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Amiens : les ex-salariés de Whirlpool en colère un an après leur rachat par WN

Près de 80 salariés de WN étaient rassemblés ce matin pour exprimer leurs craintes. / © J. Guéry
Près de 80 salariés de WN étaient rassemblés ce matin pour exprimer leurs craintes. / © J. Guéry

Ce vendredi 5 juillet, les ex-salariés de Whirlpool étaient rassemblés devant leur usine à 11h30 pour exprimer leur colère. Un an après leur rachat par WN, le placement de leur entreprise en redressement judiciaire fait peser de lourdes craintes sur leur avenir.

Par Boris Granger

"On nous a menti pendant un an." Ils étaient près de 80, au matin de ce vendredi 5 juillet, rassemblés sur le parking de leur usine. Des salariés de WN qui manifestaient leur colère et leurs craintes depuis que leur employeur a été placé en redressement judiciaire début juin. "Les business ne sont jamais arrivés, lance un ouvrier, désabusé, et aujourd'hui on apprend qu'il est trop tard."

De l'espoir au désespoir

Pourtant, lorsque Nicolas Decayeux, fondateur de WN, reprend l'activité du site en 2018 alors que Whirlpool délocalise son usine en Pologne, il conserve 162 des 282 salariés de l'usine. À ce moment-là, tout le monde veut y croire. Mais le carnet de commandes ne décolle pas et de nombreux ouvriers se retrouvent à tourner en rond ou jouer aux cartes. "À part dix soudeurs et dix meuleurs qui travaillaient, les autres ne faisaient rien," témoigne un autre ouvrier.
 

"Il y a une question qui pèse sur tout le monde aujourd'hui, explique une salariée de l'usine. Qu'a-t-il fait de l'argent des contribuables et de notre argent ? Nous, on veut des choses concrètes, pas du blabla." Car à la reprise de l'usine, WN reçoit une enveloppe conséquente de l'État et garantit à ses employés, disent-ils, deux ans de salaire. Mais aujourd'hui, c'est bien de licenciement qu'il est question. "L'administrateur nous a annoncé que les premières lettres de licenciement arriveraient le 12 août", raconte un employé en colère.

Vers une deuxième reprise

Un repreneur potentiel s'est d'ores et déjà manifesté, Ageco Agencement, mais il ne pourrait offrir que 30 postes, bien loin des 162 actuels. D'autant que pour l'instant rien n'est signé.

François Ruffin, député France Insoumise de la Somme, s'est saisi du dossier il y a plusieurs mois. Il était présent ce matin pour soutenir les ouvriers de l'usine. "C'est bizarre à dire mais je suis heureux de vous voir ici, leur expliquait-il. Ce rassemblement constitue une force possible qu'il ne faut pas laisser se désagréger."

Le 26 juillet 2019, le tribunal de commerce d'Amiens se prononcera sur une éventuelle reprise du site. D'ici là, c'est l'incertitude qui règne chez les salariés de WN, ainsi qu'un terrible sentiment de fatalité.

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