Malgré le scandale des plats cuisinés à la viande de cheval qui a éclaté voici près d'un mois, les boucheries chevalines voient leurs ventes augmenter de 15%.
Si les consommateurs se détournent des plats cuisinés surgelés à base de viande dont les ventes ont chuté de près de 30% en France, ils semblent redécouvrir la viande de cheval.
Les bouchers chevalins voient leurs ventes augmenter de 15% en effet depuis un mois.
Seuls 12% des ménages consomment de la viande de cheval en France à raison de 300 grammes par habitant et par an, contre 25,4 kg de viande de boeuf et de veau consommés par et par habitant.
La Basse-Normandie ne compte que 7 bouchers chevalins, 5 dans le Calvados, 1 dans la Manche et 1 dans l'Orne.
On a perdu l'habitude de manger du cheval au fil du temps et ceux qui en consomment aujourd'hui sont souvent des personnes âgées qui en mangeaient lorsqu'elles étaient enfants.
Les médecins du début du 20ème siècle la prescrivaient en effet aux patients souffrant d'anémiecar cette viande, peu grasse, est très riche en fer et en vitamines.
Elle est aussi plus fragile et plus sensible et peut développer plus rapidement des bactéries que le boeuf. Il est donc préférable de la consommer rapidement.
La viande de cheval qui reprend du poil de la bête, voilà une conséquence inattendue de la crise des plats surgelés sensés être à la viande de boeuf. L'opportunité peut-être de relancer une filière.
Rappelons en effet que si la France a conservé ses races de chevaux de trait malgré la mécanisation de l'agriculture, c'est grâce à la boucherie !
Reportage sur le marché de Coureseulles-sur-Mer, Pauline Latrouitte et Cyril Duponchel