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Avec "Wiener-Dog", la critique du système américain se poursuit au festival du film de Deauville

La critique du système américain s'est poursuivie dimanche au festival du cinéma américain de Deauville avec le film en compétition "Wiener-Dog" ("Le teckel) et l'hommage rendu, malgré son absence, à Michael Moore, avec la projection de son nouveau documentaire "Where to invade next?"
Après les coups de boutoir assénés à l'american way of life samedi par le film de Matt Ross "Captain Fantastic", sur fond d'éducation parentale, le travail de sape a continué avec l'humour grinçant du nouveau film, également en compétition, de Todd Solondz, 56 ans, déjà prix du jury à Deauville en 1995 pour "Bienvenue dans l'âge ingrat".

Une chienne innocente

"Le teckel" est une chienne innocente et courte sur pattes qui va passer, bien malgré elle, de familles en familles, toutes très différentes, mais avec le point commun de ne pas lui accorder le coussin douillet qu'elle mériterait.

Elle va connaître sa première expérience traumatisante dans une famille riche qui ira la chercher au refuge pour tenir compagnie à un petit garçon.

Mais si l'enfant est son complice, les parents ne vont pas supporter longtemps le peu d'aptitude au dressage et les occasionnels problèmes intestinaux de l'animal qui fera plusieurs visites chez le vétérinaire, notamment pour une stérilisation puis pour une euthanasie.

Heureusement la chienne va être sauvée par une employée et poursuivre son périple de foyer en foyer.

Des comédies tristes

Todd Solondz, qui a sept long métrages à son actif, dont Happiness en 1998, prix de la critique à Cannes, avait prévenu -en français - avant la projection de sa dernière réalisation : "Tous mes films sont des comédies très tristes, si vous voulez rire c'est ok, sinon, c'est ok aussi".

En fait, on rit beaucoup devant les portraits caricaturaux de ces Américains, égoïstes, qui ont un moment la charge l'animal, banal objet de consommation dont on finit par se débarrasser quand il commence à trop gêner.

Critiques détournées et frontales

Au milieu du film, le réalisateur a placé un interlude dans lequel, à l'aide de trucages, il fait traverser les États-Unis au teckel. En fond sonore, une chanson de musique country, selon laquelle "les pionniers sont arrivés en quête d'une vie meilleure, cherchant un foyer pour se reposer", sous-entendant qu'ils n'ont pas tous réussi.

"Il y a une dimension politique dans ce  film mais ce n'était pas mon intention première, le sujet central étant que nous sommes tous mortels, comme le montre la fragilité de ce chien", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse. 

Si, comme Matt Ross dans "Captain Fantastic", Todd Solondz critique l'Amérique de façon détournée, tel n'est pas le cas de Michael Moore qui avec ses documentaires coup de poing, attaque de façon frontale.

En dépit de son absence, pour raisons familiales, une rétrospective de ses films était attendue en soirée, avec la projection de son nouveau film "Where to invade next".

Dès 1989, caméra au poing, Michael Moore attaque avec "Roger et moi" dans lequel il dénonce des mesures de restructuration du Pdg de General Motors, Roger B. Smith.

En 1997, c'est "The Big One", dans lequel il traite de l'appauvrissement d'une partie de la population américaine. Cinq ans plus tard, il obtient l'Oscar du meilleur documentaire avec "Bowling for Columbine", dénonçant la prolifération des armes à feu.

Son violent réquisitoire contre la politique étrangère de George W Bush après les attentats du 11 septembre 2001, dans "Fahrenheit 9/11", remporte la palme d'or à Cannes en 2004.

Ses critiques sont ensuite dirigées contre le système de santé américain avec Sicko (2007), et contre le système en général avec "Capitalism, a love story".

Le festival de Deauville, qui présente 37 films, dont 14 en compétition, se poursuit jusqu'au 11 septembre.
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