Caen finaliste de la course pour accueillir le Musée Gandur, exceptionnelle collection d'art d'un milliardaire suisse

Le milliardaire suisse Jean Claude Gandur veut créer un musée, pour y abriter son impressionnante collection d'art. Il y a un an, il a mis en concurrence sept grandes villes françaises. D'après nos informations, Caen se trouve dans les deux finalistes.

L'opération séduction a, semble-t-il, fonctionné. D'après nos informations, Caen serait l'une des deux grandes villes françaises encore en lice (on ne connaît pas l'autre), pour accueillir l'extraordinaire musée du milliardaire suisse Jean Claude Gandur. La capitale bas-normande a vraisemblablement damé le pion à Bordeaux, Strasbourg, Annecy, Fessenheim, Arles... et Rouen, qui était aussi candidate

"Je pense que nous avons une candidature de qualité", s'enorgueillit Joël Bruneau. Le Maire de Caen n'est pas peu fier de l'intérêt porté à sa ville par celui qui a fait fortune dans le pétrole et possède l'une des dix plus belles collections d'art privées du monde, avec des centaines de tableaux de différentes époques, du mobilier d'art et des objets de l'antiquité égyptienne.

Joël Bruneau se félicite de la "mobilisation générale" de tous les acteurs de la ville autour du projet, "qu'ils soient politiques, économiques ou culturels, ils ont compris l'intérêt de l'accueil d'un musée aussi exceptionnel" que celui promis par Jean Claude Gandur. L'édile caennais se déclare d'ailleurs "dans une volonté claire de lui faire une proposition susceptible de l'intéresser".  



L'emplacement rêvé pour développer le musée

Afin de séduire les membres du cabinet mandaté par le milliardaire suisse, Caen a aligné deux atouts majeurs. Le premier, c'est l'emplacement, entre le Mémorial et la colline aux Oiseaux. "C'est un espace de qualité, idéal pour le projet de M. Gandur qui souhaite un espace muséal au milieu d'un grand jardin. En plus de ça, la zone sera prochainement desservie par le tramway". Qui plus est, la proximité de Paris et de l'Angleterre sont des avantages de choix.

Le second, c'est la proximité du Mémorial. "Les passerelles entre les deux musées sont évidentes, renchérit Stéphane Grimaldi, futur ex-directeur de l'établissement caennais. "M. Gandur est venu très souvent au Mémorial, qui plus est, il y a une complicité entre ses équipes et les nôtres puisqu'on a déjà travaillé ensemble sur deux expositions"

La première, La libération de la peinture, lancée début 2020, avait malheureusement été écourtée à cause de la pandémie de Covid-19. Elle comportait soixante-quinze tableaux du collectionneur suisse, montrant l'influence de la Seconde guerre mondiale sur les œuvres abstraites de 1945 à 1962. La deuxième sera installée en juin prochain. Dénommée "Années Pop, années choc", elle portera sur les mouvements contestataires et révolutionnaires entre les années 1960 et 1975. 


"Un pôle culturel absolument inédit, entre l'Histoire et l'Art"

Outre les indubitables affinités artistiques, il y aurait aussi de nombreux avantages économiques et organisationnels à rapprocher les deux musées. "Il y a des possibilités évidentes de mutualisation, et d'économies de fonctionnement, c'est un atout déterminant dans notre candidature", ponctue Joël Bruneau, qui pourrait ajouter à son pédigrée un nouvel équipement international presque tombé du ciel. Car l'agglomération caennaise n'aurait qu'à aménager le terrain qu'elle cède, la construction du musée à proprement parler sera prise en charge par la fondation du collectionneur.

Il est vrai que l'aubaine serait belle pour la cité ducale qui accueillerait l'une des dix collections privées les plus importantes du monde. 3 500 œuvres, dont 850 tableaux et mille deux-cents pièces d’archéologie, en grande partie d'origine égyptienne. "Caen, tout d'un coup, aurait l'un des plus importants musées mêlant beaux art, égyptologie, mobiliers d'art en France, s'enthousiasme Stéphane Grimaldi. À côté du Mémorial, ce serait un pôle culturel absolument inédit, entre l'histoire et l'Art".

Le mystère sur la localisation du musée Gandur prendra fin dans les prochaines semaines. D'ici la fin du printemps, le cabinet mandaté par le richissime collectionneur rendra sa décision et Jean Claude Gandur révélera le nom de la métropole qui accueillera son extraordinaire collection.