EN IMAGES. Très forte mobilisation pour les manifestations contre la réforme des retraites en Normandie

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Écrit par Boris Letondeur .

Des dizaines de milliers de manifestants ont battu le pavé ce jeudi 19 janvier en Normandie pour dénoncer la réforme des retraites d'Emmanuel Macron. A Caen, Rouen et Le Havre, on n'avait pas vu pareille mobilisation depuis longtemps.

Des syndicats unis dans la lutte, des travailleurs remontés, des retraités ulcérés et des étudiants inquiets et révoltés : le cocktail promettait de détoner dans les rues des principales villes de la région, et ça n'a pas manqué. A Caen, entre 17 600 et 25 000 manifestants ont défilé ce jeudi matin.

Au même moment, ils étaient 13 000 à Rouen selon la police, entre 20 000 et 30 000 selon les syndicats. Au Havre, 11 000 manifestants ont déambulé dans les rues selon la Préfecture, 30 000 selon les organisations syndicales. A noter qu'aucun incident n'a été répertorié en Normandie, contrairement à ce qui s'est produit à Rennes en fin de cortège



Le récapitulatif des manifestations des autres villes en Normandie : Cherbourg : 11 000, Evreux : entre 8 000 et 12 000,  Saint-Lô : 3 500, Alençon : 3 000, Flers : 2 600, Argentan : 2 000, Lisieux : 1 700, Avranches : 1 500, Granville : 1 500 et Coutances : 1 500, Lillebonne : 1 200, Fécamp : 700. 



Zoom sur les pancartes des manifestants contre la réforme des retraites

Zoom sur les pancartes des manifestants mobilisés contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron à Caen et à Rouen. ©France Télévisions

Témoignages

Reportage dans le cortège caennais de la manifestation contre la réforme des retraites le jeudi 19 janvier 2023. ©France Télévisions

A Rouen, Françoise, retraitée, défile pour les générations future. "Je suis retraitée et j’ai cette chance. Je viens manifester pour mes enfants, pour les jeunes générations, pour qu’ils ne subissent pas cette réforme. Je ne les vois pas travailler jusqu’à 67 ans !" 

Non loin d'elle, Sébastien Ruhlmann, professeur en collège SEGPA est venu manifester avec son fils sur les épaules. "On est venu en famille parce que c’est une réforme qui touche toutes les générations. Je suis professeur des écoles, je ne compte pas travailler jusqu’à 64 ans dans une classe. On est pas serein pour nos enfants. Pour ceux qui ont fait de longues études, 43 ans de cotisations, si on fait le calcul, on arrive à un âge qui ne sera pas supportable. Je pense qu’on peut financer les retraites autrement, il y a les moyens".

Le corps enseignant est évidemment présent en nombre dans les cortèges de la région. A Caen, Stéphanie met l'accent sur le fait que les études longues sont une contrainte lourde au moment de calculer son âge de départ en retraite. "Avec nos études, on n'a pas commencé à travailler très tôt, donc si on calcule, ça nous fait partir tard, très tard. Je pense que je devrai aller au-delà de 44 ans de cotisation, et je ne me vois pas faire classe à des primaires à 67 ans". 

A Caen, aux 8 fédérations syndicales professionnelles se sont jointes diverses associations trans-partisanes comme la Fédération Campus Basse-Normandie, et notamment Benjamin. "Cette réforme là, on est bien au courant que ce ne sera pas spécialement la dernière. En tant qu'étudiant, on a notre mot à dire sur plein de points, et ça participe de la solidarité intergénérationnelle que l'on doit avoir". 

D'autres étudiants sont présents pour défendre la prise en compte de leurs années d'études dans le calcul des pensions de retraites. "On étudie pendant trois ans mais on a des stages longs. On travaille, on est sur le terrains et on aimerait que ça compte pour plus tard"

Quant aux leaders syndicaux, ils se félicitent de la forte mobilisation de cette première journée de grève interprofessionnelle. Trois ans après les grands rassemblements de l'hiver 2019-2020 lors de la précédente tentative de réforme d'Emmanuel Macron, ils ont réussi à mobiliser autant, voire davantage de manifestants. 

A partir de cette journée de forte mobilisation, on va pouvoir construire un moment social. On ne reculera pas, on refusera l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal. On compte sur l'ensemble du salariat mais pas uniquement. On attend une mobilisation riche du public et du privé, des retraités et des jeunes.

Allan Bertu, secrétaire syndical CGT 14

La grève peut être reconduite demain dans certains secteurs. Une autre journée de mobilisation est d'ores et déjà prévue, ce sera le 31 janvier. 

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