VIDÉO. À Boulogne-sur-Mer, la lutte contre les inondations n'est plus une fatalité

Dans le Boulonnais, les inondations sont essentiellement causées par les débordements des cours d’eau et le ruissellement des eaux pluviales. Des catastrophes naturelles dont il est, aujourd'hui, possible de réduire les risques. Explications.

Le bassin côtier du Boulonnais présente une forte réactivité aux pluies. Il est donc particulièrement sensible aux inondations.
Le bassin côtier du Boulonnais présente une forte réactivité aux pluies. Il est donc particulièrement sensible aux inondations. © I.Girardin
L’inondation, c'est le risque naturel principal auquel sont exposés les 172 000 habitants du Boulonnais. Plus de 350 états de catastrophe naturelle ont été reconnus dans cette zone, entre 1984 et aujourd'hui.

350 états de catastrophes naturelles en 40 ans !

Conscients des enjeux et pour faire face aux risques, les 81 communes du boulonnais se sont regroupées en 2002, pour former la Symsageb, un Syndicat Mixte pour le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux du Boulonnais. Une structure publique qui intervient essentiellement sur la prévention contre les inondations et la gestion des milieux naturels aquatiques. 

Traversée par 700 km de petits cours d'eau et 3 fleuves côtiers qui sont la Slack, le Wimereux et la Liane, les 81 communes de la zone ont toutes connu un épisode de crue/inondation en 40 ans ! Protéger la population sans contraindre la nature, c'est devenu la mission du syndicat mixte du Boulonnais.

Comment le Boulonnais lutte contre les inondations ...

Un programme d'Actions de Préventions des Inondations qui fait ses preuves et qui se décline en deux orientations : 

Supprimer des "ouvrages barrages"

Fin septembre, après 5 semaines de travaux, la rivière de Bazinghen retrouve son tracé originel. Une nécessité pour ce petit affluent de la Slack, longtemps dévié par un vieux moulin. 

"Il existe plus de 300 ouvrages qui font obstacles à ce que nous appelons la continuité écologique. Des moulins, des ponts effondrés, des petits murets qui empêchent l'écoulement naturel des sédiments lors des fortes pluies. Pour éliminer des bouchons et donc des retenues d'eaux qui inondent les alentours, nous supprimons ces ouvrages comme ici à Bazinghen" explique Justine Doirisse, technicienne de rivière. 

Grâce à ces travaux, la rivière reprend le tranquille chemin de la Slack et des marais qu'elle alimente. Elle retrouve aussi ses truites Fario ! "Une continuité écologique restaurée, c'est de permettre aussi aux espèces aquatiques de recoloniser l’amont d'un cours d’eau. Les poissons pourront donc, maintenant, remonter naturellement le cours d'eau vers leurs zones de reproduction", précise Justine Doririsse.

Aujourd'hui, le fleuve côtier de la Slack n'est plus une gêne rècurrente pour ses habitants. L'expansion des crues devient naturelle et reste concentré sur une zone définie. 42 de ces ouvrages ont été recensés sur la Liane, 16 sur le Wimereux et 29 sur la Slack. Un tiers ont déjà été éliminé.

Construire "des bassins de rétentions"

Retenir les eaux de pluie dans un bassin de rétention, c'est la mission de celui qui a été construit sous la Place de France à Boulogne-sur-Mer. Tout comme celui du Portel, sous la Place de l’Église. Des ouvrages qui retardent les inondations dans les zones déjà habitées. D’une capacité de 12 000 m3, ils vont réduire le débit des crues inévitables qui inondaient régulièrement les environs. Trois autres bassins de rétention naturelle ont été installés autour de la Liane, comme celui du ruisseau de Tournes. "L'objectif, c'est de ralentir l'écoulement en gardant la dynamique du court d'eau. Ce bassin est régulé. Lors de fortes pluies, il se remplit rapidement, retenu par des digues" détaille Christèle Alexandre , Directrice Symsageb.

"L'écoulement naturel est juste ralenti pour éviter les brusques montées des eaux". Des bassins recouverts de pelouse et plantés de sous-bois, qui s'intègrent dans le paysage.

Cinq autres bassins sont prévus pour stocker six fois plus d’eau : 1,3 millions de m3. "L'addition de tous les ruissellements fait que nous avons la création de cordons d'eau importants", précise Daniel Parenty, le Président du Symsageb. "Nous avons aussi le problème de l'érosion de la terre. Cette terre, nous la retrouvons dans nos fleuves et dans le port de Boulogne-sur-Mer. Et l'évacuer coûte trois fois plus cher."

De gros travaux ! Programmés d'ici 2024 dans le Boulonnais, ils représentent une dépense de plus de 13 millions d’euros. Un budget qui finance aussi une dizaine de stations de mesure de débit et un dispositif pour avertir les populations des risques lors des fortes pluies.Aujourd'hui, ces aménagements ont déjà permis de mettre à l’abri des inondations près de 400 maisons, ainsi que des entreprises représentants plus de 800 emplois. Une satisfaction, mais dans un contexte de changement climatique qui laisse à penser qu'il reste encore beaucoup de travail...
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
côte d'opale nature parcs et régions naturelles inondations météo