Affaire Karachi : Ziad Takieddine arrêté au Liban

Interpol avait lancé un mandat d’arrêt contre l'homme d’affaire franco-libanais impliqué dans plusieurs affaires. Au mois de juin dernier, il s’était enfui à Beyrouth après sa condamnation à 5 ans de prison dans le cadre du procès du volet financier de l’affaire Karachi.
L'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, le 17 novembre 2016 à Nanterre.
L'homme d'affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, le 17 novembre 2016 à Nanterre. © Philippe Lopez / AFP
L’intermédiaire, poursuivi par la justice française dans les affaires Karachi et Kadhafi, a été interpellé à Beyrouth vendredi 4 décembre.

Les forces nationales de sécurité ont placé Takieddine en détention, sur la base d'un mandat d'arrêt d'Interpol adressé au ministère public car il est recherché par les autorités françaises concernant son implication dans une affaire de corruption et de financement de la campagne de M. Sarkozy.

Propos recueillis par l’AFP

Ziad Takieddine comparaissait mardi devant le Bureau des crimes financiers du Liban dans une affaire distincte, quand les autorités ont réalisé qu'il y avait une demande pour son arrestation émanant d'Interpol.

Vers une extradition ?

L’homme de 70 ans est visé depuis juin par un mandat d'arrêt français émis par le tribunal de Paris qui l'a condamné à cinq ans de prison dans le cadre de l'affaire Karachi. Il était absent au jugement, ayant fui à Beyrouth la veille de sa condamnation.
 
Au coeur de cette décision, des commissions et des rétro-commissions occultes (un système illégal consistant à un «retour à l’envoyeur» d’une partie de la somme) liées à des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, dont une partie a contribué à financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Ce serait l'arrêt du versement de ces rétro-commissions, décidé par Jacques Chirac à son arrivée à l'Elysée, qui pourrait être à l'origine de l'attentat, les commanditaires voulant se venger de l'arrêt de ce système lucratif.
 
Le parquet général libanais va demander à la France le dossier de Takieddine et s'il trouve que les accusations contre lui dans ce dossier sont justifiées, il pourrait être jugé au Liban en tant que citoyen libanais ou être extradé vers la France, a relevé une source judiciaire libanaise. "La France et le Liban n'ont pas conclu de convention d'extradition et le Liban n'extrade pas ses ressortissants nationaux, la procédure pourrait donc très vite s'arrêter là", a précisé une source française.

Plusieurs affaires

Mais Ziad Takieddine, ce n'est pas que l'affaire Karachi. Il apparait également dans l'affaire des soupçons de financement lybien de la campagne présidentielle de Nicoals Sarkozy.

En 2016, l’homme d’affaires avait affirmé au site d'informations français Mediapart avoir personnellement remis, en 2006 et en 2007, cinq millions d'euros en liquide provenant de Libye et visant à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Le 11 novembre, dans une volte-face spectaculaire, il avait retiré ses accusations dans un entretien à l'hebdomadaire Paris Match et à la chaîne BFMTV.

Une source judiciaire libanaise a souligné vendredi que M. Takieddine était poursuivi au Liban dans plusieurs affaires financières, notamment pour fraude et contrefaçon. Il a passé deux semaines en prison au Liban --du 26 octobre au 10 novembre-- dans le cadre d'un litige avec son ancien avocat Hani Mourad, avant d'être libéré sous contrôle judiciaire. Cette plainte évoque "menaces, chantages, diffamation, escroquerie, abus de confiance" et non paiement d'honoraires
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