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Rio 2016 – Canoë Kayak : les cinq secrets de Maxime Beaumont

Les J.O. 2016 arrivent à grand pas. A cette occasion, la rédaction web de F3nord vous présente les sportifs qui défendront les couleurs nordistes à Rio. Aujourd’hui Maxime Beaumont, kayakiste révélé sur le tard, Boulonnais placide et rageur.
« Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentais plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. » Cette fois, le bateau n’avance plus dans l’ivresse. Le kayakiste Maxime Beaumont en a pris les commandes. A 34 ans, auréolé de ses deux titres de champion de France, le Boulonnais va tenter de viser une première médaille olympique sur la course en ligne de 200 mètres dans son kayak. « Tous les voyants sont au vert. La préparation se passe comme je veux. Maintenant, je vais me battre pour aller chercher l’or à Rio. »

Revanchard, pour effacer la déception de Londres

Dans sa carrière, Maxime Beaumont en a vu de toutes les couleurs. Révélé sur le tard, il a subi une désillusion aux jeux olympiques de Londres en terminant quatrième, à trois centièmes du podium. « Je n’avais rien à me reprocher, j’avais tout donné et fait la course qu’il fallait sans ne rater aucun coup de pagaie. Cet échec m’a aidé à avancer. » Plus fort physiquement et mentalement, le jeune papa kayakiste a laissé le stress de côté : « tant que je ne suis pas sur place, il n’y a aucune raison pour que la pression monte. Je me sens juste impatient de concourir. Par contre, je fais attention à mon corps. Je reste vigilant pour éviter de perdre inutilement de l’énergie. Je m’hydrate correctement, je m’étire régulièrement, je me mets des gilets de froid et je fais de la balnéothérapie pour récupérer plus vite. A l’instar de Thomas Simart, Je fais un peu d’hypnose pour gérer l’adrénaline. On essaie de partager les stratégies qui fonctionnent pour nous améliorer. »

Grand-mère bienfaitrice

Assis en position esquimau dans son bateau, Maxime Beaumont pagaie des deux côtés. En équilibre précaire sur l’eau, il doit trouver son rythme de croisière pour éviter la chute. « J’ai commencé à 9 ans avec ma grand-mère sur la plage de Boulogne-sur-Mer. Je suis tombé mais ça m’a plu alors j’ai voulu continuer et je me suis inscrit dans le club du coin qui me licencie toujours. Je me suis retrouvé dans les valeurs du sport. La glisse en plein air apporte de formidables sensations. » Les champions de l’époque, Didier Hoyer en tête, l’ont fait naviguer vers de beaux rêves. « Les sportifs qui réussissent donnent envie aux jeunes et garnissent la vitrine d’un club. Les bons résultats des champions tirent leur sport vers le haut. »

Maxime Beaumont

Le Nord dorlote le canoë-kayak

La région Nord-Pas-de-Calais offre des conditions optimales pour pagayer. Lille, Boulogne-sur-Mer et Saint-Laurent-Blangy, trois clubs de choix qui proposent aux athlètes d’excellentes installations et des formateurs au petit soin. « C’est vrai que dans notre région on ne dispose pas de pôle, je m’entraîne d’ailleurs à l’INSEP. Mais on garde de très bonnes structures formatrices. Si les sportifs de haut niveau quittent la région, ils restent attachés aux clubs et cultivent les liens avec les jeunes. On organise en quelque sorte des passassions de pouvoir. » Maxime, formateur pour l’INSEP, sait de quoi il parle. Il n’hésite pas à faire valoir son vécu à la fédération.

S’inspirer des champions qu’on doit battre

La passation de pouvoir, Maxime Beaumont l’a provoqué lui-même en 2003. « Sans aucun doute mon plus beau souvenir de sportif. Nous disputions avec trois jeunes les championnats de France de K4 de course en ligne. Nous étions des espoirs, loin du niveau de l’équipe de France sénior. Nous les avons battus deux fois. La fédération française de canoë-kayak nous a alors fait confiance pour partir nous défendre aux championnats du monde aux États-Unis. Nous avions raté nos courses, sûrement trop inexpérimentés pour franchir cette vague. Mais ça nous a forgé le caractère. »


Esprit d’équipe

"Un pour tous, tous pour un". Ce slogan d’Alexandre Dumas ne rime pas forcément avec le sport individuel. Maxime Beaumont l’a pourtant fait sien. Il déteste les conflits et cherche en permanence la conciliation : « un sportif fort évolue dans un groupe fort. Chacun apporte sa pierre à l’édifice pour faire progresser le groupe. Les confrontations restent saines entre nous, même si nous devons parfois nous éliminer pour participer aux compétitions internationales. On se tire parfois des bourres à l’entraînement, mais on peut passer d’adversaire à coéquipier du jour au lendemain en pagayant dans le même bateau. J’essaie d’avoir un mot pour ceux qui ne se sont pas qualifiés le jour de la compétition. C’est important de les considérer et de les intégrer au groupe malgré les défaites. J’y tiens, on se soutient les uns les autres. »

Maxime Beaumont s’envole le 10 août pour Rio. Avec la voix d’Arthur Rimbaud dans la tête :
« Je serai insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands et de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves me laisseront descendre où je voudrai. »
Dates-clés
23 avril 1982 : naissance à Boulogne-sur-Mer
2012 : 4e aux JO de Londres en K1 200 mètres.
2014 : vice champion du monde de relais kayak à 4 (K4) sur 200 mètres à Moscou
2015 : vice champion du monde K1 200 mètres à Milan
2016 : double champion de France K1 200 et K1 1000 mètres.
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