Cherbourg. Faute de psychiatres, la fondation Bon Sauveur doit fermer des lits

A compter de la mi-avril, la Fondation Bon Sauveur ferme 13 lits en psychiatrie sur le site de la Glacerie à Cherbourg. L'établissement réduit sa capacité d'accueil pour 5 mois, faute de personnel suffisant.

La pénurie de médecins frappe partout. Dans quelques jours, le site de la Glacerie à Cherbourg-en-Cotentin fermera temporairement 13 lits en psychiatrie. 

Dans cet établissement privé à but non lucratif financé par l’Etat, seuls 36 patients pourront être pris en charge au lieu de 49, de mi-avril à mi septembre au moins.

Il manque aujourd'hui 4 à 5 psychiatres pour faire fonctionner correctement le service. 

"Un hôpital sans médecin ça ne peut pas exister. Pour préserver notre population médicale, il nous est paru indispensable de réduire la voilure temporairement, pour se concentrer sur nos patients avec les médecins présents aujourd'hui", souligne Xavier Bertrand, directeur général de la Fondation Bon sauveur de la Manche. 

La fermeture de 13 lits permet ainsi de réorganiser la prise en charge des patients en psychiatrie, en concentrant l'effectif de médecins sur l'ambulatoire. 

Cette diminution des hospitalisations inquiète les représentants du personnel soignant. Christophe Legendre, délégué syndical Sud santé sociaux à la fondation Bon sauveur de la Manche, explique que l'ambulatoire n'est pas la solution adaptée à toutes les situations : "Un patient en risque suicidaire nécessite une hospitalisation, le risque est trop important de le laisser à domicile."

Le manque de lits risque de nécessiter un tri. Est ce qu'on pourra faire les bons tris? C'est la grande question. On a l'impression qu'on va un peu dégrader nos prises en charges. 

Christophe Legendre, délégué syndical Sud Santé sociaux à la fondation Bon Sauveur de la Manche

Les syndicats craignent que dans 6 mois, ces fermetures de lits temporaires deviennent définitives, si d'ici là aucun nouveau médecin n'est recruté. 

Pénurie de psychiatres en Normandie : comment les attirer ? 

L'argument principal pour expliquer la pénurie de psychiatres à la glacerie serait le positionnement  géographique de l'établissement : le Nord Cotentin "attire assez peu les jeunes médecins, chaque départ provoque des complications", estime le délégué syndical Sud Santé sociaux de la fondation bon sauveur de la Manche.  

Ces psychiatres partent vers d'autres horizons, pas forcément éloignés géographiquement, mais certains préfèrent aller vers le public ou le libéral. Selon le Dr Fabien Juan, médecin chef du pôle de psychiatrie adulte du Cotentin, ce n'est ni un problème de salaire ni un problème de management , mais plutôt de charge de travail : " Nous percevons un épuisement de l'équipe, certains collègue ont peut-être fait le choix de nous quitter par rapport à ça. Il est important justement de préserver l'équipe médicale restante et de s'organiser pour pouvoir avoir une attractivité pour de nouveaux médecins pour le pôle."

L'hôpital psychiatrique de Caen connaît la même pénurie de médecins. Même cause, mêmes effets : des lits vont fermer en psychiatrie aussi à partir de la mi avril. Et l'EPSM (Etablissement Public de Santé Mentale) de Caen publie régulièrement des offres d'emploi. 

 

Salaire, implication, environnement, chaque établissement essaie d'attirer les psychiatres. Selon le Dr Fabien Juan, médecin chef du pôle de psychiatrie adulte du Cotentin,  "la direction fait tout son possible pour permettre l'arrivée de nouveaux médecins. La fondation axe son mode de management vers une implication plus forte des médecins dans le pilotage des projets médico soignants."

Selon le Dr Fabien Juan, l'arrivée d'un nouveau médecin est d'ores et déjà prévue pour septembre.  Mais cela ne suffira pas pour rouvrir les 13 lits fermés à partir de la mi-avril. 

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