Meurtre de Noémie Feuilloy : la préméditation au cœur des débats du procès

En ce deuxième jour du procès en assises qui se déroule à Amiens de Diego Monvoisin, les débats tournent autour de la possibilité de préméditation du meurtre de Noémie Feuilloy.
2ème journée du procès de Diego Monvoisin aux assises d'Amiens pour le meurtre de Noémie Feuilloy.
2ème journée du procès de Diego Monvoisin aux assises d'Amiens pour le meurtre de Noémie Feuilloy. © FTV/Mathieu Maillet
Depuis ce lundi devant les Assises de la Somme et jusqu'à mercredi, Diego Monvoisin comparaît pour le crime de son ex-concubine Noémie Feuilloy, tuée le 13 novembre 2017. Une épreuve pour les proches de la victime qui ont vu les photos du corps et écouter le récit du calvaire de la jeune fille. "Je prends ça pour de la barbarie", nous dit son père. "Plusieurs coups de cutter... Il l'a fait souffrir, et il l'a achevée."
 

La préméditation au coeur des débats


Mais la question centrale de cette journée réside dans la préméditation du geste. Pour l'avocate de la partie civile maître Annick Darras, ça ne fait pas de doute. "Il apparaît dans la déposition de l'expert de ce matin qu'il l'a agressée une première fois en la blessant très sérieusement en bas du chemin. Elle a pu se redresser, partir en courant sur ce chemin très très pentu et très très caillouteux. Elle tombe, et là, il l'agresse une deuxième fois et elle meurt. Il faut grimper ce chemin. C'est quand même assez long. Il a le temps de voir qu'il l'a blessée très sérieusement, il peut s'arrêter à ce moment là."

L'avocate générale, elle aussi, appuie cette théorie. Un message laissé sur le répondeur de la soeur de la victime, où l'on entend l'accusé dire sèchement à la jeune femme d'avancer dans la direction qu'il lui indique, constitue pour elle un élément à charge. Elle estime qu'il aurait bien choisi l'endroit le plus escarpé et le plus sombre pour agir, et évoque même la possibilité d'une tentative de viol sous la menace du cutter.
 


Un accusé jaloux et violent


Au moment des faits, le meurtrier présumé avait interdiction d'approcher la victime pour des faits de violence. Elle avait porté plainte deux mois plus tôt, car il l'aurait obligé à avoir des relations sexuelles sous la menace d'un taser. La journée s'est conclue sur l'examen de personnalité de la victime. Les experts psychiatres parlent d'un homme jaloux, obsessionnel, qui ne supporte pas que sa compagne lui échappe. 

Le verdict est attendu mercredi.
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