Ferme des mille vaches VS Confédération paysanne : bientôt une manifestation et des procès

A gauche, une manif de la Conf. paysanne. A droite, le manège de traie de la ferme des mille vaches. / © PHILIPPE HUGUEN (AFP) / France 3
A gauche, une manif de la Conf. paysanne. A droite, le manège de traie de la ferme des mille vaches. / © PHILIPPE HUGUEN (AFP) / France 3

Une manifestation de la Confédération paysanne aura lieu le 30 mai devant plusieurs fermes géantes, dont celle de Drucat (Somme), où des militants avaient commis des violences pour lesquelles ils seront jugés en appel le 17 juin. Pendant ce temps, la "ferme des mille vaches" reste dans la tourmente.

Par MG avec AFP

La Confédération paysanne a appelé mardi à manifester le 30 mai prochain devant la ferme-usine dite des 1.000 vaches dans la Somme, à 15 jours du procès en appel de neuf de ses militants. Ces militants avaient été condamnés le 28 octobre 2014 à des amendes et à des peines de prison avec sursis pour avoir endommagé le chantier de la ferme géante. Tous ont fait appel et comparaîtront le 17 juin devant la cour d'appel d'Amiens.

Il y aura plus largement le 30 mai "des rassemblements devant 5 ou 6 fermes-usines emblématiques en France, à 15 jours du procès en appel", a indiqué Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne et l'un des neuf prévenus, lors d'un point presse à Drucat (Somme), non loin de la ferme des 1.000 vaches.

Auparavant, le 26 mai, le tribunal administratif d'Amiens aura examiné sur le fond deux recours déposés contre l'exploitation de la ferme et le permis de construire déposé par ses exploitants.

Une ferme dans la tourmente


L'exploitation, qui a commencé à fonctionner en septembre à Drucat, près d'Abbeville, compte pour l'instant 500 vaches laitières, mais elle a déposé un dossier pour passer à 880 têtes. Sans attendre le résultat de l'instruction technique en cours, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est prononcé pour l'ouverture d'une nouvelle enquête publique.

La Confédération paysanne, accompagnée de l'association d'opposants à la ferme, Novissen, a réaffirmé sa volonté d'obtenir la fermeture de l'exploitation. "Ils sont en train de nous prouver par l'absurde que ce projet ne tient pas la route", a déclaré M. Pinatel, qui estime que "plus personne ne veut ramasser leur lait". Des distributeurs feraient en effet un boycott, qui a été dénoncé par d'autres agriculteurs, non membres de la Confédération paysanne.

"Senagral continue d'acheter notre lait. Des militants de Novissen ont suivi un camion de ramassage et ont constaté ce jour-là qu'il était vendu à un fabricant de produits laitiers belge, situé à Zonhoven, mais la destination n'est pas toujours la même", a réagi le directeur d'exploitation de la ferme, Michel Welter.

Un "pic particulier" de mortalité


Francis Chastagner, président de Novissen, s'est inquiété des aspects sanitaires, évoquant une forte mortalité dans l'élevage. Selon M. Welter, il y a eu effectivement "un pic particulier" en décembre, avec "une perte de 26% des veaux nés les semaines autour de Noël, saison propice à des diarrhées virales (équivalent des gastroentérites chez l'homme)".

Il a affirmé que "la mortalité moyenne globale (vaches laitières, génisses et veaux) est de 14%", un chiffre encore élevé dû à l'effet bien connu du mélange de troupeaux en début d'exploitation, et dit viser un niveau de 10%, voire moins à l'horizon de septembre 2015.

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