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Drame de St-Quentin: ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire

Selon les résultats d'une expertise complémentaire, l'incendie est du à la manipulation d'un briquet par l'un des enfants. Par ailleurs, au vu du taux d'alcoolisation du père, une information judiciaire pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger est ouverte.

Par Jennifer Alberts

L'expertise situe le départ du feu dans la chambre occupée par les deux petites filles, âgées de 8 et 3 ans. Elle exclut par ailleurs la thèse d'un incendie criminel ainsi que celle d'un sinistre provoqué par la défectuosité d'un appareil ou d'une installation électrique.

L'hypothèse privilégiée est celle d'un allumage du feu par l'un des enfants qui aurait manipulé un briquet à proximité d'une pile de matelas entreposés dans la chambre. Les flammes se sont ensuite propagées au 1er étage de la maison en 15 minutes.

L’enquête a révélé qu'un épisode similaire avait déjà eu lieu: le 5 juin 2008, Enzo, alors âgé de quatre ans, avait mis le feu à sa chambre en utilisant un briquet, provoquant un début d’incendie. Le père, Olivier Collin, avait alors du évacuer la maison qu’il occupait à l’époque avec les enfants jusqu’à l’intervention des pompiers.

Damien Savarzeix, procureur de la République de Saint-Quentin, pointe ensuite les responsabilités du père des petites victimes: 2 briquets, dont un en état de fonctionner, laissés à portée de main des enfants et surtout son taux d'alcoolémie.

En effet, les analyses sanguines du père montrent qu'une heure après le déclenchement du sinistre, son taux d’alcool était encore "très élevé".

"Ce fort état d’ébriété était susceptible d’avoir réduit ses capacités de surveillance des enfants, mais également de sauvetage une fois l’incendie déclaré. L’importance des suies constatées sur son corps attestaient de la tardiveté de son réveil, que ses enfants ont d’ailleurs pu chercher à accélérer sans succès compte tenu de son degré d’imprégnation alcoolique." Les enquêteurs ont en effet la certitude que l'un des enfants a circulé entre la chambre où dormaient le père et celle où dormaient les enfants.

Le procureur pointe également le comportement du père une fois réveillé: le magistrat estime qu'Olivier Collin a failli en n'essayant pas de sortir ses enfants de la maison, probablement à cause de son intoxication aux fumées mais aussi à son état d'alcoolisation.

Une information judiciaire est donc ouverte pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger "afin d’évaluer la responsabilité pénale d'Olivier Collin, l’adulte qui avait en charge les mineurs".

Olivier Collin, toujours grièvement brûlé, est sorti de l'hôpital depuis.

RAPPEL DES FAITS:

Cinq enfants âgés de 2 à 9 ans sont décédés dans la nuit de samedi à dimanche 30 mars dans l'incendie "vraisemblablement accidentel" d'une maison rue Henriette-Cabot à Saint-Quentin (Aisne).
Le père, en instance de divorce, avait ses enfants avec lui pour le week-end. Il dormait au rez-de-chaussée, les enfants à l'étage. Selon des voisins proches du père de famille, la maison n'était pas équipée en détecteurs de fumée.

"Vers 22h30, il s'est réveillé, a monté l'escalier et a fait face à un feu intense. Il a été obligé de sauter par la fenêtre pour chercher de l'aide. Il est revenu avec un voisin et a défoncé la porte d'entrée fermée de l'intérieur", précise Damien Savarzeix, procureur de la République de Saint-Quentin.

Mais en raison de la puissance de l'incendie, les 2 hommes n'ont pas pu accéder à l'étage. Une trentaine de sapeurs-pompiers de Saint-Quentin a rapidement maîtrisé les flammes et a découvert les 5 corps sans vie.

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