très souvent avec les collègues, on respecte les règles de sécurité et de distanciation. Nous avons de toute façon les mêmes protocoles qu'avant sur le changement de nos vêtements par exemple. Et puis on a la chance d'aller au travail pendant que certains ne peuvent pas sortir de chez eux. On communique avec les collègues absents via les réseaux sociaux. Une vie un peu virtuelle mais on se parle parfois plus qu'avant ", relativise Dominique Mallevoy.
 

Trente kilomètres au sud de Boulogne, Maréis , le centre de découverte de la pêche en mer connait le même sort. Juste après la fermeture, l'équipe d'une dizaine de personnes s'est répartie en télétravail entre le remboursement des places, l'annulation des cours de cuisine et la reprogrammation des visites. L'établissement qui accueille 45 000 visiteurs par an estime pouvoir perdre entre 5 000 et 6 000 visiteurs sur les mois de mars et avril. Et puis, il a fallu mettre en place également la gestion des animaux : "Chaque jour, un soigneur passe pour le nourrissage et l'entretien des aquariums", explique Rémi Dubois, en charge du développement culturel du site.
 
© C.SALA
 
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500 animaux à nourrir 


Des anémones de mer, des poissons, des mollusques, au total, 75 espèces et plus de 500 animaux qu'il faut surveiller : "Cette astreinte quotidienne est primordiale pour préserver la santé des animaux car actuellement il est difficile de se faire livrer du matériel", poursuit Rémi Dubois. 


Penser à l'après confinement


En attendant des jours meilleurs, l'équipe réfléchit déjà à l'après et planche sur des actions et des ateliers pédagogiques pour retrouver le public le plus rapidement possible. Et puis les salariés de Maréis comme les autres agents de la commune participent à l'opération "appel de convivialité" mise en place par la ville d'Etaples : " Tous les trois jours, nous appelons des aînés qui sont chez eux pour s'assurer qu'ils vont bien et qu'ils ne manquent de rien. Au début, j'étais un peu dubitatif mais en fait c'est fou, les gens nous remercient. On se sent vraiment utile", s'enthousiasme Rémi Dubois. 



 
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