Jersey mène la vie dure aux pêcheurs normands : la ministre de la mer menace de couper le courant

Après la Région Normandie et le Département de la Manche, c'est le gouvernement qui hausse le ton à l'égard de l'île anglo-normande. La ministre de la mer a menacé à mots couverts de couper le courant à Jersey.

Annick Girardin, ministre de la mer, ce mardi 4 mai à l'Assemblée nationale
Annick Girardin, ministre de la mer, ce mardi 4 mai à l'Assemblée nationale © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Le ton n'en finit pas de monter entre Jersey et la France. Depuis le Brexit, l'île de Jersey remet en cause les accords de la Baie de Granville qui régissaient les rapports et l'activité des pêcheurs dans la zone. Les restrictions imposées par Jersey dans les dernières licences de pêche délivrées ces derniers jours ont fait bondir les professionnels normands. La Région Normandie et le Département de la Manche ont décidé ce lundi de fermer leurs représentations ur l'île en signe de protestation. Ce mardi, c'est le gouvernement français qui a tapé du poing sur la table.

Interpellée sur le sujet par le député de la Manche Bertrand Sorre (LREM), Annick Girardin, la ministre de la mer, a évoqué de possibles mesures de rétorsion lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Ces mesures de rétorsion, inscrites dans l'accord, "nous sommes prêts à les utiliser", a-t-elle déclaré, faisant allusion à des répercussions éventuelles sur le "transport d'électricité par câble sous-marin" qui alimente l'île depuis la France. "Je regrette si on devait en arriver" là, mais "on y sera s'il faut le faire", a ajouté la ministre. 

Si on l'accepte à Jersey, c'est dangereux pour l'ensemble de nos accès"

Annick Girardin, ministre de la mer

Selon son ministère, le Royaume-Uni a publié vendredi une liste de 41 navires français autorisés à pêcher dans les eaux de Jersey. Mais cette liste s'accompagne de nouvelles exigences "qui n'ont pas été concertées, discutées ni notifiées avant" dans le cadre de l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 1er février dernier. "Si on l'accepte à Jersey, c'est dangereux pour l'ensemble de nos accès" aux poissonneuses eaux britanniques, a-t-elle souligné. 

Le ministère de la Mer a signalé à Bruxelles ces nouvelles mesures imprévues, et attend désormais de la Commission, seule habilitée à négocier avec le Royaume-Uni, qu'elle obtienne des "éclaircissements".

Les Normands ne sont pas les seules victimes

Ces problèmes d'accès des pêcheurs français aux eaux britanniques ne concernent pas que Jersey. Pour les pêcheurs des Hauts-de-France, pour l'instant, la France a reçu 88 licences, sur 163 demandées, et pour leurs collègues de Bretagne Nord, 13 licences pour 40 demandées, selon un dernier point communiqué lundi à l'AFP par le ministère.

A Jersey, les 41 licences accordées sont à rapporter à 344 demandes formulées. Pour l'île voisine de Guernesey, "on a obtenu le renouvellement des licences jusqu'au mois de juin, il s'agit de 167 licences. Chaque mois, on refait une demande de renouvellement, mais ça ne pose pas de problèmes", a indiqué un élu local à l'AFP.

Manifestation "pacifique"

Selon nos informations, les pêcheurs envisagent d'organiser une manifestation ce jeudi à Jersey. Une centaine d'entre eux ont prévu de prendre la mer très tôt ce 6 mai au matin pour se rassembler "pacifiquement" devant le port de Saint-Helier.
    

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