Insolite. Un "escape game" pour apprendre les bonnes pratiques sexuelles

Alixe et Zoé Moujeaud, deux sœurs originaires d'Evreux, ont créé SéduQ, un jeu de société à plusieurs dont le but est de séduire une personne. Plus qu’un simple jeu, il encourage les jeunes à parler de sexualité pour éviter les comportements inappropriés.

"Je me demandais, ton père il n’est pas militaire ? Parce que tu es une bombe" ou plutôt "il faut que j’y aille, tu m’envoies un SMS ce soir ?". À chacun son style quand on parle séduction et sexualité : c’est bien ce que veut prouver SéduQ.

Ce jeu de société collaboratif a été créé par deux soeurs originaires d'Evreux, pour que les plus jeunes puissent parler librement de sexualité et pour s’informer. Un genre "d’escape game" ou de "jeu dont vous êtes le héros", dont l’objectif atypique est de "pécho" une personne.

Consentement, égalité des genres, désir : tous les sujets sont abordés

Au début d’une partie, le groupe choisit le personnage qu’il incarnera et celui ou celle qu’il compte draguer. Un enchaînement de situations et de choix définira notre orientation sexuelle ou notre caractère, tout en s’informant sur le sujet de la sexualité.

"On parle de plein de thématiques différentes, explique Zoé Moujeaud, co-fondatrice de SéduQ avec sa sœur Alixe. Par exemple, à un certain moment du jeu, on est dans un parc pour boire un coup. Et se pose la question de si l’on prend des bières au risque de s’alcooliser. Est-ce que l’on peut être consentant après cela ? Puis pareil pour les drogues : peut-on fumer avant un rapport sexuel et avoir les idées claires au moment de faire un choix ?", interroge-t-elle.

Éduquer pour éviter les tabous ou les violences

Ce qui a lancé l’idée de SéduQ, c’est un constat. Celui d’un manque de sensibilisation des jeunes sur les questions sexuelles et un échange quasi inexistant. Une situation paradoxale alors qu’Internet semble avoir donné libre accès à bon nombre de contenus. Mais pour Alixe Moujeaud, il est difficile de réellement assimiler tout ce qu’on y trouve.

"On a accès à beaucoup d’informations, ne serait-ce qu’avec la pornographie. En revanche, ce n’est pas parce qu’on a cette information qu’on sait l’analyser et la transposer dans la vie réelle. Ce que je dis aux jeunes, c’est que la pornographie c’est comme Fast and Furious et le permis de conduire : il y a le film et la réalité. Et pour en avoir conscience, il faut simplement en discuter", nuance la co-fondatrice du jeu.

"Max vous regarde droit dans les yeux : tu as un préservatif sur toi ?"

SéduQ

Car si les questions sans réponses favorisent les tabous, dans certains cas plus graves elles créent l’incompréhension, voire la violence.

"A l’origine je suis éducatrice spécialisée auprès d’adolescents victimes et/ou auteurs de violences sexuelles, raconte Alixe Moujeaud. J’avais une vraie mission pour éduquer sur ce sujet, mais sans le faire de manière négative. Dire à des jeunes : il faut mettre une capote ou il ne faut pas violer, ça ne marche pas. Il faut aller dans le concret : ce qui les intéresse ce n’est pas pourquoi il faut mettre un préservatif mais dans quel sens on doit tourner la langue. L’idée de ce jeu c’est de répondre à ces questions."

SéduQ est en vente sur le site Désclic pour 42,00 euros.

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