Pour les migrants à Ouistreham, la survie en attendant le ferry

Des migrants dans le port de Ouistreham
Des migrants dans le port de Ouistreham

Sur le port, les migrants tentent d'embarquer pour l’Angleterre. Un spectacle devenu banal pour les habitants de Ouistreham. Entre désespoir, solidarité et inquiétude, c’est toute une ville qui s’interroge alors que l'hiver s'annonce.

Par Layla Landry

Une vie au rythme des ferrys


Leur vie passe au rythme des ferrys. Trois par jour. C’est autant de chances pour les réfugiés de Ouistreham d’espérer monter dans un de ces camions en partance pour Portsmouth, en Angleterre. Ils seraient entre 100 et 150 dans la petite ville portuaire. Majoritairement soudanais, ces migrants trouvent actuellement refuge dans les bois. Beaucoup dorment dans la rue.

« Ils sont tous morts à la guerre »


Ismaeil a 19 ans. Il a quitté le Soudan il y a quelques mois en espérant rallier l’Angleterre. Il vient du Darfour. Depuis 2003, cette région à l’Ouest du pays est en proie à une grave crise politique et humanitaire qui aurait poussé plus de trois millions de personnes à fuir le pays. « Je suis tout seul ici. Je n’ai ni ma mère ni mes frères et sœurs avec moi. Ils sont tous morts à la guerre » nous confie-t-il sous un abris-bus de Ouistreham. Ismaeil nous raconte aussi le froid, le manque de nourriture les dures nuits passées sans dormir sur le port.

Son histoire, elle n’est qu’une parmi toutes celles que ces jeunes migrants ont embarqué avec eux. Au Soudan, Ahmed était étudiant, il voudrait devenir avocat. Un autre jeune homme, dans un anglais approximatif, nous confie qu’il aurait passé quatre mois en prison en Libye. A Ouistreham, ces hommes, majoritairement soudanais, tentent chaque jour d’embarquer sur les ferrys sous le regard inquiet des habitants.

« On ne peut pas les regarder sans rien faire »


La CAMO, le Collectif d'Aide aux Migrants de Ouistreham, leur vient en aide. Deux fois par semaine, sur un parking au bord de l'eau, les bénévoles leur distribuent des repas chauds, des vêtements et leur prodiguent quelques soins médicaux. "On ne peut pas les regader sans rien faire" s'était insurgée Guillemette, une habitante d'Hermanville. Pour cet hiver, ces bénévoles estiment que le principal problème, ce n'est plus la nourriture mais l'hébergement. Et avec les premières neiges qui s'annoncent, «il y a urgence».

Retrouvez le reportage de Layla Landry et d’Eric Aubron :

Avec les interviews de :
  • Ismaeil, 19 ans, migrant soudanais
  • Marcel Cardin, habitant de Ouistreham


A lire aussi

Sur le même sujet

Caen: Deux jours après la rentrée, le lycée Malherbe déjà bloqué

Les + Lus