Louis, dentiste pour chevaux

Dentiste équin : un métier passion / © C. B. R
Dentiste équin : un métier passion / © C. B. R

Il y a 25 ans que Louis de Beaunay exerce un métier peu commun : dentiste équin. Installé en Indre-et-Loire, il parcourt des centaines de kilomètres chaque semaine pour aller à la rencontre de ses patients. Un métier de passion pour cet ancien cavalier.

Par Corinne Bian Rosa

Il y a un peu d’inquiétude dans son regard. Dionysos, jeune cheval de saut d’obstacles de 6 ans, n’a jamais vu de dentiste ! Vêtu d’une blouse de travail (pas blanche !) Louis s’approche et lui murmure doucement à l’oreille en lui coiffant la tête d’un impressionnant écarteur de mâchoire.

C'est toujours impressionnant un première fois

C’est que la bouche et la denture occupent une grande place dans l’évolution du cheval. Les dents poussent toute leur vie et plus rapidement encore chez les jeunes. Et particularité qu'il faut absolument prendre en compte : les molaires s’usent en mastiquant et prennent alors la forme de biseau qui blessent l’intérieur de la bouche.
"Dents de loup", surdents, molaires qui s'usent et deviennent blessantes. Les soins apportés sont nécessaires. / © C. B. R
"Dents de loup", surdents, molaires qui s'usent et deviennent blessantes. Les soins apportés sont nécessaires. / © C. B. R


Louis inspecte méticuleusement la bouche de notre jeune patient. Coup de chance pour Dionysos, il n’y a pas de dent à enlever : les fameuses « dents de loup » en surnombre, qui peuvent gêner la direction du cheval.
En revanche, il possède de grosses sur-dents coupantes qu’il faut raboter
Le son de la meuleuse électrique retentit dans l’écurie, mais curieusement Dionysos, d’habitude plutôt peureux, se laisse faire.

Secret de fabrication

Louis de Beaunay a abordé le cheval en tant que cavalier. Puis il est devenu coach, pour enfin apprendre son métier de dentiste avec les vétérinaires et les infirmiers vétérinaires de l’Ecole Nationale d’Equitation à Saumur.
Au fil du temps, le matériel s’est amélioré. Aujourd'hui Louis va plus vite, ce qui permet de ne pas traumatiser les chevaux. Et pour éviter de blesser l’intérieur de la joue des sujets, Louis a un truc à lui : il fixe une petite cuillère qui fait rempart entre son instrument et la muqueuse du cheval.

Chacun possède son truc pour améliorer les soins. / © C. B. R
Chacun possède son truc pour améliorer les soins. / © C. B. R

Aujourd’hui Louis passe la journée entière au Centre Équestre du Lugère à Marigny les Usages, à côté d’Orléans et une vingtaine de chevaux vont passer entre ses mains.

Des chevaux bien embouchés

Certains chevaux auront besoin d’un tranquillisant, mais dans les cas exceptionnels où l’animal est en panique, Louis préfère ne pas s’acharner…
Dionysos, quant à lui, a finalement été très sage et n’a pas bougé durant l’intervention qui a duré 15 minutes.
Demain, il pourra faire un travail léger avec un mors doux pour lui laisser le temps de s’habituer à sa nouvelle bouche…

 

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