De Péronne à Agadir, père et fille se lancent dans l'aventure du raid 205 Trophée : "j'en rêve depuis que je suis petit"

Originaire de Péronne dans la Somme, le duo père-fille Christophe et Charlotte Ancelot souhaiterait participer au 205 Trophée, un raid humanitaire au Maroc. Ils espèrent réunir les fonds nécessaires pour se joindre à cette aventure. Un rêve pour le papa, passionné de voitures Peugeot depuis petit.

Christophe et sa fille Charlotte Ancelot devant la voiture qu'ils préparent pour le 205 Trophée 2022
Christophe et sa fille Charlotte Ancelot devant la voiture qu'ils préparent pour le 205 Trophée 2022 © Charlotte Ancelot

L'idée trotte depuis plusieurs années... Dès que Charlotte a posé, pour la première fois, les mains sur un volant. "On voulait se lancer quand elle était en conduite accompagnée, mais pour rejoindre le Maroc, il fallait passer par l'Espagne, et ce n'était pas possible pour elle de conduire là-bas", explique son père, Christophe Ancelot.

Alors le duo père-fille a attendu qu'une opportunité se présente. L'an dernier, une 205 est à vendre pour pièces. Christophe l'achète et se dit que ce serait peut-être le bon moment. "On s'est dit : c'est bon allez, on se lance."

"À la maison, il y a toujours eu des 205"

Le 205 Trophée, c'est un peu comme le 4L Trophy : un raid automobile à visée humanitaire au Maroc. Mais à la place des 4L, évidemment ce sont des 205 qui prennent le départ. En prime, ici, tout le monde peut y participer, et pas seulement des étudiants, à condition d'être âgé de plus de 16 ans. 

L'opportunité rêvée pour Christophe. Cet habitant de Péronne dans la Somme, électricien de métier, est tombé dans la "potion magique Peugeot" quand il était petit. "Mon père travaillait dans un garage Peugeot, raconte-t-il. J'avais 12 ans quand la 205 est sortie et il m'a amené la voir avant qu'elle ne soit dévoilée au public. C'est la voiture de mon enfance. J'en ai toujours conduit. À la maison, il y a toujours eu des 205."

Le duo père-fille s'inscrit donc à l'édition 2022, même si une 14e édition est prévue en octobre 2021. Au moins concernant la crise sanitaire, "pour nous, il n'y aura pas de souci." Et puis pour Charlotte, étudiante en médecine, c'est plus pratique. "Je suis en 2e année, je vais passer en 3e. C'est ma dernière année avant l'externat, donc plus c'est gérable", confie-t-elle. 

Habituellement, 205 équipages prennent le départ du rallye. Mais cette année, c'est un peu particulier. "Le raid a été annulé en 2020 à cause du Covid, alors la moitié des équipes qui devaient partir part au mois d'octobre et l'autre avec nous au mois de mai 2022", explique Christophe. 

Un périple de près de 10000 kilomètres

Si tout va bien, Christophe et Charlotte partiront de Péronne le 30 avril 2022 pour rejoindre Bidart, au Pays-Basque. Ils traverseront ensuite toute l'Espagne. "Le 1er mai, on doit être là à 22h sur le port pour prendre le bateau, on a ensuite 7 heures de traversée pour arriver à Nador au Maroc", détaille Christophe. Une fois sur place, le raid peut alors commencer. Pour le moment, le parcours est gardé secret jusqu'à Agadir. "Ce n'est pas une course, précise-t-il. L'objectif c'est que tout le monde parte et revienne. En général, il y a toujours beaucoup d'entraide entre les équipages. On est un peu tous dans la même galère."

L'objectif est aussi humanitaire, les équipages devront se rendre dans plusieurs écoles afin de distribuer des fournitures scolaires : 40 kilos à prendre en compte dans le chargement de la voiture. Une donnée non-négligeable, au vu du matériel à prévoir. Christophe et Charlotte ont un cahier des charges à respecter. Il va falloir rouler dans le sable et la voiture doit tenir le choc pour effectuer les 10000 kilomètres prévus au total. 

La voiture doit être bien préparée

Dès aujourd'hui, l'important est de bien préparer le véhicule. "Il faut compter un an de préparation", affirme Charlotte. La voiture doit être, avant tout, bien révisée. "Il y aura un pré-contrôle en octobre qui sera fait dans des garages partenaires. Comme ça, ça nous laisse un peu de temps pour corriger au besoin. Ensuite, il y aura un dernier contrôle en avril juste avant le départ."

La 205 au look "US Army", rachetée il y a un an en vu du raid.
La 205 au look "US Army", rachetée il y a un an en vu du raid. © Charlotte Ancelot

En plus des pièces de rechange, l'équipe doit prévoir notamment deux roues de secours, deux jerricanes sur le toit, un extincteur, une tente et des duvets pour pouvoir camper. "Tous les soirs, c'est bivouac avec les autres équipes, indique Christophe. L'organisation s'occupe du repas. Pour le reste, on se débrouille. On aura notamment deux nuits en totale autonomie."

Pas de quoi pour autant inquiéter le père et la fille. "C'est l'aventure !", lance Charlotte. Christophe, lui, se rassure : "On a des GPS, une balise Argos dans la voiture, une assistance mécanique si besoin, une aide médicale... On n'est pas lâchés tous seuls. On sera toujours en relation radio avec les autres équipages ou l'organisation."

5000 euros à trouver

Reste désormais à recueillir les fonds nécessaires pour pouvoir partir : 5000 euros au total. "Il faut compter l'inscription qui est quand même de 3000 euros, les frais de route à notre charge, du liquide pour nous là-bas, la préparation de la voiture, le matériel...", détaille Christophe. 

Le père et la fille ont mis en ligne une cagnotte et vont désormais rechercher des sponsors. "On les collera sur la voiture et on mettra les noms de ceux qui nous ont aidés via la cagnotte, indiquent-ils. Et si jamais on n'arrive pas jusqu'au bout, on s'engage à rembourser tout le monde."

Le duo espère tout de même mener à bien ce projet qui lui tient à cœur. "C'est une expérience que l'on ne vivra qu'une seule fois, ce sera forcément enrichissant, confie Charlotte. Et puis on aimerait partager cette aventure avec les personnes qui nous ont soutenus. On compte donc filmer et raconter comment cela se passe sur notre page Facebook."

"On va en prendre plein les yeux, c'est sûr ! ajoute Christophe. J'en rêve depuis que je suis petit. Cela va me rappeler quand je regardais le Paris-Dakar avec mon père. Il serait là, il serait vraiment fier de nous."

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