Un film "made in Picardie" primé à Londres

Le pacte gaulois, produit par l'association de reconstitution Les Ambiani pour vulgariser les connaissances archéologiques, a reçu dimanche 11 octobre le prix de "Best production manager" au festival "Screen Power Film Festival" de Londres.
 

Une centaine de bénévoles ont participé à la production du film "Le pacte gaulois" primé au Screen power film festival à Londres le 11 octobre 2020.
Une centaine de bénévoles ont participé à la production du film "Le pacte gaulois" primé au Screen power film festival à Londres le 11 octobre 2020. © Les Ambiani
Dimanche 11 octobre, le jury du "Screen Power Film Festival" à Londres a décerné le prix de "Best production manager" au film Le pacte gaulois, réalisé par le Lillois Sébastien Duhem. Ce prix récompense autant les décors bâtis et naturels que la musique et les costumes.

L'action du film se déroule en 57 avant Jésus-Christ, alors que les légions de Jules César marchent sur la Gaule. Il raconte comment un jeune noble gaulois en pleine émancipation va plonger dans les entrailles de sa culture à travers un voyage initiatique. Ce voyage le forcera à prendre son destin en main.
 
Les membres de l'association Les Ambiani ont souhaité créer un support pédagogique et attractif pour transmettre et vulgariser les connaissances archéologiques : "on en avait un peu marre des séries qui ne tenaient pas compte de la véracité historique comme les costumes de Vikings, par exemple", raconte Jean-Philippe Heumel, membre de l’association et porteur du projet.

Sébastien Duhem a été approché suite à la diffusion de son dernier film "Quentovic 881" en décembre 2018. Le courant est alors très vite passé avec ce cinéaste professionnel passionné d’histoire médiévale et antique.

Le réalisme à tout prix

Le souci de réalisme a été permanent dès la genèse de la production. Bien que l'histoire soit contée par une voix off en français, l'équipe a souhaité réaliser un film en langue gauloise et collaborer avec des spécialistes pour écrire les paroles des chansons : Jean-Paul Savignac, professeur de lettres classiques et auteur de plusieurs ouvrages sur le gaulois, ainsi que Julian Cuvilliez et Audrey Lecorgne, compositeurs de la bande originale et chercheurs en archéo-musicologie, originaires de Bretagne (et membres du groupe Ar Bard) : "grâce à l’étymologie et quelques objets archéologiques, des chercheurs ont réussi à retrouver des bribes de mots gaulois".

La bande originale a été composée spécialement pour chaque scène avec une lyre gauloise (plus ancien instrument à cordes de France), une lance tintante, un carnyx, des instruments reconstitués pour l'occasion, grâce à l'archéologie expérimentale. Ce travail représente de longs mois de recherche, de composition, d'enregistrement et de réalisation avec une équipe internationale (France, Espagne, Écosse).
 

Un tournage dans l'Aisne et dans la Somme

Une centaine de personnes (dont une soixantaine de figurants), tous bénévoles, ont participé au projet. Le tournage s'est étalé sur cinq jours en août et en septembre 2018 au coeur des Hauts-de-France avec des sites naturels comme le bocage de Thiérache, la vallée de la Somme, la forêt de saint Michel-Hirson, les marais de la Souche et les sites muséographiques de Samara  près d'Amiens et le Musée des temps barbares à Marle (Aisne).
 

Les Ambiani est une association créée en 1997. Composée d’archéologues professionnels et de passionnés d’histoire, elle s’attache à reproduire le mode de vie et les techniques des Gaulois du Ier siècle avant Jésus-Christ. Le soin porté aux costumes, aux décors a été méticuleux. Jean-Philippe Heumel admet toutefois quelques rares entorses : "A part quelques détails au niveau du harnachement des chevaux, on a fait attention à tous les objets. On a été très rigoureux, mais pour les yeux avertis, ils trouveront quelques détails qui ne sont pas justes historiquement".

En tournée dans les écoles

Le pacte gaulois sera présenté gratuitement dans les musées d'histoire gauloise et antique. Depuis quelques jours, les membres de l'association ont commencé une tournée dans les écoles. "Nous avons pas mal de demandes d’enseignants des Hauts-de-France pour des scolaires, mais aussi des collégiens et des lycéens latinistes". Des étudiants en histoire et en archéologie ont aussi demandé à projeter le film à l’université. "Nous réflechissons même à une sorte de package film + débat + concert d'Ar Bard", précise Jean-Philippe Heumel.

La réussite de ce premier projet en appelle déjà d'autres : "Un nouveau film est dans les tuyaux. Le pacte gaulois a été un starter. Des réalisateurs passionnés d'histoire gauloise nous ont déjà contactés pour des séries ou des longs-métrages".


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
histoire culture cinéma