La soirée de vendredi est passée à travers les gouttes. L'orage qui menaçait n'a jamais éclaté. Dans la moiteur du parc de Beauregard, Christine and the Queens et Cypress Hill ont livré des shows impeccables. Le festival se poursuit aujourd'hui, sous le soleil.

C'est la sensation de l'année : Christine and the Queens est probablement l'artiste la plus programmée des festivals de l'été. D'ailleurs, bon nombre de spectateurs étaient d'abord venu pour elle. En témoignait la foule massée devant la scène bien avant l'heure de son concert. Un tel succès pourrait en déconcerter plus d'un : "il m'arrive d'être grisée, ça peut faire peur parfois explique-t-elle. Ça m'arrive aussi d'avoir le syndrome de l'imposture. Quand un projet décolle comme ça, c'est comme être dans une voiture qui roule très vite : il vaut mieux garder les mains sur le volant, et c'est grisant et effrayant à la fois. Ce sont des sentiments contradictoires. Alors je reste dans le travail, dans la scène. Je suis très physiquement investie dans ce succès".

  Une festivalière : "Christine and the Queens, la claque de ma vie !


Le show est rôdé. C'est un petit bout de femme qui tient la scène, magistralement, avec un sens de l'entertainement dont les artistes anglo-saxions ont normalement le monopole. Héloïse (c'est son vrai prénom) chante (juste), elle danse (bien). Quatre danseurs et une formations réduite de musiciens l'accompagnent sur scène (le prochain album sera moins électro : "j'aime quand ça transpire, or les machines ne transpirent pas" confie-t-elle). Le public reprend les chansons en coeur. 




 

Un peu plus tôt, Dominique A avait confirmé ce que tout le monde savait déjà : son dernier album est une pure merveille de poésie et de mélodie. En concert, les chansons ne perdent rien de leur délicatesse. Le chanteur prend aussi plaisir à explorer sont répertoire. Certains titres, comme le courage des oiseaux ont vocation à devenir des classiques. Mais c'est incontestablement Cypress Hill qui a fait la meilleure impression. Les stars du Hip-Hop US ont fait monter la température (comme si cela était nécessaire...), en livrant un show en forme d'upercut : "Cypress Hill, ça claque sa mère !" résume un adepte. Il ne nous semble pas utile de traduire.






Où est le cool ? A Beauregard...


Une fois encore, le parc du château de Beauregard a accueilli une foule bigarrée, de tous âges, de tous milieux. "C'est vraiment comme ça depuis le début dit une habituée. Je ne sais pas pourquoi. Ce n'est pas comme dans d'autres festivals. ici, c'est calme, familial. Il n'y a pas de débordement". En quelques année seulement, Beauregard est devenu "un rituel" pour beaucoup de spectateurs qui cochent la date des mois à l'avance. D'ailleurs, un signe ne trompe pas : beaucoup de pass 3 jours sont vendus au creux de l'hiver, au moment des fêtes de noël, bien avant la publicationde la programmation "On fait confiance dit un habitué. De toutes façons, même quand on ne connaît pas les groupes, il y a toujours des bonnes surprises".

Reportage Pierre-Marie Puaud et Cyril Duponchel: