“Les fautes que j'ai faites par le passé me servent sur le ring” : rencontre avec un ancien détenu devenu boxeur pro

À 29 ans, Daniel Dos Santos a sa carrière devant lui. / © France 3 Hauts-de-France
À 29 ans, Daniel Dos Santos a sa carrière devant lui. / © France 3 Hauts-de-France

L'Amiénois Daniel Blenda Dos Santos est un boxeur pas comme les autres : à 29 ans, il débute tout juste sa carrière professionnelle. Pour cause, une incarcération de 3 ans et demi qui a ralenti sa progression. 

Par RI avec Émilie Montcho

C'est un parcours qui pourrait en inspirer plus d'un... et qui prouve que la prison n'est pas une fatalité. Parce qu'il a su saisir sa deuxième chance, Daniel Dos Santos peut aujourd'hui rêver de décrocher la ceinture de champion de France mi-lourds. 

Ébranlé par la mort de son grand frère alors qu'il n'avait que 17 ans, celui que ses proches appellent Dan est tombé dans la petite délinquance. À 18 ans, il commence la boxe à Amiens mais les frasques de son adolescence et de sa vie de jeune adulte le conduiront tout droit en prison à 23 ans, lorsqu'il blesse quelqu'un avec une arme à feu. 

La prison, le déclic

Rapidement, il réalise qu'il lui appartient de changer le cours de sa vie. Il décide alors de passer son bac depuis sa cellule. La période détention provisoire ayant atteint son maximum (2 ans), il sort de prison en attendant son procès. Mais la perspective de retourner derrière les barreaux après le passage au tribunal ne l'empêche pas de continuer à remettre sa vie à l'endroit. Il profite de cette liberté pour faire une formation de boucher en alternance, et décroche son diplôme. 

Finalement condamné à 5 ans de réclusion criminelle, il doit encore passer trois ans à la prison de Beauvais. Il retourne purger sa peine, mais au bout d'un an et demi, une remise de peine lui permet de sortir avec un bracelet électronique. 

Un homme nouveau

Il peut alors se concentrer sur sa passion, la boxe, et se rapprocher toujours plus de son objectif : devenir champion de France dans sa catégorie. Pour ça, il peut compter sur Giovanni Boggia, son entraîneur. Sur la route de la prison où Dan va enfin enlever son bracelet électronique, il se souvient : "Le pire souvenir de ma vie, c'est de t'avoir ramené ton fils en prison. Tu l'avais jamais vu, il avait 15 jours.

Ce soutien infaillible a sans aucun doute participé à la réussite du boxeur. "Quand il était jeune, il était très binaire. Quand ça ne se passait pas comme il voulait, il jetait tout à la poubelle, il s'énervait et il n'y avait rien de bien.", raconte l'entraîneur. "Maintenant il est très organisé, très scolaire, alors il améliore la force, la vitesse, la puissance..."

Aujourd'hui employé par son club de boxe à Pont-Sainte-Maxence, il a retrouvé une vie normale. "J'ai une famille, deux ans, une femme, un travail. Mon but, c'est de réussir dans le domaine sportif et pouvoir mettre ma famille à l'abri.", explique Daniel avec sérénité. "Je veux devenir la meilleure version de moi-même."

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