Les éventuels complices de Mohamed Mérah (le meurtrier du militaire originaire de Sotteville les Rouen) risquent les assises

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Écrit par F3 Normandie avec l'AFP
© Jacques Demarthon/AFP Photos

4 ans après les tueries de Mohamed Merah qui ont fait 7 morts en mars 2012, le parquet a requis le renvoi devant la cour d’assises du frère du terroriste pour complicité. Pour Latifa Ibn-Ziaten, la mère de la 1ère victime de Merah, il ne doit pas comparaître seul.

D'autres complices de Mohamed Merah pourraient comparaître aux côtés d'Abdelkader Merah, le frère du tueur au scooter, dont le parquet a demandé vendredi le renvoi aux assises spéciales, ont réagi des parties civiles.

Dans son réquisitoire définitif, le ministère public demande également que soit jugé Fettah Malki, soupçonné d'avoir fourni une arme, des munitions et un gilet pare-balles au tueur jihadiste de Toulouse et Montauban. Il a requis le non-lieu pour un autre délinquant toulousain, Mohamed Meskine, qui était soupçonné d'avoir participé au vol du scooter.

"Le réquisitoire définitif tant attendu est sans surprise concernant Abdelkader Merah", a réagi Samia Maktouf, avocate de la famille d'Imad Ibn-Ziaten, première victime de Mohamed Merah.

Mais "il est critiquable (...) que la procédure ait été centrée sur Abdelkader Merah et non sur des proches et amis, dont la complicité est pour certains avérée dans les attentats du 13 novembre. Nous regrettons vivement d'apprendre que ceux-ci, en fuite, certains d'entre eux en Syrie, ne seront pas au banc des accusés", a ajouté Me Maktouf.

Les frères Jean-Michel et Fabien Clain, dont les voix ont été reconnues dans une vidéo de revendication des attentats de novembre, appartiennent à l'entourage des Merah.

"De nombreuses autres personnes auraient pu être jugées", a également estimé Patrick Klugman, l'avocat de la famille Sandler - un père et ses deux enfants assassinés par Merah. Le parquet semble opter pour une lecture restrictive des responsabilités encourues. C'est probablement pour éviter un procès fleuve dont la tenue et le cours aurait été incertains", a-t-il analysé, expliquant comprendre cette position.

L'avocat voit dans ce réquisitoire "l'esquisse d'une jurisprudence en ce qui concerne toutes les personnes qui apportent leur concours aux terroristes par la fourniture de moyens, de cachettes ou d'armes et qui pourront se voir jugées du chef d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

La clôture de l'information judiciaire en l'état "ne peut que susciter amertume et déception", ont réagi Béatrice Dubreuil et Frédéric Picard, les avocats des parents d'Abel Chennouf, abattu le 15 mars 2012 par Merah.
"Terminer quatre ans d'instruction avec des réquisitions de non-lieu partiel pour Fettha Malki et de non-lieu total pour Mohamed Meskine (...) ne fait que renforcer la douleur de la famille."
Mehana Mouhou, qui défend la mère d'Imad Ibn-Ziaten, a de son côté pesté contre une décision "incompréhensible" concernant Meskine. "Le dossier est truffé de charges contre Meskine, qui est le troisième homme" derrière les frères Merah, a affirmé l'avocat.

La famille Ibn-Ziaten, dont la mère Latifa était "en pleurs, complètement choquée" en prenant connaissance des réquisitions, "espère que le juge d'instruction, qui a le dernier mot, ne partagera pas l'avis du procureur de la République", a-t-il expliqué.

L'avocat d'Abdelkader Merah, Eric Dupond-Moretti, s'est refusé à tout commentaire.
Celui de Meskine, Eric Plouvier, s'est réjoui du réquisitoire, qui réclame le non-lieu pour son client : "L'accusation reposait sur du sable. Elle s'effondre.
Aucune preuve sérieuse n'était opposée à Meskine."
Si les juges choisissaient de suivre le parquet, l'Etat devra "payer ce qu'il doit à Meskine pour compenser la détention provisoire abusive décidée contre lui", a lancé Me Plouvier.

Pour Christian Etelin, défenseur de Fettah Malki, la décision de ramener au rang de délit ce qui est susceptible d'être reproché à son client le ramène "à sa juste place" dans ce dossier.



11 mars 2012 : Imad Ibn-Ziaten, première victime de Mohamed Mérah
Ce dimanche, le sergent-chef Imad Ibn-Ziaten, 30 ans, originaire de Sotteville-les-Rouen, patiente sur un parking désert de Toulouse. Il attend de vendre sa moto à un acheteur qui a répondu à son annonce sur leboncoin.fr. Peu après 16H00, un puissant scooter arrive. Caméra GoPro fixée sur la poitrine, son pilote brandit une arme de poing et lâche: "T'es militaire?". Il ordonne à Imad Ibn-Ziaten de se coucher, le militaire refuse. Il est abattu d'une balle dans la tête.
Les enquêteurs évoquent un règlement de comptes ou une affaire privée. Ils sont à mille lieues de la piste islamiste. Le 11 mars 2012, cet assassinat reste encore un fait divers local. 

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