TEMOIGNAGE Octobre rose. “Quand on se retrouve seule devant la glace, sans cheveux..” : elle raconte son cancer

Jo Guilmain / © FRANCE 3
Jo Guilmain / © FRANCE 3

Une Nordiste témoigne de ce qu'elle a vécu au moment de son cancer du sein, il y a une dizaine d'années. 

Par F.Mabille / JM.Vaco

Jo Guilmain a été soignée à l'âge de 40 ans pour un cancer du sein. Plus de 10 années après, c'est une femme debout, qui sourit à la vie. Elle a couru le marathon de New York et créé son association pour financer l'achat de perruques pour les femmes malades qui ne peuvent se l'offrir.

En ce mois d'"octobre rose", elle a accepté de témoigner. Pour donner de la force atteinte les femmes atteintes de la maladie. "Finalement, ce que j'ai vécu, je ne sais pas si c'est une chance mais je devais le vivre. Je crois qu'il fallait que je le vive", affirme-t-elle aujourd'hui avec le recul. 
 
TEMOIGNAGE. Octobre rose : Jo Guilmain, la vie après le cancer

Elle se souvient pourtant du coup de massue dans sa vie, de l'annonce de la maladie : "J'étais maman en train de créer une entreprise et à ce moment-là, j'avais l'impression de nager dans une belle eau bleu turquoise et que rien ne pouvait m'arriver. Je me sentais invincible en fait... Et puis finalement à ce moment-là, j'ai eu vraiment le sentiment qu'on me happait par les pieds. Je coulais, je ne pouvais plus respirer et j'ai eu le sentiment ensuite que toute la partie médicale qui est arrivée, ça a été les petites bouées qui m'ont permis de nager et de d'essayer de traverser l'océan super compliqué des traitements et de la maladie. Quand on se retrouve seule devant la glace, sans cheveux, avec un sein en moins, c'est juste violent. Mais voilà... Quand on vous dit : "C'est votre sein ou votre vie, y'a pas le choix... C'est le sein."

En 2014, en fin de traitement, Jo Guilmain a décidé de courir le marathon de ses rêves : "Ce marathon de  New-York, c'est le marathon mythique et voilà, je tombe malade en décembre 2008. Je n'ai pas pu y aller. Ça a été ce qui m'a tenu en énergie pendant les traitements en me disant : "Tu ne peux pas sombrer, tu as un marathon à faire." Je ne savais pas quand mais il fallait faire, ce marathon ! Je l'ai fait en novembre 2014, dernier jour du traitement d'hormonothérapie. Donc c'était assez symbolique et c'était juste magique parce qu'en fait c'était le sentiment de laisser un sac à dos de mauvais souvenirs sur la ligne d'arrivée. J'ai eu du mal à y arriver à cette ligne mais j'ai franchi la ligne. Et voilà ça a été ça, ce sentiment de dire : "Allez, tout ce qui m'est arrivé de négatif, je le laisse là maintenant. J'ai atteint ce rêve de vie". Moi j'ai envie de dire : "Faites du sport parce que je pense que le sport m'a sauvé mais j'ai envie de transmettre cette énergie positive : de vraiment dire : "Ça va aller, c'est vraiment ça que j'ai envie de transmettre aujourd'hui..." 
 

Le cancer du sein en quelques chiffres

Le cancer du sein est le 1er cancer chez la femme, devant les cancers du côlon-rectum et du poumon. Une femme sur 8 est atteinte de ce cancer, une fois dans sa vie. En 2018, 12 000 femmes sont mortes des suites de cette longue maladie en France. Deux tiers des cancers du sein se développent chez les femmes de plus de 50 ans.

La mortalité diminue fortement depuis quelques années : le "taux de survie" est désormais de 87%. 

Depuis 2004, un programme de dépistage gratuit et généralisé pour toutes les femmes de 50 à 70 ans a été mis en place. 

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