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Une Béthunoise qui a vécu 3 ans sous l'emprise de Daesh témoigne

Une Béthunoise de 29 ans qui a vécu 3 ans sous l'emprise de Daesh témoigne. Elle a été condamnée lundi à un an de prison dont 8 mois avec sursis. Sa dépression, son endoctrinement, ses appels au djihad... Aujourd'hui, elle raconte. Un entretien réalisé par Marie Jolly et Dominique Dumont.

Par France 3 Nord Pas-de-Calais web

Embrigadée sur les réseaux sociaux

"Elle avait 26 ans quand elle a commencé à basculer", explique son avocat. Sonia (prénom modifiée), la Béthunoise qui a accepté de témoigner devant la caméra de France 3 Nord Pas-de-Calais est une "personne fragilisée" par un viol puis la perte de son emploi. Deux déclencheurs "de sa fuite en avant vers l'islam radical". La jeune femme se renferme sur elle-même, se convertit à l'islam dit "authentique" (terme utilisé par les salafistes jihadistes) en 2014 et est approchée par des contacts en Syrie via Facebook. 

"C'était devenu comme une addiction en fait, raconte-t-elle. Je n'arrivais pas à m'arrêter d'aller sur les réseaux sociaux. Et surtout à parler avec la personne qui m'a convertie. c'est lui qui me guidait en fait. Comme j'étais à la base suivie par un psychiatre, ne prends pas des médicaments. Tu dois prendre la médecine prophétique.. Je voyais le psychiatre mais quand il me disait de prendre un traitement, je ne le prenais pas. "

Elle relaie des messages terroristes

Sonia est sous l'emprise. Prête à faire tout ce qu'on lui dit. Elle relaie des messages de haine du groupe Etat islamique et fait l'apologie des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly sur les réseaux sociaux, notamment son profil Facebook sous pseudonyme. Les perquisitions à son domicile révèleront aussi son activisme pro-jihad sur internet. "Cette personne ne faisait que diffuser des messages venant de Syrie comme quoi le sang allait couler en France et appelait même à passer à l'acte", a déclaré M. Michel, substitut du procureur de Béthune

Elle dit avoir agi sous la menace. "C'était des contacts de Twitter qui me disaient qu'il fallait que je relaye les messages de l'Etat Islamique sur ma page Facebook pour mes autres contacts. Parce que, si je ne le faisais pas, un châtiment douloureux me serait réservé. Ils disaient que même s'ils étaient en Syrie, ils avaient des contacts en France, qu'ils savaient où j'habitais et que ça ne les dérangerait pas de mettre leurs menaces à exécution." Au fil du temps, les appels à l'action se font plus précis : "Certains m'ont proposé de monter un groupe pour faire exploser une synagogue sur Marseille. Ça, je suis allée le signaler à la police de Béthune. Mais elle n'a pas fait de procès verbal."

Condamnée 

Son profil Facebook a été signalée en juin à la police qui a enquêté. Cette semaine, elle a été condamnée à un an de prison pour apologie du terrorisme après avoir diffusé des appels au jihad et des images des actes barbares du groupe État islamique. Sa peine d'un an de prison, dont quatre mois ferme assortis d'une mise à l'épreuve de trois ans restera aménageable à condition qu'elle porte un bracelet électronique.

Aujourd'hui, elle dit prendre petit à petit conscience de ce qui lui est arrivé : "Je commence à me réveiller un peu des 1100 jours durant lesquelles j'ai été endoctrinée mais ça va être long parce qu'n ne peut sortir d'une emprise du jour au lendemain. " Si elle a accepté de témoigner, c'est pour prévenir d'éventuelles victimes potentielles : "Avec le recul, je me suis bien fait avoir. Je témoigne pour que d'autres prennent conscience qu'il y a beaucoup de faux imams sur Internet. ils te racontent n'importe quoi, en fait."

Suivie par le Centre national d'accompagnement familial et de formation face à l'emprise sectaire (ex-ADFI devenu CAFFES), la jeune femme, doit justifier d'une "recherche active d'emploi".

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