Déconfinement : les salles de sports, impatientes, préparent le retour de leurs adhérents

Après deux mois d'arrêt forcé, les salles de sports, dans les startings blocks, sont impatientes de retrouver leur clientèle. A Rouen comme partout en Normandie, elles s'organisent et préparent un accueil et des cours, entièrement revisités. Mais beaucoup s'inquiètent déjà pour l'avenir. 

 

les salles de sports en extérieur
les salles de sports en extérieur © France 3 Normandie
Cela fait deux mois que plus aucune goutte de sueur ne perle dans les salles de sports normandes. Avec le confinement, toutes ces structures ont dû temporairement fermer leurs portes. 

Terminées les séances de cours collectifs dans des salles bondées, et pas question de se retrouver sur des machines de musculations voisines de quelques centimètres, c'est toute la réorganisation du travail sportif qui va donc être entièrement revistée avant de pouvoir envisager une possible réouverture des locaux. 
 

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Et en la matière, certaines ont fait le choix de ne pas attendre. 
 

Des cours en terrasse et pour 10 personnes seulement 


Sur les quais de Seine, une salle rouennaise a profité dès que possible du beau temps et des premiers jours de déconfinement pour proposer à ses adhérents de vrais cours collectifs, sur sa terrasse extérieure, en complément des cours virtuels sur les réseaux sociaux.
 
les salles de sports préparent leur rentrée ©France 3 Normandie

Des séances sous conditions, soumises à une réservation obligatoire, car les groupes ne doivent pas dépasser 10 personnes, professeur compris, et chaque participant doit disposer de ses 4m2.

Des contraintes totalement intégrées par Jessica Marcel, responsable du Pôle sportif de "Rouen Squash & Fitness" :

On a lancé un jump, un trampoline, un cardio mais aussi un running car on s'est aperçu que beaucoup de personnes s'y sont mises alors qu'elles ne couraient pas avant. Et on le fait en live car on offre l'émulation d'avoir le coach . Regarder une vidéo après sa journée de travail n'est pas aussi stimulant, il faut amener autre chose !


Et cette formule des cours en plein air, à l'extérieur, c'est également la solution choisie par l'une des plus grandes salles de sport de Caen. 
Elle en offrira 14 cette semaine à ses adhérent(e)s uniquement sur réservation, cela augure d'un bon début, mais cela représente tout de même cinq fois moins de séances qu'en temps normal !
 

Si le gouvernement autorisait tout prochainement la réouverture des salles de sport, cette grande structure serait prête, mais d'autres, plus modestes, ne le seraient peut-être pas.

Selon Nicolas Chavatte, Responsable de la salle "Accrosport Caen", toutes les salles ne sont pas logées à la même enseigne : 

On a la possibilité dans notre chaine de clubs de savoir en temps réel le nombre de clients dans nos clubs, car on a mis en place tout ce système de réservation. Après je connais certaines salles de sport qui n'ont pas ces logiciels de gestion ni le personnel pour le gérer et n'ont donc pas pu le faire !

"Aucune aide possible, car on ne rentre pas dans les bonnes cases !"


Aux portes de Rouen, la salle du Club Moving flambant neuf qui surplombe l'axe de la Sud 3, n'a pas pu opter pour ces solutions temporaires. Le confinement est tombé au moment de l'anniversaire de sa récente ouverture, il y a pile un an. En pleine campagne de promotion, avec plus de 2500 adhérents au compteur. 

Résultat, depuis 2 mois, Estelle Grizel, sa propriétaire et gérante, jongle avec les chiffres. Seules les mesures de chômage partiel ont pu être mises en place pour sa petite dizaine de salariés.

Mais, entre quatre nouvelles machines de musculation commandées en tout début d'année pour lesquelles il a fallu débourser près de 40 000 euros et l'entretien de ses 2600 m2 de salles, les comptes sont grimpés dans le rouge. 

Pour Estelle Grizel, ces types de structures ne rentrent en fait dans aucune des cases prévues dans les dispositifs d'aides gouvernementales aux entreprises : 

"Pour atténuer un peu le choc et régler quand même certaines charges, j'ai réduit les abonnements et les mensualités des adhérents sur avril, mais je n'ai rien encaissé du tout en mai et le choc est rude avec une perte de plus de 100 000 euros. Je crains aussi des résiliations, car nous entrons dans la période estivale, d'ordinaire déjà creuse pour les salles de sports !"      


Des sommes auquelles il faut encore ajouter les frais engendrés par les nouvelles normes sanitaires. 
 

"Même si nous appliquions déjà auparavant des mesures strictes comme le nettoyage des douches deux fois par jour, les quantités de produits utilisées vont vite grimper. Et nous avons aussi installé des distributeurs de gel hydroalcoolique sans contact pour la clientèle. C'est un véritable budget supplémentaire et imprévu !" 
 

 
En fait, ces professionnels du secteur craignent que les nouvelles contraintes sanitaires et les réservations obligatoires ne découragent certains adhérents.

Masque obligatoire, baskets propres réservées à l'usage de la salle, 4 m2 par personne, les normes à appliquer sont strictes pour ces complexes sportifs, mais aussi pour leurs utilisateurs. 

Pour ne pas les perdre et en attirer de nouveaux, la salle Moving rouennaise a donc décidé de miser sur des "opérations parrainage" dès la rentrée, avec des réductions à chaque nouvelle adhésion apportée en plus par les membres historiques.  

Pour l'instant, selon le gouvernement, la réouverture des salles de sports ne se ferait en tout cas pas avant le 2 juin.


La pratique sportive des Normands à l’ère du COVID-19

Enfermement, invasion de joggeurs dans les rues et pénurie de matériel sportif : le confinement a-t-il révolutionné l’activité physique ? Comment voient-ils leur corps après deux mois d’assignation à résidence ? Le sport dans l’après-confinement reprendra-t-il comme avant ou sera-t-il marqué par les changements opérés au plus fort de la pandémie ? Une étude Ifop pour Fitness Magazine, réalisée quelques jours à peine après le déconfinement, questionne les Français sur leur rapport à l’activité sportive, dresse le bilan de cette période inédite et dessine le panorama des prochains mois.
Depuis la mise en place du confinement, 59% des Français pratiquent une activité physique ou sportive chaque semaine (dont 25% plusieurs fois par semaine), contre 61% des Français à la même période, avant le confinement (juin 2019). Les Normands sont moins réguliers dans la pratique avec seulement 47%.
 
 
Depuis la mise en place du confinement, 46% des Français ont pratiqué une activité physique à l’extérieur du logement où ils sont confinés (dont 14% tous les jours). La encore, les Normands semblent moins adeptes avec 41%. 
 
 Depuis le déconfinement du 11 Mai, 12% des Français affirment que leur pratique sportive a augmenté par rapport à leur pratique avant le confinement. Une âme de sportif qui s’est notamment révélée chez les Picards (19%), les Franciliens (18%) et les Ligériens (15%), contrairement aux Normands et Auvergnats / Rhônalpins (8%) ainsi que les Bourguignons / Franc-Comtois (6%).
 




 
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