"La belle histoire des Parapluies de Cherbourg", palme d'or à Cannes en 1964, il y a 60 ans déjà

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En compagnie de Claire Yvon, guide conférencière, partons à la découverte de quelques secrets du tournage du film de Jacques Demy. ©France Television

Dans trois semaines s'ouvrira le 77ᵉ festival de Cannes, l'occasion de revenir sur un film mythique, tourné en Normandie, et palme d'or en 1964, "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy.

Le 19 février 1964 sortait dans les salles un film atypique signé Jacques Demy. Avec "les Parapluies de Cherbourg", le réalisateur proposait le premier film entièrement chanté du cinéma français. Le succès fut immédiat et le long-métrage remporta la palme d'or du festival de Cannes en avril 1964. Il reçut également le prix Louis Delluc, la même année. L'histoire narre la rencontre de Geneviève (jouée par Catherine Deneuve) et de Guy (interprété par Nino Castelnuovo). Leur histoire d'amour est contrariée par la mobilisation de Guy en Algérie. C'est la première fois qu'un film évoque clairement ce qui ne s'appelle pas encore la guerre d'Algérie.  

Des lieux de tournage toujours présents

Claire Yvon est guide conférencière. Elle organise des visites thématiques sur les traces du tournage dans Cherbourg. Elle nous guide dans des endroits emblématiques. Premier arrêt au 13 rue du port. C'est là que se trouve le magasin de parapluies. De nombreuses scènes s'y déroulent. Le parcours se poursuit dans la cour Marie, où se déroule une scène clef du film. Guy annonce à Geneviève qu'il a reçu sa lettre de mobilisation. 

Claude Pesnel, alors âgé de 14 ans, assiste au tournage depuis la fenêtre de sa chambre, donnant sur la cour. Il est tombé sous le charme de Catherine Deneuve, "une princesse arrivée dans ce que les Cherbourgeois appelaient à l'époque la Cour des miracles" décrit-il. 

C'est une scène assez particulière, où Guy a appris qu'il devait partir en Algérie. Il emmène Geneviève jusqu'à chez lui pour partager leur première nuit d'amour. C'est sur un long travelling qu'ils s'y rendent. Dans le film, on a l'impression qu'ils sont sur un petit nuage. Sauf qu'il y a un problème. Il y a aussi le vélo de Guy sur ce travelling. À la fin, il doit descendre le vélo. Le geste difficile ne plait pas à Jacques Demy. Il exige que la scène soit recommencée maintes fois. À la fin, Catherine Deneuve craque et se met à pleurer sur le bord d'un trottoir. Deux habitants de la cour, dont ma mère, vont venir la prendre dans leurs bras et lui disent "Il ne faut pas pleurer comme ça, on va vous préparer un bon café". Je ne suis pas sûr qu'à l'époque le café était d'ailleurs très bon.

Claude Pesnel, témoin du tournage du film "Les parapluies de Cherbourg"

Le voyage se termine à la gare de Cherbourg. Le quai n'a pratiquement pas changé depuis 1964. C'est là que les deux amants se séparent. 

L'importance de la partition de Michel Legrand

La magie des Parapluies de Cherbourg tient autant aux décors colorés et à la direction de Jacques Demy qu'à sa bande originale. On la doit au compositeur Michel Legrand. Pour la composer, il travaille de concert avec le réalisateur. Certains morceaux sont devenus des standards du jazz, explique Hugo Lippi. Le guitariste originaire du Havre a été le dernier à travailler avec Michel Legrand.

Il interprète pour l'émission un extrait du morceau "Chez Dubourg le joaillier", plus connu aux États-Unis sous le nom de "Whatch what happens". Ce "tube" du film est joué en guitare semi-acoustique. 

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C'est un des morceaux phare de la musique écrite par Michel Legrand pour la bande originale du film "Les parapluies de Cherbourg". Hugo Lippi l'interprète en version guitare semi-acoustique. Le musicien havrais est le dernier guitariste avec avoir travaillé avec Michel Legrand. ©France Television

C'est un travail de minutie, presque de l'orfèvrerie musicale. Je suis très admiratif. Le fait de rendre des dialogues simples et d'arriver à les mettre en chanson, c'est une chose dont très peu de gens sont capables. Michel Legrand était quelqu'un de très exigeant. Je me rappelle qu'il avait une très bonne oreille. Il ne laissait rien passer.

Hugo Lippi, guitariste

Les souvenirs de la fille de Jacques Demy

Rosalie Varda-Demy, fille de Jacques Demy et productrice chez Ciné-Tamaris, a participé au tournage des "Parapluies de Cherbourg", alors qu'elle était enfant. Elle interprète la fille de Geneviève. La scène se passe en hiver, les anciens amoureux se retrouvent dans la station-service que Guy tient à Cherbourg-en-Cotentin. 

"Jacques a voulu immortaliser ce moment de ma petite enfance et celle d'Hervé Legrand, le fils de Michel. Ça l'a amusé qu'on soit moi l'enfant de l'amour et Hervé celui que Guy aura avec sa future femme. Je me rappelle très bien du tournage, parce qu'il y avait de la fausse neige, qu'il faisait nuit. Avec Hervé, on trouvait ça merveilleux" se souvient-elle.

Extraits du film, photos du tournage, témoignages de musiciens et de collectionneurs cherbourgeois, nous permettent de prolonger le voyage dans l'univers enchanté de Jacques Demy et Michel Legrand dans l'émission "la belle histoire des Parpaluies de Cherbourg" proposée par France 3 Normandie.

La belle histoire des Parapluies de Cherbourg

Une émission diffusée le 25 avril à 22h50 sur France 3 Normandie et accessible dès maintenant sur france.tv.

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