Sous-marin disparu près du Titanic : "Paul-Henri Nargeolet est l'un des plus grands experts dans ces situations" assure le fondateur de la Cité de la Mer

Bernard Cauvin, président fondateur de la Cité de la Mer de Cherbourg, garde "l'espoir" de revoir son "grand ami", l'explorateur Paul-Henri Nargeolet, porté disparu à bord du sous-marin "Titan" depuis le dimanche 18 juin. Selon lui, "Paul-Henri Nargeolet est rompu à cette situation de crise" et "il faut y croire jusqu'au bout".

""Titan" a l'avantage d'avoir à son bord Paul-Henri Nargeolet" assure Bernard Cauvin. Le fondateur de la Cité de la Mer de Cherbourg s'est exprimé ce mercredi 21 juin sur notre antenne de France 3 Normandie à propos de la disparition depuis le 18 juin du sous-marin d'OceanGate Expedition, à bord duquel se trouve l'explorateur français des fonds marins Paul-Henri Nargeolet. 

"Il est plus qu'un ami pour moi, c'est comme un frère. Je garde espoir depuis le début. Paul-Henri est l'un des plus grands experts dans les situations de crise comme celle-là, où il a fallu dès le départ appréhender la gestion de l'air. Bien qu'il ne soit pas le pilote commandant, il est rompu à ça" assure Bernard Cauvin, qui a rencontré Nargeolet en 2010.

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Bernard Cauvin, président fondateur de la Cité de la Mer de Cherbourg, garde "l'espoir" de revoir son "grand ami", l'explorateur Paul-Henri Nargeolet, porté disparu à bord du sous-marin "Titan" depuis le dimanche 18 juin. Selon lui, "Paul-Henri Nargeolet est rompu à cette situation de crise" et "il faut y croire jusqu'au bout". ©France 3 Normandie

Les deux hommes se sont vus pour la dernière fois le 2 décembre 2022 à l'occasion des 20 ans de la Cité de la Mer à Cherbourg. "Dès qu'il passait la porte, il disait "je suis chez moi". C'est lui qui a apporté tous les engins russes, américains, canadiens utilisés par les océanautes qui sont exposés ici. C'est un grand monsieur et c'est ce qui continue à me donner de l'espoir, même si personne ne sait exactement ce qu'il s'est passé" explique le fondateur de la Cité de la Mer.

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Paul-Henri Nargeolet, est venu à la Cité de la Mer de Cherbourg en 2022 pour la sortie de son livre "Dans les profondeurs du Titanic". ©Francetélévisions

Figure célèbre à Cherbourg et surnommé "Monsieur Titanic" pour avoir plongée une dizaine de fois sur l'épave du paquebot, Paul-Henri Nargeolet était "dubitatif" à l'idée de prendre part à cette expédition à bord du "Titan". 

"C'est un engin d'une nouvelle conception en fibre de carbone, avec un hublot très large, presque 60cm de diamètre, ce qui est énorme pour des machines qui sont soumises à des pressions considérables" précise sur franceinfo Michel L'Hour, archéologue sous-marin de renom, ancien-directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). "Il doutait peut-être dans le principe, mais je pense que s'il est descendu, c'est parce qu'il avait confiance dans la machine".

A bord du "Titan", engin certifié par aucune autorité officielle, se trouvent également quatre autres passagers : le milliardaire britannique Hamish Harding, 58 ans, habitué aux explorations extrêmes ; Shahzada Dawood, homme d'affaires pakistanais de 48 ans et son fils Suleman, 19 ans. Le patron américain d'OceanGate Expeditions, Stockton Rush, serait également dans l'engin. Sa présence n'a cependant pas été officiellement confirmée.  

Des "bruits" détectés par les sauveteurs

Les recherches pour retrouver le sous-marin et ses occupants durent depuis dimanche, après l'alerte donnée par OceanGate Expeditions, société privée qui exploite le submersible. 

Les gardes-côtes américains ont indiqué sur Twitter que "des bruits sous-marins ont été détectés par un avion canadien dans la zone de recherche. Les opérations du ROV (véhicule sous-marin téléopéré, NDLR) ont été déplacées pour tenter de déterminer l'origine de ces bruits. Les recherches du ROV n'ont pas donné de résultat mais continuent". 

Le fait que ce soit un bruit répété toutes les 30 minutes est réconfortant. La régularité du signal correspond à la régularité qu'à un humain voulant justement distinguer son signal de celui de la faune ou des bruits qui circulent sous l'océan

 Michel L'Hour, archéologue sous-marin de renom

De l'oxygène jusqu'à jeudi midi

Les opérations de secours sont très compliquées à mener, en raison de la taille de la zone de recherches qui s'étend sur 20 000 kilomètres carrés et jusqu'à une profondeur de 4 000 mètres dans l'Atlantique Nord. 

Des investigations sont également faites en surface dans l'hypothèse où le submersible d'OceanGate Expeditions aurait réussi à quitter les fonds marins mais ferait face à un problème de communication ou électrique.

Mardi, l'Institut français Ifremer a dérouté son navire Atalante, équipé du robot sous-marin Victor 6000 capable d'explorer les grandes profondeurs, pour aider aux opérations de recherches. Le navire d'Ifremer devrait arriver vers 20h sur zone.

Plus le temps passe, plus les possibilités de retrouver les cinq passagers du sous-marin "Titan" en vie s'amenuisent. Selon les garde-côtes américains, il resterait un assez d'oxygène aux occupants du submersible jusqu'au jeudi 22 juin, 12h.

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