Le député FN Bruno Bilde accusé de harcèlement sexuel par deux anciens assistants parlementaires

© PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Deux anciens assistants parlementaires avaient témoigné sur France 5 sur des cas de harcèlement sexuel au sein du Front national. Un article de Libération citait hier le nom du député FN du Pas-de-Calais Bruno Bilde.

Par Quentin Vasseur

Le député du Front national Bruno Bilde est accusé de harcèlement sexuel par plusieurs anciens assistants parlementaires au Parlement européen, selon un article de Libération.

Deux d'entre eux s'étaient déjà confiés dans l'émission "C Politique" le 12 novembre sur France 5, sans citer de nom. Suite au succès du hashtag #BalanceTonPorc, l'un d'entre eux, Alexandre, voulait  "montrer que tous les partis sont concernés et que ça ne touche pas que les femmes, mais aussi les hommes". 

À chaque fois que je croisais son chemin, il regardait mes fesses avec beaucoup d'insistance


Sans citer personne, il interroge à l'époque dans un tweet : "Vous croyez que je peux balancer un type aujourd’hui député qui ressemble à un goret libidineux et qui nous mettait des mains ?"

Selon l'article de nos confrères de Libération, il s'agirait du député de la 12e circonscription du Pas-de-Calais (Liévin) Bruno Bilde, proche de Marine Le Pen.

"C'est quelque chose qui est connu"


Dans l'enquête de "C Politique", en novembre, un autre ex-assistant, Mickaël racontait déjà ses rencontres dès 2011 avec l'élu dont il taisait lui aussi le nom. "À chaque fois que je croisais son chemin, il regardait mes fesses avec beaucoup d'insistance, en me disant : 'Il te fait un beau cul ce jean, j'aimerais bien le prendre en main, j'aimerais bien que tu viennes chez moi ce soir, j'aimerais bien qu'on t'invite chez nous.'"

"Personnellement, ça a été plusieurs fois des mains sur les fesses. J'ai dit stop à un moment, il est connu pour ça. Quand on en parle avec d'autres personnes qui sont passées ou qui ont tourné autour de ce parti, c'est quelque chose qui est connu" assurait quant à lui Alexandre.

Il n'y a pas le moindre commencement de preuves et pour cause, je ne les fréquentais pas !


Joint par téléphone, Bruno Bilde dément formellement. "Trois proches de Sophie Montel et Florian Philippot m'accusent de faits pour lesquels je suis totalement étranger" s'est-il défendu. "Ces personnes qui diffusent des tweets les plus violents (...) et les plus injurieux depuis qu'ils sont partis du FN sont notoirement connus pour leurs provocations, leurs mensonges, leurs excès et leurs déséquilibres."


"Il n'y a pas le moindre commencement de preuves et pour cause, je ne les fréquentais pas !" a encore assuré le député, élu en juin 2017. 

Par ailleurs, l'article de Libération évoque plusieurs tentatives d'intimidation, et notamment la diffusion d'une photo compromettante et à caractère sexuel d'Alexandre et de son petit ami lui aussi engagé au FN.

Après la diffusion du reportage sur France 5, le député aurait envoyé cette photo au petit-ami en question en lui disant : "Alors que tout le monde diffusait cette photo, j’ai demandé à ce qu’on arrête de vous attaquer. Y compris après votre départ. Je trouvais ça nul, alors je ne comprends vraiment pas cette diffamation à mon égard. C’est injuste et grave."

Une plainte contre Libération


Aujourd'hui, les anciens assistants parlementaires n'envisagent pas de porter plainte, deux mois après le reportage. À Libération, Mickaël évoque "la difficulté d'obtenir des témoignages de personnes qui pourraient nous appuyer et qui préfèrent se taire pour des raisons diverses et variées"

Bruno Bilde, lui, a assuré qu'il comptait "dépose[r] plainte en diffamation contre Libération."

Interrogée ce lundi matin après avoir présenté ses vœux à la presse, la présidente du Front national Marine Le Pen a réagi : "Libération sera condamné en diffamation et j'espère que les magistrats auront la main lourde, parce que le procédé est professionnellement gravement fautif et humainement indigne."

 

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