VIDÉO. À Saint-Martin-Boulogne, un projet pour faire revivre le monastère de la Visitation

Vide depuis le départ des religieuses, en 2011, le monastère de la Visitation de Saint-Martin-Boulogne faisait l'objet de nombreuses convoitises. Aujourd'hui, une promesse de vente est signée par une association porteuse d'un projet de village éco-solidaire.

Un éco-village pourrait voir le jour dans ce couvent du boulonnais
Un éco-village pourrait voir le jour dans ce couvent du boulonnais © I.Girardin

Bâti en 1841, incendié et détruit par les bombardements alliés durant la seconde Guerre Mondiale, le monastère de la Visitation est aujourd'hui un énorme bâtiment vide datant des années 50.

Un éco-village social et solidaire

Reconstruit après la guerre, il offre 7 000 mètres carrés habitables sur trois étages, au cœur de 4 hectares de verdure et en plein centre-ville. Ici, vivaient jusqu'à 80 sœurs Visitandines qui ont quitté définitivement les lieux en 2011. 

Après une succession de propositions immobilières, le monastère de la Visitation attend sa nouvelle vie : un incroyable projet social et solidaire, un éco-village comme nous l'explique Jérôme Chermiset, coordinateur du projet.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Village Visitation (@village_visitation)

"Pourquoi un éco village, parce que dans un village, on héberge, on est hébergé. On peut y travailler, y travailler la terre aussi. C'est un village qui sera acteur de lien social aussi, où les gens viennent déposer leurs enfants à la crèche, acheter des vivres qui sont fait localement, transformés localement. Un lieu d'insertion aussi, de logements, pour étudiants, pour personnes en difficultés..."

Un lieu de vie multiple, avec café, restaurant, coworking. Des espaces de travail partagés et des ateliers d'artisan d'art installés dans les voûtes des bâtiments.

eco village de saint martin boulogne

Une perspective qui séduit déjà certains Maître ouvrier d'art, comme Dylan Duchaud, artisan vitrailliste d'Ambleteuse. "Je retrouve dans ce projet l'esprit d'un village d'une époque où le forgeron, le charpentier, côtoyaient le tailleur de pierre. Des professions qui communiquaient, travaillaient ensemble. Les ateliers proposés sont assez grands, c'est inspirant et cela va me permettre de disposer d'un flux de passage de gens qui pourront découvrir nos métiers.

Un projet qui s'inscrit dans les valeurs de la solidarité, en gardant le caractère spirituel de la communauté des religieuses, précise Loïc Sarazin, membre de l'association Village éco-solidaire de la Visitation : "la chapelle ne sera pas désacralisée et deux maisons seront dédiées l’une à une communauté religieuse, l’autre aux pèlerins de passage."

L'idée principale reste de "vivre ensemble" dans un immense parc où le maraîchage et l’élevage auraient leur place. "On peut ré-exploiter le site comme il l'a été durant de nombreuses années" explique Charlotte Douché, contributrice agro-alimentaire.

 "On y trouvera le verger, un potager, une production de fromage. Avec toutes les caves qui existent , on peut envisager d'envisager une production de champignons et avec tout cela on pourrait approvisionner le restaurant qui s'installera sur le lieu..."

Souscription participative

Aujourd'hui, il s'agit de convaincre les banques avant de mettre en œuvre ce projet. Soutenue par la ville de Saint-Martin et celle de Boulogne-sur-Mer, l'association doit disposer de 300 000 € au 31 janvier 2021 pour valider la promesse de vente. Une souscription ouverte à tous est en ligne. La possibilité d'acquérir des parts sociales et pourquoi pas, vous permettre de devenir copropriétaire d'un ancien monastère !

Composée d'une vingtaine de membres, l'association Village Éco-solidaire de la Visitation regroupe des particuliers, des représentants de la société civile, du monde ecclésial, du monde associatif, de l’économie sociale et solidaire et des représentants de l’enseignement public et privé de l’agglomération de Boulogne-sur-Mer.

Le montant total des travaux et de l'achat du monastère est estimé à cinq millions d’euros.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
côte d'opale religion société économie écologie environnement