Coronavirus : des détenus de la prison de Val-de-Reuil participent à l'effort national en produisant des masques

700 masques sortent chaque jour de l'atelier de confection du plus grand centre de détention d'Europe. Les détenus sont motivés par ce travail inhabituel, pour le bien de la société.

Les ateliers de confection de 8 prisons françaises sont engagés dans la production de masques homologués
Les ateliers de confection de 8 prisons françaises sont engagés dans la production de masques homologués © A. Sophie Cortinovis/ Direction services pénitentiaires de Rennes

37 hommes, détenus à la prison de Val-de-Reuil, ont appris les étapes de la confection et de la vérification des masques pour prévenir la contamination du Covid-19. L'atelier fabrique habituellement des uniformes pour l'administration pénitentiaire et d'autres vêtements. 

Ces masques sont en tissu et lavables. Ils ont été testés et homologués. Ils sont livrés aux hôpitaux et aussi aux services du ministère de la Justice ( pénitentiaire, protection judiciaire de la jeunesse.

L'atelier a été réorganisé pour respecter les distances de sécurité et les normes hygiéniques adaptées. Il pourrait produire 800 masques par jour. 
 
Un atelier semblable à la prison pour femmes de Rennes.
Un atelier semblable à la prison pour femmes de Rennes. © A. Sophie Cortinovis/Direction services pénitentiaires de Rennes

Plus de volontaires que de places à l'atelier

Les détenus sont "volontaires et rémunérés", précise la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes. 

Ils sont "heureux d'être acteurs de l'effort national".  A Val-de-Reuil, quelques-uns avaient même le souhait de travailler bénévolement.
 
L'atelier de confection du centre pénitentiaires pour femmes de Rennes fabrique lui aussi des masques
L'atelier de confection du centre pénitentiaires pour femmes de Rennes fabrique lui aussi des masques © A.S. Cortinovis/ direction services pénitentiaires de Rennes

Des masques pour les détenus  ? Demande rejetée

Dans les prisons françaises, les ateliers de travail sont fermés pendant le confinement, à l'exception de ceux qui produisent des masques. 

Pour l'instant, le port du masque et la mise à disposition de gel hydroalcoolique ne sont pas possibles pour les détenus. Les agents pénitentiaires en contact avec les détenus disposent en théorie de 2 masques chaque jour. 

Une requête a été déposée par le Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière, l’observatoire international des prisons (OIP) et des syndicats d’avocat. 

Ils demandent "la distribution à l’ensemble des personnes détenues de masques de protection ainsi que la diffusion d’un mode d’emploi permettant la fabrication de masques ainsi que des matériaux nécessaires à leur confection "

Réponse du Conseil d'Etat : 

 "le juge des référés rejette les demandes tendant à la distribution de masques et à l’organisation de tests de dépistage pour tous les détenus." (Conseil d'Etat, 8 avril 2020)

"il n’apparaît pas, en l’état de l’instruction et à la date de la présente ordonnance, qu’eu égard à la stratégie de gestion et d’utilisation maîtrisée des masques mise en place à l’échelle nationale, en l’état du nombre de masques de protection actuellement disponibles, l’absence de distribution de masques de protection à l’ensemble des personnes détenues révèlerait une carence portant, de manière caractérisée, une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées"

Une exception

Un masque peut être fourni à une personne détenue si elle a des symptômes du Covid-19 ou est diagnostiquée comme tel.  

"Elle est munie d’un masque de protection qu’elle doit porter pendant l’ensemble de ses déplacements et de ses rendez-vous. A ces mesures s’ajoute le placement en quatorzaine des personnes ayant été codétenues avec elle."
(Conseil d'Etat, 8 avril 2020)




 
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