Athlétisme : Flavie Renouard "encore sur un petit nuage" revient sur son sacre aux championnats d’Europe

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L’athlète de 20 ans licenciée à l’EA Mondeville-Hérouville dans le Calvados et originaire de Caen a décroché l’or en 3000 mètres steeple à Tallinn en Estonie, samedi.

Cinq ans, deux semaines, deux titres. Voici les trois chiffres à retenir d’une ascension fulgurante vers un rêve espéré et un autre qu’elle n’avait même pas eu le temps d’envisager. Cinq ans que Flavie Renouard a commencé l’athlétisme et la voilà en deux semaines auréolée de deux titres : celui de championne de France et de championne d’Europe espoir en 3000 mètres steeple. Samedi 10 juillet, elle a d’ailleurs débloqué le compteur de titre tricolore pour cette édition des championnats d’Europe en Estonie. Rencontre.

Justine Saint-Sevin : Comment vous sentez-vous ce matin ?
Flavie Renouard : Très bien (rires). Je suis encore sur un petit nuage.

J.S-S :  Vous avez un peu fêté votre titre ? En plus, vous remportez ce sacre et un autre licencié du même club, Valentin Gondouin a décroché le bronze (sur 10 000 mètres NDLR), ça doit être particulier.
F.R. : "Oui, on l'a fêté comme il faut. C’est vrai que c’est énorme, on s’en rend pas vraiment compte. C’est quelque chose qui va nous marquer. Arriver sur un tel événement avec quelqu’un qu’on connait, qu’on apprécie, c’est rassurant, encore plus plaisant. C’est une médaille qu’on apprécie encore plus. En plus, il a remporté sa médaille avant moi, donc c’est vrai que ça m’a donné envie de faire pareil, ça motive encore plus."

J.S-S : Et au final vous décrochez l’or, après avoir été quelques jours plus tôt sacrée championne de France, quel enchaînement.
F.R. : "C’est vrai que c’est énorme d’enchaîner ces deux titres, cette année va forcément rester marquée. Je profite à chaque fois du moment présent, je me donne aux entraînements et quand ça fonctionne comme ça tout devient magique. J’ai encore plus envie de me donner et de m’entraîner pour la suite. J’ai fait un bon travail cet hiver qui n’a pas forcément payé, mais au final il paie maintenant, ça montre qu'il faut aussi un peu de patience."

J.S-S : Vous aviez senti cette montée en puissance dernièrement, quelles étaient vos sensations ?
F.R. : "Elles étaient très bonnes. Aux entraînements j’étais super bien assez confiante et c’est forcément une bonne chose d’être confiante même si c’est pas facile pour moi ça aide. Depuis deux mois, je me sentais en super forme, j’étais en train de monter, le timing était parfait pour ces deux championnats. Même si je n’ai pas énormément confiance en moi, je voulais quand même me donner à fond, prendre mes responsabilités pendant la course, jouer bien tactiquement. Les titres font que qu’on a un peu plus confiance, ça m’a forcément aidé."

J.S-S : Le fait d’avoir du monde dans le stade, d’être dans un groupe France ça change quoi ?
F.R. : "Beaucoup. Ça fait du bien de revivre des moments forts comme ça, même s’il n’y avait pas énormément de monde dans les gradins. De pouvoir partager des moments positifs c’est pour ça que je m’entraîne, de partager ça avec mon père qui est mon coach depuis trois ans et l’équipe de France c’était fou. On se soutient tous ensemble, il y a une vraie cohésion d’équipe, on les entendait qui criaient pendant la course, puis on a chanté la Marseillaise. Vraiment, c’est un truc que je n’avais jamais imaginé vivre."

J.S-S : C’est quoi la suite pour vous ?
F.R. : "Des vacances bien méritées. C’est hyper agréable de finir sur de très bonnes choses, je ne pouvais pas finir mieux, je vis vraiment un rêve. Maintenant, je vais rentrer chez moi près de Caen et on va fêter ça tous ensemble."