Coronavirus et transport : drôle d'ambiance dans le train Paris-Caen

Seuls deux allers-retours sont proposés entre Caen et Paris. / © FTV/ E. Flahaut
Seuls deux allers-retours sont proposés entre Caen et Paris. / © FTV/ E. Flahaut

Depuis jeudi dernier, la SNCF a réduit son trafic au minimum. Moins de 15 % des trains de la région circulent. Il n’y a plus que 2 allers-retours entre Caen, Rouen et Paris, un le matin, un le soir. 
 

Par Emilie Flahaut

Il ne faut pas le louper le train de 6h30. Le prochain voyage pour Caen depuis la capitale est à 18h08. Seulement deux trains quand d’ordinaire il y en a 20.  
 

Sur le quai, les voyageurs sont rares et traînent leur valises en slalomant, en veillant à garder cette bonne distance d’1m 50 qui doit permettre de ne pas contaminer et de ne pas être contaminé par le Covid-19. La plupart d’entre eux portent des masques. 

Voiture 8 du train Nomad 3359, à peine 10 personnes. Et cette même interrogation : faut-il s’asseoir à la place attribuée où faut-il s’écarter le plus les uns des autres ?
Deux minutes avant le départ, dans son message de bienvenue, le contrôleur donnera raison à ceux qui ont bravé ce qui en temps normal nous agace tous, s'asseoir à la place d'un autre voyageur.
 
Les rares trains qui circulent sont peu fréquentés. / © FTV/ E. Flahaut
Les rares trains qui circulent sont peu fréquentés. / © FTV/ E. Flahaut

Le contrôleur le répétera une fois de plus avec moins de courtoisie quand il traversera la rame : « Il y a plein de place dans le train, écartez-vous, deux rangs minimum entre chaque voyageur, c’est quand même pas compliqué ! »

Ceux qui jouent toujours les bons élèves obtempèrent. Personne ne râle, personne ne parle et de toute façon, quasiment tout le monde porte un masque, en tissu ou en papier. 

D’autres portent des gants en plastique bricolés, sortes de mitaine pour pouvoir utiliser son smartphone et faire passer le temps dans ce train où on se dit que le virus peut-être partout, sur l’accoudoir, sur la poubelle, sur la poignée de porte. 

Clara 25 ans, étudiante en doctorat à Paris explique:

Mon père m’a réquisitionnée pour m’occuper de mon petit frère. Il est médecin au Samu à Caen. Il est débordé, il a besoin d’aide.
Clara - étudiante à Paris


Un peu plus loin, Camille, 26 ans revient de vacances en Nouvelle-Zélande. « Là-bas, il y a très peu de cas, c’est complètement différent d’ici."

Je travaille dans l’industrie laitière, je vais faire du télétravail depuis chez moi à Bayeux mais le problème c’est qu’il n’y a pas de train. Alors je vais prendre un taxi, cela va me couter cher.
Camille - salarié de l'industrie laitière


Louise, 24 ans rentre chez ses parents. « Je travaille à Paris dans la grande distribution, au service achats. Je fais du télétravail mais là je ne tiens plus, c'est trop dur,  alors je vais travailler de chez mes parents. En plus ils sont âgés, je pourrai leur faire leurs courses."

J’ai conscience que mon motif de déplacement est limite mais je ne supporte pas de rester seule chez moi. La période est trop angoissante.
Louise - salariée de la grande distribution


A l’arrivée à Caen à 8h50, les voyageurs sont invités à se dépêcher car la gare va fermer. Le train 3359 était le dernier attendu. La gare rouvrira vers 17h et fermera vers 20h30. 

 
En cette période de trafic très réduit, la gare de Caen est ouverte 3h le matin et 3h le soir. / © FTV/ E. Flahaut
En cette période de trafic très réduit, la gare de Caen est ouverte 3h le matin et 3h le soir. / © FTV/ E. Flahaut

Devant le tableau d’affichage, une aide-soignante est dépitée. « J’ai pas de train ! Je travaille dans une maison médicalisée dans l’Orne. Je suis venue à Caen ce week-end pour m’occuper de ma famille. Ma chef de service est furieuse et je me retrouve coincée dehors. La gare ferme, pas de café ouvert… Je ne sais pas comment je vais faire pour patienter jusqu’à ce soir et rentrer chez moi. » 
 

Situation épidémiologique en Normandie (source Agence Régionale de Santé)

Depuis le 19 mars 2020, le Calvados est considéré comme zone à risque (circulation virale importante) vis-à-vis du Covid-19. Depuis le 21 mars, au regard du nombre de cas l’Eure, la Manche et la Seine-Maritime sont également considérées comme zones à risque.

Afin de limiter la propagation du virus, l’ARS rappelle le nécessaire respect des mesures de confinement.

Il est rappelé que le virus ne circule pas dans l’air : la maladie se transmet par les gouttelettes (sécrétions projetées lors d’éternuements ou de la toux). On considère donc qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie. C’est donc pourquoi les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale sont indispensables pour se protéger de la maladie.  

Rappel des gestes barrières pour se protéger :
Se laver les mains très régulièrement.
Tousser ou éternuer dans son coude.
Saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades.
Utiliser des mouchoirs à usage unique.
Pour connaître l’ensemble des informations et recommandations concernant le coronavirus COVID-19, une plateforme téléphonique nationale est accessible gratuitement au 0 800 130 000 et des sites internet officiels sont à disposition : Site du gouvernement , Site du Ministère des solidarités et de la santé , Site de Santé publique France.

 

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