Le pâtissier de l'Eure emprisonné en Chine condamné à de la prison avec sursis

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Originaire de Bourg-Achard, Laurent Fortin, employé dans une boulangerie chinoise, était accusé d'avoir utilisé de la farine périmée
 

Par Richard Plumet (avec AFP)

On apprend ce vendredi après-midi (22 février 2019)  la condamnation de Laurent Fortin, détenu depuis le 23 mars 2017 par la police de Shanghai.   

Dans le département de l'Eure, la mobilisation avait été importante et suivie pour demander sa libération.
 
 

Emprisonné dans des conditions difficiles

Laurent Fortin, pâtissier âgé de 50 ans, était parmi les trois Français employés d'une chaîne de boulangerie. Lui était parti en tant que consultant d'entreprise et de directeur de production.

C'est dans l'unité de fabrication où travaillait ce Normand que la police a débarqué le 21 mars 2017  pour un contrôle. La découverte de farine considérée  par les autorités locales comme périmée a été, deux jours plus tard, à l'origine du retour des policiers chinois pour l'arrestation de plusieurs employés dont le Normand.

Alors que le chef d'entreprise, pas inquiété par la police, rentrait rapidement en France, Laurent Fortin, en dépit de son état de santé, était emprisonné dans de conditions difficiles.
 
 

Sursis et amendes

Désigné par le Tribunal intermédiaire numéro 3 de Shanghai comme le responsable de la production, Laurent Fortin a été condamné ce vendredi à deux ans et cinq mois de prison avec sursis. Selon l'AFP, il devra également s'acquitter d'une amende de 60.000 yuans (soit 7.900 euros).

Première réaction de son frère, David Fortin, restaurateur à Bourg- chard, dans l'Eure :

On est content du verdict car il ne retournera pas en prison. On comprend la décision et on remercie la Chine. On est patient


Retour en France ?

On ignorait dans l'immédiat si M. Fortin était libre de quitter la Chine, ou s'il devrait attendre la fin de la période de sursis.

D'abord incarcéré pendant neuf mois, Laurent Fortin avait été placé en liberté conditionnelle début 2018, juste avant une visite en Chine du président français Emmanuel Macron. Il ne pouvait cependant pas quitter le territoire chinois.
Le pâtissier et les autres accusés, deux Français et cinq Chinois, étaient inculpés de "production et vente de produits alimentaires contrefaits ou de qualité inférieure".

Les deux autres ressortissants français, Marion Cambounet (trois ans de prison avec sursis, 150.000 yuans d'amende) et Damien Ortal (deux ans et deux mois, 50.000 yuans), ont également été condamnés. Trois des accusés chinois se sont vu infliger peines allant jusqu'à 30 mois avec sursis et 80.000 yuans d'amende.

La famille de Laurent Fortin assurait qu'il n'était qu'un simple consultant dont on a fait un "bouc émissaire". Elle avait mis en circulation à l'attention du ministère des Affaires étrangères et de l'Elysée une pétition réclamant des efforts diplomatiques pour obtenir sa libération.

Un appel aux dons, destiné à payer les amendes des ressortissants français, a été relayé ces derniers jours sur le réseau social chinois WeChat par des membres de la communauté française.
 

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