Coronavirus : la Maison pour Tous d'Abbeville imprime en 3D des visières de protection pour les soignants

Confinés chez eux, les "Makers" de la Maison pour Tous d'Abbeville, s'organisent pour imprimer en 3D des visières de protection pour le personnel soignant. Déposées au centre médical dédié au Covid-19, elles sont redistribuées par un laboratoire de biologie.

Quentin Goetgheluck, biologiste et président des laboratoires Biopath Hauts-de-France sud, se charge de la distribution des visières de protection imprimées par les makers de la Maison pour Tous d'Abbeville.
Quentin Goetgheluck, biologiste et président des laboratoires Biopath Hauts-de-France sud, se charge de la distribution des visières de protection imprimées par les makers de la Maison pour Tous d'Abbeville. © Olivier Dupré/MPT d'Abbeville
Aider le personnel soignant, c'est devenu la priorité des "Makers" de la Maison pour Tous d'Abbeville.
 

Un Maker en picard, c'est un "faiseux", un bricoleur connecté. Son premier objet est souvent l'imprimante 3D mais il peut aussi posséder une découpeuse laser ou encore un scanner 3D.

Dans sa fabrique numérique, la MPT d'Abbeville met à disposition certains de ces outils pour animer ses ateliers.

Dès la fermeture des bureaux, chacun s'est penché sur la question et c'est avec les imprimantes 3D qu'ils ont trouvé la solution : fabriquer des visières de protection.

Les critères de choix du modèle se sont portés sur la facilité de fabrication, l'utilisation et le nettoyage. 

Mis au point en quelques jours, le prototype a été testé puis validé par des professionnels. Dès vendredi, la fabrication a pu démarrer. 
"Les tests ont été concluants. On a lancé la fabrication et mis un post sur Facebook et on a été submergé par les demandes" raconte Olivier Dupré, chargé du développement associatif.  Aujourd'hui, les imprimantes 3D tournent à plein régime. 
"Au début, on était trois makers. Chacun a imprimé dans son coin pour voir si ça marchait et la chaîne s'est mise en place. Aujourd'hui on est 7 à 8. Chacun en fait 2 par jour en plus de son propre travail". 

Les quinze premières visières ont été déposées dimanche 29 mars au centre d'accueil médical dédié au Covid-19, qui a ouvert jeudi 26 mars à la salle des fêtes d'Abbeville.
"Entre midi et deux, je fais le tour des Makers et récolte les masques pour les déposer au laboratoire à côté du centre de dépistage pour éviter les contacts directs. Une seule personne fait la tournée, une seule personne distribue".

Ces visières de protection serviront au personnel soignant de Picardie maritime, lors des examens des malades atteints du coronavirus. Elles se nettoient et se désinfectent facilement.
 

"On a suffisamment de stocks pour produire"


Après avoir fait le tour des différents Makers du territoire, Olivier Dupré a récupéré 75 masques pour la première récolte.

D'ici mercredi, 40 visières sortiront des imprimantes. L'objectif est d'en atteindre 200 d'ici la fin de la semaine. 
"Pour l'instant, les makers utilisent leur propre réserve de plastique. Certains commandent sur internet. Le délai est d'environ 2 semaines. Il n'y a pas de pénurie mais ça prend du temps. Un masque pèse 20g. Les bobines de plastique font 1 kg. Avec la perte, on peut en faire entre 250 à 300 par bobine". 

Il faut compter entre deux et trois heures pour imprimer une visière.

C'est un don de temps pour les Makers.

"Il faut essayer de ne pas trop taper dans les finances des makers. Ils fournissent la visière et le temps. Il ne faut pas qu'ils achètent la visière". 
Une bobine revient à une vingtaine d'euros. C'est l'élastique qui coûte le plus cher. 
 

Appel aux contributeurs


Amateurs ou professionnels, toutes les personnes possédant une imprimante 3D sont les bienvenues dans le réseau. 

"J'ai un ado qui en a produit 19 sur le week-end. Il va en remettre aux pompiers d'Ault. Il y a une dame qui a acheté une imprimante 3D à noël, elle en a fait 2. On a des profils très différents".

Les visières sont réservées prioritairement aux besoins locaux. 

La Maison pour Tous supporte la partie logistique et l'interaction entre les makers. L'idée est de créer un réseau de Makers. 
"On a reçu des demandes de Caen, de Lyon et du Pas-de-Calais. D'autres groupes de makers se créent et on les réoriente vers le groupe le plus proche".

La MPT centralise la production et les dons de films plastiques.
Contact : programmation@mpt-abbeville.asso.fr
 
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