Covid-19 : Hôpital et visites, ça s'assouplit mais tout n'est pas (encore) comme avant

L'assouplissement est le maître mot un peu partout. L'hôpital n'échappe pas à la règle et moins de filtrage permet désormais aux malades, un séjour moins "isolés". Mais attention, le masque est obligatoire et parfois l'autorisation des médecins est nécessaire. Tout n'est pas comme avant le Covid.

Dans la très grande majorité des cas, deux personnes dans la chambre sont autorisée, parfois une seule. Ne pas hésiter à demander des autorisations exceptionnelles aux médecins en cas de besoins spécifiques, selon les pathologies.
Dans la très grande majorité des cas, deux personnes dans la chambre sont autorisée, parfois une seule. Ne pas hésiter à demander des autorisations exceptionnelles aux médecins en cas de besoins spécifiques, selon les pathologies. © Luc Nobout/maxppp
Depuis le 22 juin et la phase 3 du déconfinement, l'assouplissement des mesures Covid est en marche, à l'hôpital aussi.

Il faut dire que les témoignages de personnes traumatisées par l'hospitalisation d'un proche pendant le confinement sont nombreux. " Ma mère a été hospitalisée pendant cette période en urgences pour quelque chose qui n'avait rien à voir avec le coronavirus. On lui a découvert deux cancers. Une nouvelle affreuse qu'elle a dû endurer seule. Je n'étais pas là pour lui tenir la main car je n'avais pas le droit d'entrer à l'hôpital. Elle est restée 6 jours seule et isolée dans sa chambre. Nous l'avons tous très mal vécu. C'est très dur à accepter".

Et les histoires comme celle-ci sont nombreuse à la sortie de crise. Oui, il n'y a pas que les urgences du Covid-19, les maladies chroniques graves en tout genre ont continué d'évoluer pendant tout ce temps. 

Alors aujourd'hui, si un proche est hospitalisé puis-je aller le voir dans sa chambre d'hôpital quel que soit le service ? 
Il faut savoir que le ministère a préféré laisser le choix à chaque établissement de santé d'établir ses propres règles. Toutefois des préconisations ont été envoyées par l'Agence Régionale de Santé de Normandie, la semaine dernière dans tous les hôpitaux et cliniques de la Région.

2 visiteurs maximum dans la chambre 

A l'hôpital Mémorial de Saint-Lô, dans la Manche, les règles se sont largement assouplies ces derniers jours. Les gestes barrières sont toujours d'actualité, les frictions au gel hydroalcoolique et le masques sont obligatoires pour tous, dès l'accueil. Mais vous êtes autorisé à monter dans la chambre du patient que vous venez voir.

On n'a plus aucun cas de Covid dans l'hôpital depuis deux mois, ce qui nous permet un peu de souffler. Ce n'est pas un retour à la normale mais il n'y a plus de restrictions pour les visiteurs. Si vous devez rester dans la chambre d'un parent toute la journée pour lui soutenir le moral, ce n'est plus un problème pour nous. Le principal est de respecter les gestes barrières dans les lieux communs.

Hôpital Mémorial de St Lô


A vous de voir si vous gardez le masque ou pas dans la chambre du malade visité. A lui aussi, peut-être de choisir. A Saint-Lô (14) mais aussi à Flers (61), on suit le conseil de l'ARS et le nombre de visiteurs par chambre reste limité. "Deux personnes à la fois pas plus, par contre le temps que vous voulez et l'après-midi pas le matin. Mais le matin c'était déjà comme ça avant. C'est le temps laissé au service pour les toilettes et les soins." 

Les petites choses qui ont manqué


C'est à nouveau possible de toucher ses proches dans leur lit, de les embrasser, de leur amener des petits objets de la maison, par exemple des cadres avec photos. C'est tout bête, on n'y pensait pas avant, mais ça a beaucoup manqué aux patients hospitalisés pendant ces trois mois. 

Hôpital d'Avranches-Granville

Dans la série des petites astuces pour rompre la solitude, on s'est aperçu de l'importance des conversations avec webcams sur les téléphones et les tablettes pendant le confinement. Ce lien virtuel est très important aussi pour une personne hospitalisée : vérifier vos connexions possibles avant de partir à l'hôpital et ne pas hésiter à négocier des forfaits spéciaux avec son opérateur. Certain ont été très conciliants ces dernières semaines.
Parfois c'est l'établissement qui est équipée de wifi. Désormais les services de téléphonies et télévisions sont rouverts (eh oui, ils étaient fermés et indisponibles pendant le confinement), on peut leur demander conseil.

Et les enfants ?

Pour les enfants hospitalisés, les parents ou grands parents ont le droit de se relayer au chevet du petit malade. En revanche, les visites de frères et soeurs sont encore très limitées. A Flers, ce n'est pas possible. Ce sera plus souple à Saint-lô. C'est pareil dans les maternités de nombreux hopitaux. 

Dans tous les cas, le médecin du service peut accorder des dérogations (ou pas), ne pas hésiter à les solliciter. Dans certains cas, on appréciera que ce soit le patient qui formule une demande auprès des soignants chaque matin. Généralement les visites sont accordées, dans les cas difficiles, mais tout est question de dialogue avec les équipes soignantes.

On peut aussi vous demander à l'accueil des hôpitaux, dès l'entrée, de laisser vos noms et numéro de téléphone pour un traçage en cas de besoin, dans les jours qui suivent. En effet, des milliers de personnes se croisent chaque jour dans les couloirs, les halls d'accueil, salles d'attente, etc. 

A Baclesse, on reste très restrictif

Nos patients sont beaucoup trop fragiles. Si le Covid entre ici, ce serait une catastrophe. Alors quand je vois la circulation du virus virer au Rouge en Normandie comme en ce moment, ça ne me rassure pas du tout. En réunion de crise, nous avons décidé de ne pas lever le filtrage et les restrictions de visites. Tout doit se discuter avec les soignants. Ce qui est interdit peut être autorisé exceptionnellement, c'est du cas par cas

Laurence Picard, Directrice qualité et gestion des risques au Centre de lutte contre le Cancer, François Baclesse, Caen

A Baclesse (le centre François-Baclesse est un des vingt centres régionaux de lutte contre le cancer de France) 230 personnes sont hospitalisés en permanence, mais 600 patients se côtoient chaque jour dans l'établissement, entre l'hospitalisation de jour pour les chimiothérapies et la radiothérapie, les consultations, la radiologie, etc. Et 1000 personnes y travaille. "C'est toujours très strict pour le personnel qui a son entrée, son masque toute la journée, etc", explique Laurence Picard, chargée de tout le protocole.

"C'est pas simple parce que nous avons beaucoup de pression en interne pour assouplir les mesures et aussi beaucoup de courrier de familles inquiètes pour leur proche malade et qui nous encouragent à rester vigilants." Alors pour le moment rien ne change, et le protocole établi le 15 mai n'a pas franchement changé. "La règle c'est une personne par visite, pour une heure et sur rendez-vous accordé par les soignants." 

Seul signe d'un lent retour à la normale : certains ateliers de diététique ou d'esthétique ont repris ou vont reprendre. A nouveau, les prestataires extérieurs sont donc autorisés à revenir. Mais c'est encore au compte goutte. Et la situation sanitaire peut obliger à tout moment à une retour en arrière, d'où l'intérêt de tous de rester prudents. 

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