La clinique de Coutances en redressement judiciaire s'enfonce dans la tourmente

C'est un épisode de plus. L'avenir de l’établissement de santé du coutançais n’a pas été scellé par le tribunal de commerce. Deux repreneurs se sont fait connaître. L'un d'eux se dit intéressé par la clinique de Saint-Lô mais laisserait de côté celle de Coutances. Colère et inquiétude cohabitent dans les esprits des 60 salariés concernés mais aussi des élus et des habitants.

Son bloc opératoire devrait pouvoir ouvrir à nouveau dans les prochains jours. Les portes du service étaient fermées depuis janvier après la découverte d'un problème sanitaire. À ceci s'est ajoutée une défaillance de la stérilisation. Aujourd'hui si l’horizon semble moins menaçant, cela ne suffit pas à redonner le moral au personnel de la clinique Henri-Guillard de Coutances.

Les repreneurs des cliniques de Coutances et Saint-Lô ont jusqu'au 19 avril pour se faire connaître.

Devant les portes du tribunal, ils expriment leur inquiétude. La clinique est en redressement judiciaire depuis le 16 janvier et en attente d'un projet de reprise. Si un nouveau repreneur s’est bien manifesté - la fondation de la Miséricorde qui possède déjà une clinique du même nom à Caen - celui-ci ne sauverait que la clinique de Saint-Lô, laissant de côté l’établissement privé de soins coutançais.

L'établissement était contrôlé jusqu’à présent par le groupe Avec, qui possède aussi la clinique de Saint-Lô. Elle se trouve placée elle aussi en redressement judiciaire, les dettes accumulées par les deux établissements de soin dépassant le million d’euros.

Le tribunal de commerce vient de décider que le groupe Avec possède la trésorerie suffisante pour continuer la gestion de l'établissement de soin dans le cadre du redressement. Par ailleurs, le tribunal a prolongé la date de dépôt d'éventuels dossiers de repreneurs jusqu'au 19 avril.

Un rapport indépendant sur l’organisation des soins en Centre-Manche publié mi-février préconisait de transférer l’imagerie médicale (scanner et IRM) vers l’hôpital de Saint-Lô. Tout comme les activités de chirurgie et d’endoscopie, qui pourraient quitter l’établissement coutançais pour être relocalisées à Saint-Lô.  

Un million d'euros pourrait être investi par les collectivités

Du côté des élus, ce rapport a bien entendu déplu. Tout comme l'idée d'une reprise par la fondation de la Miséricorde qui exclurait la clinique coutançaise.

Jacky Bidot le président de la communauté de communes de Coutances Mer et bocage s’est positionné en faveur d’un investissement dans un montage financier permettant de racheter les murs de la clinique.

Je dois recevoir la directrice de la fondation de la Miséricorde. Les élus sont tout à fait d'accord,si elle veut travailler avec nous en ayant une clinique à Coutances, pour investir dans l'immobilier.

Jacky Bidot, président de la communauté de communes Coutances mer et bocage

 

Il insiste aussi sur le fait que la gestion d’un tel établissement de santé ne peut pas relever des compétences de la communauté de communes. Il a proposé d'investir au total un million d'euros dans l'immobilier en soutien d'un repreneur, mesure qui doit encore être débattue et votée par les élus.

Outre la soixantaine d'emplois, Jacky Bidot entend défendre ainsi l'idée d'un meilleur maillage du territoire en termes d'offre de soins.

Le tribunal de commerce de Coutances a prévu une nouvelle audience le 21 mai. Les personnels soignants de la clinique vont devoir prendre leur mal en patience.