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A quoi sert concrètement l'argent de l'Europe dans le Nord et le Pas-de-Calais ?

Aménagements, santé, solidarité, l'Europe intervient concrètement dans la vie des citoyens en cofinançant plus d'un millier de projets dans les Hauts-de-France
Aménagements, santé, solidarité, l'Europe intervient concrètement dans la vie des citoyens en cofinançant plus d'un millier de projets dans les Hauts-de-France

L'Europe, une institution lointaine et déconnectée des préoccupations quotidiennes de ses citoyens ? Détrompez-vous. De très nombreux projets développés dans le Nord et le Pas-de-Calais portent la marque, et surtout les sous, de l'Union européenne. En voici quelques exemples concrets. 

Par M Schelcher avec F Mabille

Le tramway de Valenciennes, les bus de l'agglomération lensoise, l'extension du port de Calais. Mais aussi la formation professionnelle, l'aide aux plus fragiles, les logements, la santé ... L'Europe ne se voit pas toujours, mais elle est présente dans tous les secteurs d'activité, et profite directement ou indicretement à chacun de nous.

Pour 2014-2020, le montant de l'enveloppe bruxelloise pour les Hauts-de-France s'élève à 1,7 milliards d'euros, répartis sur 1 100 projets

En voici trois, qui témoignent de l'importance d'une institution européenne pas si lointaine que ça.
 

Plus du tiers de l’aide alimentaire aux plus démunis fournie par l’Europe


Du lait, du riz, des céréales, des crèmes dessert, des féculents, des plats surgelés, des conserves. 36 % de l'aide alimentaire distribuée dans le Nord et le Pas-de-Calais sont directement fournis par l'Union européenne. Via le FEAD, le Fonds européen d'aide aux plus démunis.

Cette aide se présente sous la forme d'une liste de produits disponibles -une trentaine pour la campagne actuelle -, dans laquelle peuvent piocher les quatre associations mandatées pour la redistribuer : la Banque alimentaire, la Croix rouge, les Restos du coeur et le Secours populaire français. 

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, l'aide européenne représente plus de 8 000 tonnes de denrées alimentaires, une necessité vitale pour plus de 200 000 habitants. En France, ce sont 5,5 millions de personnes qui bénéficient de ce FEAD. 

Il représente 70 % de l'aide distribuée par le Secours populaire, 40 % des produits redistribués par la Banque alimentaire, 1 repas sur 4 aux Restos du coeur.

 
Le Fonds européen d'aide aux plus démunis, un soutien vital aux associations caritatives
► Reportage M. Schelcher, A. Morvan, B. Weil 

Aujourd'hui, ces associations sont inquiètes. Dès 2020, le FEAD doit être fondu dans le FSE, le Fonds social européen, qui engloberait toute la politique de solidarité de l'Union. "C’est un paquet global, où on dira à l'Etat : "vous faites ce que vous voulez avec". Il n’y aura plus d’obligation alimentaire. On craint une réduction de budget pour l’aide à la pauvreté", redoute Jean-Louis Callens, le responsable de la Fédération du Nord du Secours Populaire Français. 

Dans son nouveau plan pour 2020-2026, la Commission européenne prévoit un coup de rabot de l'aide alimentaire de 3,9 à 2 millards d'euros, avec son intégration dans le FSE. 

 

Un partenariat franco-belge pour la chirurgie cardiaque infantile


On ne le sait pas toujours mais l'Union Européenne finance aussi des programmes médicaux. C'est le cas de Kidshearts, coeur d'enfant, un partenariat transfontalier franco-belge exceptionnel dans le domaine de la chirurgie cardiaque infantile.

Signé le 25 juin 2018, le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen permet à de petits nordistes souffrant de pathologies cardiaques d'être pris en charge de l'autre côté de la frontière, dans les Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, qui ont une expertise de plus de 50 ans dans ce domaine.

Pionnier de ce partenariat médical transfrontalier inédit, le petit Haron, bébé cardiaque, a été opéré dernièrement pour la seconde fois à Bruxelles. Sa famille, originaire de Valenciennes, n'a eu aucun frais médicaux à avancer ni à débourser pour le faire opérer en Belgique
                                                                             
"Avant, les enfants devaient être pris en charge à Paris, mais ça posait un problème logistique très important", explique le docteur Thameur Rakza, chef de service cardiologie pédiatrique  au CHRU de Lille. "Il faut mobiliser le SAMU, l'hélicoptère et parfois la météo ne permet pas le transfert dans de bonnes conditions. Vue la  gravité de la cardiopathie de l'enfant, ces tranferts pouvaient  aggraver considérablement l'état sanitaire des patients avant d’arriver dans les centres de chirurgie". 

 
L'Europe au cœur de la chirurgie infantile
► Reportage F. Mabille, C. Rousseaux, J-M Vasco 


Ce partenariat transfrontalier franco-belge vise d'ici 2020 à créer une activité de chirurgie cardiaque infantile au Centre hospitalier universitaire de Lille
Concrètement, une quarantaine de personnels médicaux vont être formés aux Cliniques universitaires Saint-Luc : cardiologues pédiatres, chirurgiens cardiaques, réanimateurs, anesthésistes et personnel infirmier et paramédical.

Bientôt, ce sont 450 petits patients français du Nord qui pourront bénéficier de chirurgie cardiaque dans l'hôpital universitaire lillois.
 

L’éco-quartier des Alouettes à Bruay-La-Buissière financé pour un quart par Bruxelles


Avec son mode de transport doux, son ancien bâtiment SNCF métamorphosé en marché couvert, sa gare devenue salle des fêtes et ses logements à basse consommation, il fait bon vivre dans l'écoquartier des Alouettes.

Cet énorme chantier qui a vu la transformation d’une friche industrielle n’aurait pas vu le jour sans l’aide européenne. Les élus de ce territoire du bassin minier ont sollicité Bruxelles. La subvention a été débloquée par le FEDER, le Fonds Européen de Développement Régional

Soit plus de 5 millions d'euros, près du quart des 23 millions d'euros de ce chantier titanesque qui va s'échelonner sur 10 ans.
 
Les Alouettes, un écoquartier financé en partie par l'Europe
► Reportage de F. Mabille, J-M Vasco, B. Barbey


De l'aveu d'Alain Wacheux, président de l'agglomération Béthune Bruay Artois Lys Romane, ce genre de cofinancement est aussi primordial que méconnu.

"L’Europe est toujours dans le cofinancement", détaille l'élu. "Après, il dépend de l’organisation de chaque pays de savoir qui finance quoi, entre l'agglomération, le département, la région, et l'Etat. L’Europe attend toujours des contreparties pour les financements qu’elle apporte". 

Dans cet écoquartier, l'Europe a apporté ses subsides pour la dimension "développement durable", mais aussi la part économique du projet. 
Une entreprise spécialisée dans le numérique s'y est implantée. Elle a embauché 24 ingénieurs l'an dernier.
                                                                                              
L'écoquartier est aujourd'hui achevé aux deux tiers. L'Union Européenne s'apprête à verser sa dernière subvention. Seule trace visible de cet engagement, une plaque discrète a été scellée dans la brique. 
                                                                                      

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