Hesdin : le maire achète deux revolvers avec l'argent de la ville

Stéphane Sieczkowski-Samier en août 2018 / © MAXPPP
Stéphane Sieczkowski-Samier en août 2018 / © MAXPPP

Pourquoi ? Comment ? Une nouvelle affaire à ajouter à un dossier déjà bien épais ?

Par EM

Deux revolvers de catégorie C et des balles en caoutchouc. C'est ce que le maire Stéphane Sieczkowski-Samier (DVD) a acheté sur le compte de la ville d’Hesdin (près de Boulogne-sur-mer dans le Pas-de-Calais). Une dépense qui date de juillet 2018 et qui pose de nombreuses questions.

Comme le révèle Le journal de Montreuil, cet achat a été rendu publique par des colistiers dissidents de M. Sieczkowski-Samier (de nombreuses autres dépenses douteuses ont été mises au jour). 

394€ payés à armurerie pour deux revolvers « soft gomm de calibre 8.8x10 » munis d’un barillet à cinq coups. Des armes d’entraînement de catégorie C qui ne sont utilisables par une collectivité et notamment des policiers municipaux (il n'y en a qu'un à Hesdin) qu'avec une autorisation de la préfecture. Aucune demande n'a été faite dans ce sens. Et le conseil municipal n'a jamais rien voté pour aller vers un armement du policier municipal. De plus, selon nos confrères, "on ignore aujourd’hui où se trouvent ces deux revolvers."

Y-a-t-il une justification à cet achat de deux revolvers ? Contacté, le maire ne nous a pas répondu pour l'instant.

Le Préfet du Pas-de-Calais instruit le dossier actuellement et va signaler par courrier dans les prochains jours l'affaire au Procureur de la République, qui pourrait alors ouvrir une information judiciaire. Cette détention d'arme peut constituer une infraction pénale. 
 

 

Réglements de compte


Cette information arrive dans un contexte de guerre ouverte au sein du conseil municipal. 4 colistiers ont décidé de dénoncer le comportement, les choix et les dépenses du maire. Il lui est reproché des dépenses personnelles (appareil à raclette, alcool, shampoing...), l'utilisation de la voiture de la mairie pour aller travailler dans la Somme... Pour eux, c'est injustifié et injustifiable : «  On a découvert certaines actions et des dérives qu’on ne veut pas cautionner  ».

«  Je ne vais pas discuter d’un déodorant à 2 € alors qu’il y a des sujets plus importants à traiter. Ces courses sont destinées au personnel, répondait  Stéphane Sieczkowski-Samier dans La Voix du Nord la semaine dernière. (...)  Je ne démissionnerai pas car je donnerais raison à toutes ces personnes qui se nourrissent d’arguments illégitimes.  » 
 

Affaires


Rarement, le maire d'une commune de 2000 habitants n'aura autant fait parler de lui. Plus jeune maire de France en 2014, Stéphane Sieczkowski-Samier a été déclaré inéligible pour 3 ans en mai dernier, à causes de comptes de campagne rejetés.

Il est poursuivi par le parquet de Boulogne-sur-mer dans trois enquêtes : une pour "détournements de fonds publics", une autre pour "achats de voix" et une dernière pour "prise illégale d'intérêts" et "complicité et usage de faux en écriture publique".

Il défraye régulièrement la chronique y compris de manière plus "anecdotique" : en juin dernier, il était verbalisé alors qu'il roulait sur un quad, sans casque avec Miss France.

 

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