Une étude menée par un chercheur caennais rappelle les vertus de la sieste au cours d'un long trajet en voiture

Pour prévenir la somnolence au volant, la sieste méridienne est bien plus efficace qu’une simple pause. C’est le constat d’une étude réalisée par la fondation Vinci autoroutes et pilotée par Damien Davenne, chronobiologiste et professeur à l’université de Caen.
Une étude pilotée par un chercheur caennais confirme l'utilité d'une sieste durant les longs trajets pour prévenir la somnolence
Une étude pilotée par un chercheur caennais confirme l'utilité d'une sieste durant les longs trajets pour prévenir la somnolence © Philippe Turpin / Maxppp
La fondation Vinci Autoroutes publie ce samedi 18 juillet les résultats d’une étude réalisée sur les bénéfices de la sieste lors de longs trajets en voiture. Pilotée par Damien Davenne, chronobiologiste, professeur à l’université de Caen et directeur de l’unité de recherche Comète, elle confirme qu’une courte sieste à la mi-journée est bien plus efficace qu’une simple pause pour prévenir la somnolence. 
 
Menée en laboratoire sur 40 sujets, l’expérimentation débutait le matin par deux heures de conduite sur simulateur. Ensuite, elle se poursuivait par la prise d’un repas puis par une pause pendant laquelle certains dormaient et d’autres non. Les sujets reprenaient ensuite la conduite sur simulateur pour 2 heures.

Durant l’expérimentation, plusieurs outils de mesure enregistraient les variables cognitives (somnolence, fatigue et anxiété) et les variables physiologiques. Le comportement de conduite était quant à lui mesuré par le simulateur. Ces analyses ont permis de mettre en lumière d’importantes différences entre les conducteurs qui avaient dormi et ceux qui étaient restés éveillés.
 

La somnolence, première cause de mortalité sur l'autoroute

Un petit somme pendant la pause méridienne permet entre autres d’augmenter significativement la vigilance du conducteur (+ 21 % après une heure de conduite) mais aussi de diminuer sa somnolence (-39 % après une heure). Des bénéfices qui ne sont pas sans importance puisque, d’après un rapport de l’Association des Sociétés Françaises d'Autoroute (ASFA) paru en mai dernier, la fatigue et la somnolence sont les deux premières causes des accidents mortels en France sur l’autoroute (23 %). "La somnolence entraîne des périodes de "micro-sommeils" (de 1 à 4 secondes) pouvant être extrêmement dangereuses pour la sécurité de tous", rappelle la sécurité routière sur son site internet.

Cette somnolence en partie liée à la "dette de sommeil" des conducteurs d'après la sécurité routière. En effet, le temps de sommeil des Français tend à se raccourcir : plus d’un tiers dorment moins de 6 heures par nuit alors que les besoins de sommeil se situent davantage entre 7 à 8 heures.

D'autre part, l'étude réalisée par la fondation Vinci autoroutes révèle que, si le conducteur n’a pas fait de sieste méridienne, sa fatigue s’accumule dès la reprise de la conduite. Après 20 minutes, ce niveau de fatigue est même être supérieur à ce qu’il était après deux heures de conduite le matin. En outre, même après deux heures de conduite, le niveau de fatigue du conducteur qui a dormi après son déjeuner, reste inférieur à celui enregistré après les deux heures de conduite du matin.
 

L'arrêt après deux heures de conduite "totalement justifié"

Les chercheurs constatent que les conducteurs ont nettement plus tendance à dévier quand ils ont effectué une simple pause en milieu de journée que quand ils ont fait une sieste : + 21% sur l’ensemble des 2 heures de conduite et jusqu'à +80 % entre la 40e et 50e  minute. De même, les risques de franchissement latéraux sont multipliés par deux en début d’après-midi lorsque le conducteur a fait une pause sans sieste. Des comportements qui augmentent le risque d'accident. 
 

En début d’après-midi entre 13h30 et 14h30, juste après une pause méridienne sans sieste, le risque d’accident est considérablement augmenté

Fondation Vinci autoroutes



Quoi qu’il en soit, l’étude confirme quand même les bénéfices d’une pause, avec ou sans sieste : "Quel que soit le type de pause, sieste dans un lit, sieste sur le siège de sa voiture ou pas de sieste, la fatigue enregistrée après la pause est 25 % moins importante que celle enregistrée avant. L'arrêt après 2 heures de conduite, recommandé par les experts, est donc totalement justifié."

Conclusion : faire une pause c’est bien mais faire une sieste c’est mieux. En cas de doute avant de prendre le volant, vous pouvez télécharger l’application "Roulez éveillés", qui vous permettra de tester votre niveau d’éveil et de bénéficier de conseils pour détecter les signes de somnolence.
 
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