En 2024, les CRS pourraient déserter les plages normandes pour assurer la sécurité des JO

L'organisation des JO 2024 se précise. Le ministre de l'Intérieur a récemment fait savoir que cet été là, "l'Etat procèdera à la mobilisation des forces mobiles disponibles". Pour les stations balnéaires, cela signifie l'absence de renfort CRS. Dans le Calvados, les maires de la Côte Fleurie s'inquiètent de la gestion de la sécurité au moment du pic touristique.

 "Il faudrait qu'ils comprennent qu'à Houlgate, c'est les JO tous les étés !" s'exclame Olivier Colin, maire de cette ville de la Côte Fleurie, particulièrement prisée des touristes pendant la période estivale. Ici, entre juin et septembre, la population passe de 1850 habitants à près de 15 000 voire 20 000 habitants certaines années. "Les CRS c'est une garantie de sécurité et surtout de sérénité. Quand les gens voient les CRS marcher le long de la promenade Roland Garros, ça calme les esprits. D'autant qu'ils sont basés près du lycée Jean Jooris, à Dive-sur-Mer. Ils longent tout le littoral, en passant par les départementales, c'est une présence tranquillisante pour tout le monde." Sauf qu'il n'y a pas suffisamment de CRS pour le littoral , et pour les Jeux Olympiques 2024. 

Le ministre de l'intérieur a récemment fait savoir que l'Etat se réservait le droit de mobiliser, en temps voulu, les forces de l'ordre présentes dans ces communes pour assurer la sécurité de l'évènement sportif. Sur la plage de Houlgate, chaque été, depuis dix ans, trois CRS se joignent au aux huit sauveteurs de la SNSM pour veiller sur les vacanciers. "Ici, la marée montante est particulièrement dangereuse. Il y a un grand banc de sable sur lequel vont les promeneurs; si on ne fait pas attention on peut se retrouver dans l'eau et ne plus avoir pied en moins de vingt minutes" assure le maire de la ville. La surveillance des CRS est une nécessité.  

Lettres d'avertissements à Elisabeth Borne

"J'ai adressé aujourd'hui une lettre à la Première Ministre Elisabeth Borne. Elle était ici au mois de juillet. Dans ce courrier, j'attire son attention sur l'importance des forces de sécurité dans les périodes de pic touristique". Pour l'heure Olivier Collin reste confiant. "J'ai appris au cours de ma carrière, que ça ne sert à rien de paniquer avant l'heure. La saison 2023 devrait très bien se passer, pour 2024, nous avons le temps d'en discuter" conclut-il. 

 Le maire de Cabourg, Tristan Duval, est plus sceptique. Lui aussi a adressé un courrier à Elisabeth Borne, dès le mois de juillet. Un courrier "volontairement ironique mais surtout désabusé" selon les mots du maire, apposés aux côtés de sa signature. Car, à Cabourg, les plages sont privées de CRS depuis déjà cinq ans. Tristan Duval a donc choisi l'anaphore du "comme d'habitude" pour énumérer ses doléances et dénoncer une hypocrisie qui dure depuis trop longtemps.

 "Comme d'habitude, on travestit la vérité qui depuis plus de 15 ans qui consiste à diminuer le nombre d'agents de police présents pendant l'été sur nos communes alors que nous multiplions par plus de 10 nos populations.

Comme d'habitude les forces de l'ordre arrivent vers le 10 juillet pour repartir petit à petit dans différents évènements à travers la France.

Comme d'habitude, on nous promet un renfort pour la saison prochaine qui ne viendra jamais.

Comme d'habitude les CRS chargés de la surveillance des plages disparaissent peu à peu malgré les engagements. 

[...

Comme d'habitude, on nous raconte que tout va bien alors que les incivilités augmentent et que les problèmes de sécurité s'accentuent."

 Et de conclure sa missive "Comme d'habitude, votre successeur reviendra à Houlgate avec le même protocole copier-coller d'un Premier ministre à l'autre". 

L'impact "psychologique" du CRS

La liste est encore longue. Tristan Duval se sent impuissant face à ce vide sécuritaire. "On doit renforcer avec la police municipale. Les conséquences de ce manque de CRS sont bénignes aujourd'hui car Cabourg est une ville calme, mais le jour où il se passera quelque chose, il n'y aura personne" prévient-il. L'uniforme des CRS a selon lui un impact psychologique. Un effet dissuasif qui évite à la police municipale de gérer les incivilités qui prennent potentiellement du temps sur d'autres missions. 

Si pour l'instant, chacun des deux maires tente d'agir à l'échelle de sa commune, l'un comme l'autre, se disent prêts à prendre part à une action de l'Association des Maires de France, le moment venu. 

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