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Rio 2016 – Natation : les cinq secrets de Fabien Gilot

Fabien Gilot va tenter de ramener de Rio une nouvelle médaille avec le relais 4 x 100. / © FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP
Fabien Gilot va tenter de ramener de Rio une nouvelle médaille avec le relais 4 x 100. / © FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP

Les jeux olympiques 2016 arrivent à grand pas. À cette occasion, la rédaction web de France 3 Nord Pas-de-Calais vous présente les sportifs qui défendront les couleurs nordistes à Rio. Aujourd’hui Fabien Gilot, relayeur denaisien, capitaine en or de l’équipe de France de natation.

Par Geoffrey Lopes

« Le règne, la puissance et la gloire ». On pourrait l’appeler le Messie de la natation française. Fabien Gilot, détonateur du nord, demeure un héros de l’ombre dans les bassins du monde. Il prend soin d’éviter de se mettre en avant et parle très rarement de lui.

Pourtant, c’est la cheville ouvrière de la natation française. La renaissance des Français dans les bassins lui doit beaucoup. Sa force de caractère porte les bleus vers les médailles et transfigure des athlètes méconnaissables. Sextuple médaillé d’or en compétitions internationales avec les relais, il n’a plus perdu avec le 4 fois 100 mètres nage libre depuis le mondial de 2011. Il s’alignera à nouveau sur cette course à Rio.

« C’est bien de conserver nos titres et de forger la cohésion du groupe », raconte-t-il à son sponsor. Même si l’objectif demeure la médaille d’or, il assure à RMC que les Français ne font plus office de grands favoris : « comme tous les ans, il y a quatre nations qui sortent un peu du peloton : l'Australie, les États-Unis, la Russie et nous. Les Australiens ont peut-être un petit avantage cette année. Ça va se jouer à peu de choses. Restons humbles. Ce qui est sûr, c'est qu'on a le collectif pour avoir une chance de conserver le titre ».

Les quatre médaillés d'or des Jeux de Londres, Clément Lefert, Fabien Gilot, Amaury Leveaux et Yannick Agnel. (archives) / © CHRISTOPHE SIMON / AFP
Les quatre médaillés d'or des Jeux de Londres, Clément Lefert, Fabien Gilot, Amaury Leveaux et Yannick Agnel. (archives) / © CHRISTOPHE SIMON / AFP

« Tu vas au moins terminer l’année de natation »

Fabien Gilot est tombé dans l’eau tout petit. Mais l’histoire a bien failli se terminer très vite, comme le raconte son papa Michel : « Il a commencé à nager à 7 ans. Un jour, son école primaire me convoque pour me demander si j’acceptais d’inscrire Fabien au club de natation de Denain. Ça ne me dérangeait pas s’il donnait son accord. Un mois après lui avoir pris sa licence, il revient un soir à la maison en pleurant et en voulant arrêter. Tu vas au moins terminer l’année de natation, lui ai-je répondu. Heureusement que je n’ai pas lâché ! J’imagine que le club lui avait rendu la vie difficile ce jour là. » À l’aise dans l’eau, Fabien s’éclate au waterpolo avant de se tourner vers la course. « Il file déjà vite », s’exclame Michel.

Tout pour les autres

Mais le collectif lui manque. Sur le plot de départ, tout seul dans sa compétition, Fabien ne parvient pas à se transcender. En 13 ans de carrière internationale, il n’a décroché qu’une médaille d’argent en individuel. « C’est le drame, il n’y arrive vraiment pas », se lamente son père. « On ne l’explique pas. Il fait des temps exceptionnels en relais et ramène parfois l’équipe sur de bons rails. Il donne pour les autres sans se poser de questions. Seul dans sa course individuelle, ça bloque alors qu’il a largement le niveau. »

Peu affecté par ses échecs personnels, Fabien prend l’équipe de France à son compte et se donne corps et âme pour les relais. Pour Michel, il en est devenu le papa naturel des bleus. « Il encadre les nageurs et rassure les nouveaux. Il sait trouver les bons mots pour chacun : il en motive certains et prend soin d’en calmer d’autres, à l’instar de Florent Manaudou. C’est lui qui dicte les dernières consignes dans la chambre d’appel. Jérémy Stravius expliquait qu’aux jeux de Londres, les relayeurs avaient déjà gagné dans leur tête grâce à ses mots d’avant course. » Un comportement qui ne surprend pas le papa : « C’est l’ainé et depuis  tout petit il prend son rôle de grand frère protecteur à cœur. »

La finale des Jeux de Londres

Monstre physique

À 32 ans, Fabien prend conscience de ses nouvelles limites physiques. « Il a fait une grosse préparation cet été et s’est beaucoup entraîné. Le corps vieillit et ne réagit plus comme avant. Mais il se sent bien et il donnera tout pour ses derniers jeux », assure son père. Travailleur assidu, Fabien Gilot initie depuis dix ans au cercle des nageurs de Marseille de nouvelles techniques d’entraînement. Il s’agit de privilégier son physique à la technique de nage. « On lui riait au nez au début mais ses efforts ont finalement porté leurs fruits », raconte Michel. « Le sport de haut niveau apporte de bonnes valeurs, à l’image de l’esprit d’équipe, qui nous servent dans la vie active. Les sportifs prennent de l’avance sur les autres », aime-t-il répéter.

Le nord s’identifie à Fabien… après l’avoir laissé de côté

Motivé par le partage et passionné par les Jeux olympiques, Fabien n’en oublie pas pour autant ses origines denaisiennes. Une région avec qui les relations n’ont pas toujours été au beau fixe. « Fabien adore le Nord. À ses 14 ans, je l’ai mis en sport étude au pôle France de Rouen et à l’époque, Francis Luyce (NDLR président de la fédération), m’en avait voulu. Je me mets à sa place, c’est vrai que dans son club de Dunkerque, Francis privilégient le demi-fond au détriment du sprint. »

Michel n’est pas allé jusqu’à déclarer qu’il n’y avait « rien, rien du tout pour les nageurs dans la région » à l’instar du papa de Fantine Lesaffre. Il dénonce néanmoins le rôle de la région : « j’avais également demandé de l’aide à la région et personne ne m’avait répondu. On garde quand même de bonnes relations. Maintenant tout le monde est fier et s’identifie à lui. »

Le désordre du relais de Pékin

Épanoui dans les relais bleus, Fabien garde en travers de la gorge le comportement de l’ancien directeur technique national aux JO de Pékin. « En 2008, les relayeurs terminent deuxième à 8 secondes des Américains. Une heure avant la course, Claude Fauquet bouleverse l’ordre des relayeurs sans en avertir les nageurs. Alain Bernard termine la course alors que ça devait être Frédéric Bousquet, qui connaissait par cœur les Américains avec qui il s’entraînait à l’époque. Fabien n’avait pas apprécié. Désormais, les nageurs choisissent eux-mêmes l’ordre des relayeurs. »

À Rio, les six relayeurs sélectionnés visent une deuxième médaille d’or consécutive. « Le sport, c’est l’école de la vie », répète Fabien qui a besoin de l’adrénaline des compétitions. Toujours en équipe : « tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin », clame le proverbe. Porté par les autres, Fabien nage plus vite.

Son tatouage en hébreu signifie "Je ne suis rien sans eux". (archives) / © DENIS CHARLET / AFP
Son tatouage en hébreu signifie "Je ne suis rien sans eux". (archives) / © DENIS CHARLET / AFP

 

Les dates clés

27 avril 1984 : naissance à Denain
2003 : médaille de bronze du relais 4 fois 100 mètres nage libre aux championnats du monde
2010 : champion d’Europe du relais 4 fois 100 mètres 4 nages
2012 : champion olympique du relais 4 fois 100 mètres nage libre
2013 : double champion du monde des relais 4 fois 100 mètres nage libre et 4 fois 100 mètres 4 nages.
2014 : vice champion d’Europe du 100 mètres nage libre individuel
2015 : champion du monde du relais 4 fois 100 mètres nage libre

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