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Police de sécurité du quotidien : 5 quartiers ciblés dans les Hauts-de-France

Illustration. / © MAXPPP
Illustration. / © MAXPPP

5 quartiers des Hauts-de-France ont été retenus pour accueillir la toute nouvelle police de sécurité au quotidien, dans une liste de 30 quartiers qu'a dévoilée ce jeudi après-midi Gérard Collomb. 

Par JB EM AFP

Davantage de moyens dans des quartiers difficiles et un "nouvel état d'esprit" plus proche de la population : Gérard Collomb a dévoilé ce jeudi la police de sécurité du quotidien (PSQ), réforme promise par le candidat Macron et très attendue par les élus et les forces de l'ordre.

D'ici à janvier 2019, trente quartiers difficiles bénéficieront ainsi de "moyens supplémentaires" - un renfort de 15 à 30 policiers à chaque fois -, sans pour autant que soient constituées de nouvelles brigades spécialisées. Ces quartiers de "reconquête républicaine" sont ciblés en zone police : entre autres, Trappes (Yvelines), Gros Saule à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Mirail à Toulouse, le Neuhoff à Strasbourg ou les quartiers nord de Marseille. En zone gendarmerie, 20 départements (essentiellement en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l'ouest de la France) disposeront de 500 renforts.

Dans les Hauts-de-France, 5 quartiers ont été retenus. La PSQ sera mise en place dès la rentrée 2018 sur la zone Lille Sud - Fives. En 2019, les quartiers du Blanc-Seau, à Roubaix et Tourcoing, ainsi que celui du Croix Bas - Saint Pierre rejoindront la liste. Les quartiers du Beau-Marais, à Calais et des Hauts-de-Creil, à Creil, seront également concernés par la réforme.


Deux autres villes s'étaient portées candidates dans la région pour accueillir cette nouvelle police. Ainsi, la candidature de la ville de Lens n'a pas été retenue, tout comme celle de Montigny-en-Gohelle


La fin "de la politique du chiffre" ?


Le ministre veut porter le nombre de "brigades de contact" à 250 unités d'ici la fin 2018 : expérimentées depuis mars 2017 par la gendarmerie, elles visent aussi à assurer une plus grande proximité avec la population. Proclamant la "fin de la politique du chiffre", le ministre de l'Intérieur propose même "que ce soient les Français qui évaluent leur police, pas uniquement des séries statistiques". Il évoque ainsi le recours à des enquêtes de satisfaction. 

Pour apaiser les relations parfois tendues entre police et population, en particulier les jeunes, M. Collomb a annoncé en outre, dans un entretien au site du Point, que le nombre de caméras-mobiles ou caméras-piétons - accrochées sur le torse de l'agent en patrouille - dispositif lancé sous le précédent quinquennat, serait multiplié par quatre pour atteindre 10.000 chez les forces de l'ordre d'ici à 2019.



Ce dispositif constitue une alternative à la délivrance de récépissés lors des contrôles d'identité. Ces récépissés sont pourtant réclamés par les associations de défense des libertés. Le ministre a également précisé que 60.000 tablettes numériques et smartphones seraient confiés aux gendarmes d'ici à 2020, ainsi que 50.000 chez les policiers, pour un accès rapide et direct aux fichiers de la délinquance.


"Affaire Théo" et grogne policière


La PSQ, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, est née dans le contexte brûlant de "l'affaire Théo" - le viol présumé à la matraque d'un jeune homme lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois - et du mouvement de grogne des policiers après une attaque au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) en octobre 2016.

En octobre dernier, le chef de l'Etat promettait une "nouvelle doctrine, qui constituera notre référence en matière de sécurité publique pour les années à venir". Avec une volonté: ne pas ressusciter la police de proximité, cette "pol prox" devenue le symbole de l'échec de la politique sécuritaire du gouvernement Jospin et un épouvantail pour la droite.

Mais, si elle affirme des principes et dégage des moyens, la PSQ recycle aussi des mesures déjà lancées. Ces derniers mois, elle a d'ailleurs suscité chez les élus et les forces de l'ordre autant d'attentes que d'interrogations. Des dizaines de communes (Aulnay-sous-Bois, Lille, Grenoble, Toulouse, etc.) se sont portées candidates, avec bien souvent l'espoir de glaner des effectifs supplémentaires au regard des 10.000 créations de postes annoncées.

Au sein des forces de l'ordre, d'aucuns craignent que les annonces ministérielles ne se limitent notamment à labelliser "PSQ" des mesures ou chantiers déjà actés, comme la forfaitisation des amendes pour consommation de cannabis. Pour les syndicats policiers, les grandes ambitions ont déjà été mises à mal par une concertation en pointillés. Gérard Collomb fait au contraire valoir l'envoi d'un questionnaire aux 250.000 policiers et gendarmes. Quelque 70.000 y ont répondu pour réclamer, sans surprise, moins de contraintes administratives et plus de travail de terrain.


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