Au 3e jour du procès du meurtrier présumé de Clément Brisse, le calvaire de l'adolescent détaillé devant la cour d'assises des mineurs de la Somme

Publié le Mis à jour le
Écrit par Eline Erzilbengoa avec Tristan Baudenaille-Pessotto
Le procès du principal accusé du meurtre de Clément Brisse se tient à Amiens du lundi 15 au vendredi 19 novembre devant la cour d'assises des mineurs de la Somme.
Le procès du principal accusé du meurtre de Clément Brisse se tient à Amiens du lundi 15 au vendredi 19 novembre devant la cour d'assises des mineurs de la Somme. © FTV

Depuis lundi 15 novembre se tient le procès du principal accusé du meurtre de Clément Brisse devant la cour d'assises des mineurs de la Somme. Les premières auditions ont mis en avant le contexte dans lequel le jeune homme de 16 ans a trouvé la mort, après avoir reçu plusieurs coups de couteau à Ham dans la Somme.

Cela fait désormais 4 ans que la famille de Clément Brisse attend des réponses. Lundi 15 novembre s'est ouvert le procès du principal accusé, jugé pour le meurtre de l'adolescent.

Le procès, dont la tenue à huis clos n'a pas été retenue, a débuté par un long rappel des faits. Le 30 mars 2017, le corps de Clément Brisse, âgé de 16 ans, a été découvert dans un étang du parc Délicourt, proche du lycée Peltier à Ham dans la Somme, où il était scolarisé comme interne. Il a succombé à des coups portés par arme blanche au cou et à l’abdomen.

Onze mois plus tard, deux de ses camarades de classes sont mis en examen. Si l'un des deux devra répondre de meurtre devant la cour d'assises des mineurs, l'autre est poursuivi pour faux témoignage. 

La piste criminelle privilégiée par les enquêteurs

Lors de la première journée de procès, le proviseur par intérim et le proviseur adjoint du lycée Pelletier où était scolarisée la victime au moments des faits ont été auditionnés. Ils s'accordent à dire que l'adolescent de 16 ans était victime de harcèlement dans cet établissement. Le 30 mars 2017, dans la matinée, il avait d'ailleurs quitté le lycée sans autorisation, quelques minutes avant sa mort. 

Selon les enquêteurs auditionnés devant la cour d'assises des mineurs la piste criminelle a tout de suite été privilégiée. L'arme correspondant aux blessures de la victime n'a jamais été retrouvée. "Vous avez une enquête qui est extrêmement bien faite et complète avec plus de 330 prélèvements ADN qui ont été opérés et plus d'une centaine de témoignages recueillis, indique Me Guillaume Demarq, avocat de la famille de la victime. Une seule conclusion s'impose : c'est que le principal accusé a tué Clément Brisse."

Une plaie de 13 centimètres à la gorge

Lors du deuxième jour de procès, c'est au tour de trois médecins légistes d'être auditionnés. Deux d'entre eux étaient chargés à l'époque d'analyser le corps de la victime. La veille déjà, les rapports de la police judiciaire montraient les photos de ses plaies : dont l'une de 13 centimètres à la gorge. Une plaie exécutée de façon nette, entraînant une hémorragie associée à la noyade. Impossible cependant pour les médecins légistes de déterminer si les blessures proviennent d'un suicide ou bien d'un meurtre. 

Plusieurs plaies aux mains ont aussi été découvertes. Elles pourraient être compatibles avec des gestes de défense. Des images que les parents de Clément Brisse ont dû mal à supporter. "Je me vois encore 4 ans et demi en arrière face à des photos qui sont difficiles à voir", confie sa maman. On a hâte d'être à la fin du procès pour avoir un début d'explication", ajoute le père de la victime. 

"Je n'ai pas le souvenir d'un garçon suicidaire"

Pour les parents de Clément Brisse, la thèse du suicide ne tient pas. "Il avait peur de tout, relate son père à l'audience. Une écharde dans le doigt et il aurait fallu l'amputer." Pour lui, son fils n'aurait jamais pu mettre fin à ses jours car il craignait les armes et l'eau. La veille, l'un de ses anciens camarades, venu témoigner lors du procès, tenait le même discours : "on avait les mêmes goûts, on parlait de foot, je n'ai pas le souvenir d'un garçon suicidaire, c'était impossible de l'envisager.

Clément Brisse aurait eu 21 ans cette année. À l'audience, sa famille a énuméré tout ce qu'il n'a malheureusement eu le temps de découvrir : la maison de sa sœur, le permis de conduire qu'il aurait dû passer. "Tout le monde dit qu'il était peureux, a souligné sa sœur à l'audience. Mais il continuait à aller au lycée malgré le harcèlement. Il ne disait rien à personne, il était courageux à sa façon.

Le principal accusé nie toujours les faits malgré des traces de sang de la victime découvertes sur ses chaussures. Par ailleurs, d’après des témoignages et la vidéosurveillance, il est le dernier à avoir vu Clément Brisse vivant.

Le procès se tient à Amiens jusqu'à vendredi 19 novembre. 

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