Confinement : garder le lien dans les quartiers HLM n'est pas toujours évident

Un habitant de la Zup d'Octeville, près de Cherbourg, prend le soleil à la fenêtre pendant le confinement. / © capture d'écran
Un habitant de la Zup d'Octeville, près de Cherbourg, prend le soleil à la fenêtre pendant le confinement. / © capture d'écran

Promiscuité, absence de jardin et maintien du lien social, dans deux cités cherbourgeoises, les problématiques du confinement sont moins simples à vivre qu'ailleurs mais les règles sont respectées et les habitants prennent leur mal en patience. 

Par Stéphanie Potay

Promener son chien, l'une des rares activités de plein air ces temps-ci pour Xavier Bustamente. Confiné en appartement avec sa compagne et ses 2 petites filles dans un appartement F4 de la ZUP d'Octeville ( 50) qu'ils occupent depuis près de 10 ans, au premier étage, il nous dit que c'est parfois compliqué ce confinement sans "cette possibilité d'aller dehors". Mais " il y a beaucoup d'entraide dans l'immeuble qui est plutôt familial". Avec une pointe d'humour, il relève qu'un de ses voisins est "très fan " de Johnny mais la cohabitation se passe bien entre les voisins, une certaine solidarité se met en place et chaque soir, à 20 h , la cité aux hautes barres d'immeuble retentit d'applaudissements et de slogans " On ne veut pas de héros morts, on veut des soignants vivants" ou encore " Non à l'évasion fiscale, du pognon pour l'hôpital ! ". 

La première semaine surtout sur notre parc HLM, on a eu des problèmes de voisinage, des nuisances sonores, des incivilités, note Marine Vasselin, chargée de la communication pour Presqu'île Habitat, le bailleur cherbourgeois gère près de 12 000 locataires de HLM sur l'agglomération. Puis, le seuil de tolérance s'est accentué, les gens sont plus compréhensifs et font aussi plus d'efforts...


"Nous avons aussi mis en place un dispositif d'appel pour contacter un par un tous nos locataires isolés de plus de 70 ans, plus de 1200 personnes au total, si beaucoup nous ont dit être entourés, nous avons ainsi pu repérer des personnes qui avaient besoin d'aide  comme pour les courses . Le CCAS de Cherbourg intervient auprès d'elles et s'occupe de leur ravitaillement. Nous maintenons notre vigilance et l'étendons aux personnes sous tutelle et sous curatelle, environ 250 parmi nos locataires". 

Parmi les aménagements en lien avec le confinement, chaque jour "les parties communes sont désinfectées, les rampes d'escalier  et bien sûr les ascenseurs qui sont des nids à microbes". 

 

Coronavirus : la vie en confinement pour les résidents de HLM

Nous ne sommes pas tous égaux face à la vie confinée. Au sein d'un même immeuble, il y a ceux qui ont un grand appartement avec un balcon ou une terrasse, quand d'autres sont enfermés dans leurs studios sans extérieur. Confrontation de ces vies dans un immeuble HLM.



Fracture numérique 

Dans le quartier du Maupas à quelques kimomètres de là, le confinement aussi est respecté. Jacqueline,  82 ans, va à la pharmacie, près de son immeuble, elle sort très rarement de son F3. Jacqueline le concède, " ce qui est dur,  c'est la fermeture de la maison de quartier".  Fini pour elle, la chorale ou la marche. Les structures de loisirs sont à l'arrêt .  Les Maisons des jeunes ont elles aussi fermé . C'est là que travaille habituellement Fabienne Basuyau, coordinatrice jeunesse MJC de la Brèche. 

Sur les réseaux sociaux, elle maintient le lien avec les habitants du quartier. "On partage des quizzs, ça peut paraître insignifiant mais tout est bon pour entrer en discussion, garder le lien car on ne sait pas ce qui se passe dans les appartements". 


Fabienne fait partie du réseau en ligne "promeneurs du net", un réseau qui regroupe des animauteurs, des éducateurs,  des professionnels exerçant en centre social, en foyer de jeunes travailleurs ou encore en maison des jeunes. Le  promeneur écoute, informe, accompagne, conseille et prévient. Il entre en contact et crée des liens avec les jeunes sur les réseaux sociaux.  Un dispositif plus vital que jamais. " Même s'il a ses limites puisqu' on sait que certains n'ont pas d'ordinateurs, on est face à ses problématiques pour les devoirs mais on s'est aussi que des gens n'ont aucune connexion internet... dans le quartier, il y a des gens , on ne sait pas du tout ce qu'ils font en ce moment".

La fracture numérique. L'un des facteurs d'isolement dans les quartiers. Où les habitants, plus qu'ailleurs, subissent le confinement. 



 

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